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Le blog politique de Thomas JOLY

Macron, Hamon et Mélenchon : les trois gauches

20 Mars 2017, 07:09am

Publié par Thomas Joly

L’entretien accordé par Emmanuel Macron au Journal du Dimanche témoignera, une nouvelle fois, de l’agilité d’un candidat qui a tout d’une anguille politique. Probablement conscient de la faiblesse majeure de son « projet », Emmanuel Macron a décidé de pénétrer des terres plus vallsistes en s’attardant sur le fameux triptyque « identité – insécurité – immigration ». Enfin, disons qu’il n’en a retenu que les deux premiers termes, feignant d’ignorer l’enjeu migratoire grâce à des journalistes assez complaisants.

D’ailleurs, la couverture du journal n’était autre que « Sécurité, identité, laïcité : les réponses de Macron ».

Emmanuel Macron est un brillant sophiste capable de dire noir comme blanc dans la même phrase. Il ne trouve rien de paradoxal à expliquer ne pas être « multiculturaliste au sens du modèle canadien » tout en continuant à se faire le chantre d’une discrimination positive sur des critères quasi ethniques, ou, du moins, répondant à une classification géographique intra-territoriale qui ne trompera personne. Dans le même ordre d’idées, il ose pourfendre « un islam consulaire sous influence étrangère » sans renier sa défense du port du « burkini » sur les plages françaises…

Preuve de son opportunisme, le Janus socialo-libéral fait référence, pêle-mêle, à la notion d’« insécurité culturelle » chère à Laurent Bouvet ; affirme être favorable à un principe de « tolérance zéro sur les sujets de sécurité » ; critique la position de Benoît Hamon lors de la polémique des cafés réservés aux femmes de Sevran ; et, cerise sur le gâteau, envisage de restaurer un service militaire national d’une durée d’un mois ! L’ensemble, idéologiquement très hétérogène, n’est qu’une somme de non-sens savamment cachée derrière les oripeaux de la franchise d’une démarche empirique qui refuserait de se dérober face au réel.

Il faut un sacré toupet pour faire montre d’un tel opportunisme, d’un tel cynisme. Après avoir clairsemé les rangs socialistes et centristes, Emmanuel Macron s’attaque à la droite. Si Emmanuel Macron sait déjà pouvoir compter sur le soutien du général Soubelet, dont le double jeu n’aura surpris que les moins attentifs et les plus niais, il entend gagner à sa cause des cadres et des élus des Républicains. L’odeur du fromage devrait certainement lui attirer quelques nouvelles fidélités. Tactiquement, il déplace ses pions au bon moment.

Car, bien qu’il s’en défende, Emmanuel Macron reste un candidat de gauche. Il est l’héritier, d’aucuns diront l’hologramme, d’un Président qui a tout raté : François Hollande.

Son bilan est aussi le sien. Il fut son conseiller préféré avant d’être un de ses plus importants ministres. Des figures importantes du Parti socialiste le soutiennent déjà, à l’image de Jean-Yves Le Drian (qui joue un rôle de souffleur en matière de défense) ou de Gérard Collomb, un de ses premiers fidèles. Quant à Manuel Valls, qui n’a jamais fait mystère de son inimitié pour Emmanuel Macron, il se contente de refuser d’apppliquer les règles d’une primaire qui l’a assassiné.

Adversaire idéal d’Emmanuel Macron, Benoît Hamon tente de construire une autre gauche. Toujours gauchiste sur le plan culturel, son Parti socialiste tente de chasser sur les terres sociales de Jean-Luc Mélenchon. Dans ses discours, le brave Benoît cite les films de Costa-Gavras comme pour mieux donner des gages. L’objectif de ce grand amateur de rugby est clair : éviter la cuillère de bois et solidifier sa position devant Mélenchon. Il compte sur la bascule démographique pour rêver à des lendemains qui ne déchanteront pas trop… À ce propos, et pour la première fois de ma vie, j’ai vu des femmes voilées distribuer des tracts pour un candidat dans le centre d’une ville. Elles militaient pour … Benoît Hamon.

Toutefois, ne vous-y trompez pas. Nonobstant les postures et les grandes phrases, tous les candidats de gauche partagent un même corpus idéologique, une même névrose : l’égalitarisme qui leur est consubstantiel. Cette idée façonne tout leur imaginaire politique. Pas plus Macron que Mélenchon n’y échappent.

Gabriel Robin

Source : http://www.bvoltaire.fr

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Minella Calloni 20/03/2017 17:12

Bluff et bidonnages, c’est tout Macron.

Garine Wolf 20/03/2017 08:50

Au meeting de Macron à Lyon, tous ceux qui criaient leur enthousiasme et secouaient des drapeaux avaient été engagés contre rémunération. On a compris que Macron prend les électeurs pour (compléter).