Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

Grasse : ses parfums, sa fougassette, sa fusillade dans un lycée

17 Mars 2017, 07:09am

Publié par Thomas Joly

Ce n’est pas l’écriteau qui marque l’entrée d’une ville dans le dernier Lucky Luke, mais un fait divers bien réel, qui vient de se dérouler à Grasse.

Une fusillade a fait quatre blessés, dont le proviseur qui s’est courageusement interposé, au lycée Alexis-de-Tocqueville. Le suspect est un élève de première. D’après Le Monde, le jeune homme « a été arrêté en possession d’un fusil, d’un pistolet, d’un revolver et de deux grenades ». Mais pas de panique : on ne sait pas « si ces armes étaient toutes opérantes »… Le fusil avec lequel on a tiré, en tout cas, l’était visiblement. Et ce genre d’accessoire n’est pas censé faire partie de la panoplie du parfait lycéen. Est-il normal qu’un élève (ou toute autre personne) puisse pénétrer armé dans un lycée ? Et cela alors que nous sommes en état d’urgence ?

Naturellement, les tweets ont fusé : « Les élèves sont en sécurité », écrit le recteur de l’académie de Nice. « Tous les élèves sont à l’abri », confirme le secrétaire d’État aux Victimes. « L’évacuation sécurisée des élèves est quasiment terminée et la procédure de sécurisation par le RAID est en cours », s’empresse de se féliciter la rue de Grenelle.

Le « déclenchement de l’alerte attentat de l’application pour smartphones SAIP [Système d’alerte et d’information des populations, NDLR] par les autorités » et le confinement des élèves ne sont pas suffisants pour assurer la sécurité. C’est en amont qu’il faut agir. Et non soupirer d’aise, comme le ministre de l’Éducation nationale : « Nous sommes passés à côté du pire. » Ni se contenter d’un « Je remercie chaleureusement les forces de police, personnels de l’Éducation nationale et, bien sûr, le proviseur qui s’est montré héroïque #Grasse », même si l’éloge est évidemment amplement mérité.

Va-t-on encore longtemps se satisfaire de cellules de crise, comme on l’a fait à Grasse, pour gérer l’après-catastrophe plutôt que de l’empêcher ? Dérouler le tapis rouge devant les ministres Vallaud-Belkacem et Cazeneuve, dépêchés sur les lieux ? En l’occurrence, des moyens d’action simples peuvent être mis en œuvre. Mais fouiller les cartables serait sans doute considéré comme une atteinte à la liberté des élèves.

On ne peut pas dire qu’on ne savait pas, qu’on ne pouvait pas prévoir. L’escalade de la violence dans les établissements scolaires n’est pas un mythe élaboré par quelques esprits malveillants pour discréditer le gouvernement. Chaque semaine apporte son lot d’actes très violents, parfois mortels, perpétrés dans des lycées et collèges ou à leurs abords. Ils ne sont d’ailleurs pas l’apanage des établissements réputés difficiles : celui-ci est même considéré comme un « bon lycée ». Et le suspect n’est pas un délinquant connu des services police mais serait le fils d’un élu de la ville.

À quelque chose, dit-on, malheur est bon. Cet événement aura au moins permis à François Hollande de justifier le maintien de l’état d’urgence jusqu’au 15 juillet et, ainsi, de se défiler une fois de plus : « Ce sera à mon successeur de décider ce qu’il fera ensuite. » Quel courage !

Christine Célérier

Source : http://www.bvoltaire.fr

Commenter cet article