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Le blog politique de Thomas JOLY

André Dussollier lit « Vous n’aurez pas ma haine. » Pas son courage non plus…

30 Mars 2017, 06:15am

Publié par Thomas Joly

Il a joué une kyrielle de rôles délicieux dans des comédies, des pièces de théâtre ou des drames aux rôles prestigieux. Il fut Amédée, l’amateur de jazz tiré à quatre épingles dans Les Enfants du marais, le truculent avocat de Jojo, à qui il donne des conseils pour faire disparaître l’acariâtre Lulu dans Un crime au paradis, le détective Bélisaire, mari de la désopilante Prudence dans Associés contre le crime. Grâce, aussi, à sa voix reconnaissable entre toutes, à sa diction parfaite, il nous a fait rire et pleurer. On l’admirait. On l’aimait. Maintenant, il nous écœure.

Je veux parler d’André Dussollier.

Invité du 13 h 15 le dimanche, le voilà à sobrement déclamer un extrait de la production d’Antoine Leiris, dont la femme a été assassinée lors de l’attentat du Bataclan. « Vous n’aurez pas ma haine », dans la bouche de l’acteur qui nous a tant de fois émus, quelle indécence, quel gâchis de talent ! Surtout, et avant tout, quelle stupidité ou quelle lâcheté…

Des terroristes déciment des familles au nom d’Allah et André Dussollier trouve le texte de Leiris « d’une grande force, d’une grande dignité, d’une grande pureté » ? Des pères, mères, maris, sœurs, frères, amis dévastés par la mort de leurs piliers, de leurs êtres chers et André Dussollier trouve logique de ne pas ressentir de colère, de haine, voire de désir de vengeance ? Dussollier adepte de tendre la joue gauche après avoir été giflé sur la droite ? Dussollier trouverait peut-être aussi normal de perdre un enfant dans ces conditions et de ne pas réagir avec son cœur, ses tripes ? Pour tout dire, avec son humanité ? Celui qui incarna le tragique destin du colonel Chabert trouve sain, normal, juste de répondre à la haine par l’indifférence, la soumission, la crétinerie incarnée ? Sans doute, mais notons que le journaliste, mari d’Hélène, est son ami…

André Dussollier, 71 ans : l’âge de la sagesse. Enfin, c’est ce qu’on croyait. Un âge où il y a belle lurette que l’on ne s’en laisse plus compter, que, sur l’humanité, le regard porté s’est aiguisé, laissant loin derrière soi les illusions aussi débiles que mortifères. Un âge où même ceux qui n’ont perdu personne dans les attentats ont tiré de leurs expériences de vie les leçons adéquates. Mais pas André Dussollier, qui nous semblait sensible avec les pieds sur terre.

Est-il sincère, d’ailleurs ? Ou, drogué aux feux de la rampe, aux César et autres récompenses, le vieil homme n’entend pas sortir de la lumière, jamais ? Dans l’hypothèse où il ne croirait pas un mot des écrits de son ami, au terme d’une brillante carrière et d’une superbe renommée, ne pourrait-il se dire, après avoir obtenu tant de la vie, qu’après tout, il peut désormais partir en beauté et dire sa vérité ?

Oui, mais pour cela, il faudrait du courage. Et le courage, pour un comédien qui a cru bon de jouer dans Adopte un veuf – un monceau de clichés bien gauchistes -, n’apparaît pas comme sa qualité première.

Les auteurs d’attentats n’auront pas sa haine ? Dussollier récolte notre plus profond mépris.

Caroline Artus

Source : http://www.bvoltaire.fr

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