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Le blog politique de Thomas JOLY

Quand François Fillon se prend pour Salvador Allende…

2 Mars 2017, 07:40am

Publié par Thomas Joly

Ça a été le feuilleton de ce mercredi, un peu entre House of Cards et Plus belle la vie. À huit heures du matin, François Fillon annule sa visite au Salon de l’agriculture. Il est dit qu’il parlera à midi. Paris et spéculations vont bon train. Va-t-il renoncer ? Ou pas ?

Avec finalement une demi-heure de retard, il annonce sa convocation par les juges, le 15 mars prochain, avec possible mise en examen. Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen, pour reprendre ses propres termes ? Non. Mais Fillon, si ; comme Félicie, aurait pu chanter le regretté Fernandel.

Ses sourcils sont encore plus broussailleux qu’à l’accoutumée ; sa mine aussi joyeuse qu’un repas sans vin ou qu’une putain sans fesses. Et notre joyeux drille d’affirmer : « Nombre de mes amis politiques, et de ceux qui m’ont soutenu à la primaire et ses quatre millions de voix, parlent d’un assassinat politique. C’est un assassinat en effet, mais par ce déchaînement disproportionné, sans précédent connu, par le choix de ce calendrier, ce n’est pas moi seulement qu’on assassine. C’est l’élection présidentielle. »

Rien que ça… Un brin de duc d’Enghien, fusils napoléoniens pointés sur son fier bréchet, et beaucoup de Salvador Allende, casque de pompier sur la tête, flingot en pogne, retranché dans son palais de La Moneda, prêt à en découdre d’avec l’auguste soldatesque fasciste… Auguste, comme le général Pinochet (pas le clown), restez concentrés, amis lecteurs.

Car, quelque part, au niveau du vécu qui interpelle, c’est la démocratie qu’on assassine sous nos petits yeux écarquillés de terreur.

La preuve en est que lors de sa visite, annulée puis reconduite, au Salon de l’agriculture ce même mercredi, François Pignon – pardon, Fillon – est entouré d’une garde prétorienne à faire pâlir d’envie cet autre démocrate contrarié de Kim Jong-un, éternel vainqueur des primaires nord-coréennes. Peur d’un coup de fourche, d’un éventuel embousage, d’un jeu de mots foireux, Penelope rimant avec le mot que vous devinez, ou de ces concerts de casseroles mélenchonesques, harmonies atonales et dodécaphoniques dont le Salvador Allende évoqué ci-dessus fut également victime en son temps ? L’énigme sera sûrement un jour résolue par les historiens des siècles à venir, durant leurs heures de RTT.

En attendant – car tel est le destin des grands hommes -, les trahisons se succèdent. Bruno Le Maire vient de claquer la porte. Plus une vaguelette qu’un tsunami, avouons-le. Puis, pour continuer de filer la métaphore hydraulique, c’est au tour d’Arnaud Robinet, député-maire de Reims, de sortir de l’anonymat pour y retourner en passant par l’entrée des artistes et autres intermittents du spectacle politique. Cataclysme autrement plus grave, il paraît aussi qu’on s’interrogerait aussi à l’UDI. Duel de titans. Jean-Christophe Lagarde entendrait lâcher François Fillon. Mais Hervé Morin serait d’un avis contraire. La France retient son souffle. Pour éviter l’apoplexie ou ne pas mourir de rire ? C’est au choix.

Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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