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Le blog politique de Thomas JOLY

De quoi Aulnay-sous-Bois est-il le nom ?

22 Février 2017, 13:40pm

Publié par Thomas Joly

« La police n’a pas sa place dans la République.
La police est gangrenée par le racisme.
Nous sommes rassemblés contre la police qui assassine.
La violence est structurelle au sein de la police. »

Voici quelques-unes des « petites phrases » qui ont émaillé les différentes prises de parole lors des manifestations anti-police et anti-État qui ont suivi les événements d’Aulnay-sous-Bois. Simples témoins, du moins se présentant comme tels, ou représentants d’un monde associatif très engagé contre la police, de nombreux orateurs se sont ainsi succédé pour déverser, pendant un long moment, des paroles de haine et d’intolérance, contribuant ainsi à jeter de l’huile sur le feu et à semer la discorde au sein de quartiers déjà en feu.

Face à ces discours en forme de déclaration de guerre à nos institutions, nos responsables politiques, au plus haut niveau, restaient muets quand ils ne semblaient pas, par des actes ou des paroles inconsidérés, donner raison à ceux qui enflamment nos banlieues depuis plusieurs jours. Pour parachever ce dramatique tableau d’une France à la dérive, et promise au chaos sans un sursaut urgent, à quelques milliers de kilomètres de là, un candidat à l’élection présidentielle — Emmanuel Macron —, en déplacement en Algérie, jetait l’opprobre sur la France et les pieds-noirs lors d’une interview télévisée.

Il apparaît aujourd’hui comme une évidence que la situation n’a jamais été aussi dégradée et conflictuelle dans nos villes et nos banlieues, entre certaines catégories de nos populations et la République. Les raisons de cette détérioration sont connues et remontent à de nombreuses années. Elles tiennent en premier lieu à des politiques migratoires et urbaines menées en dépit du bon sens. Les regroupements, dans certains secteurs urbains, de populations étrangères ont permis le développement de communautarismes dont on paie maintenant les effets.

Par ailleurs, l’échec du système scolaire, qui fabrique de plus en plus d’illettrés, et le chômage endémique qui touche les plus défavorisés ont fini de marginaliser toute une frange de la population qui ne se reconnaît plus dans la société française d’aujourd’hui. Laissées pour compte et souvent livrées à elles-mêmes, ce sont de véritables « sociétés parallèles » qui se sont développées dans des quartiers où les services publics en général, et la police en particulier, se rendent de moins en moins souvent. Intervenir dans ces territoires perdus de la République relève maintenant du défi quotidien. Les rapports entre la police et les populations se sont tendus et, sur fond d’économie souterraine et de criminalité galopante, il n’y a plus aucun échange possible.

Face à ces échecs, à mettre au crédit de tous les gouvernements qui se succèdent depuis quarante ans, ne reste plus souvent que le rapport de force. Car il faut le dire et le redire : l’État n’est pas le bienvenu dans nombre de ces territoires qui ont fait le choix de vivre en marge de la République. Médecins, pompiers, infirmières, et même parfois travailleurs sociaux n’y pénètrent plus qu’avec la peur au ventre, et parfois sous escorte policière. Quant aux élus locaux, ils ont déjà fait le choix de ne plus voir ce qui s’y passe et de cautionner à coups de subventions publiques, via le secteur associatif, une paix sociale qui reste à la merci du premier incident venu.

Aulnay-sous-Bois n’est, en fin de compte, que le révélateur d’un pays qui n’en finit pas de se déchirer.

Olivier Damien

Source : http://www.bvoltaire.fr

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