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Le blog politique de Thomas JOLY

Bobigny : « Ma téci va kékra » ?

13 Février 2017, 11:17am

Publié par Thomas Joly

Le film Ma 6-T va crack-er sortait en 1997. Réalisé par Jean-François Richet, ce récit choral racontait la vie de quelques jeunes vivant dans une « cité » en banlieue parisienne. Si La Haine avait été acclamée par toute la bobosphère d’alors, Ma 6-T va crack-er était beaucoup plus réaliste, âpre et violent. Devenu, depuis, une œuvre mythique, le film témoignait clairement de l’avancée des idées marxistes culturelles en France. À ce titre, la fin était édifiante, montrant les « jeunes » effacer leurs différends personnels pour fomenter une insurrection contre les forces de police, honnies dans la « cité ».

« Des Bombes, CRS, des militaires/ »À mort les porcs » en décor sur les murs dehors/2.1 : Passi étudie le terrain/1. 2. 3 : ça sent le souffre (sic) et le dawa », scandait l’ancien du Ministère A.M.E.R. sur la bande originale, dans la chanson « Les Flammes du mal », c’est-à-dire précisément ce que criaient les émeutiers d’Aulnay-sous-Bois et de Bobigny. La compilation accompagnant la sortie du film avait obtenu un grand succès. Il faut dire que la production n’avait pas lésiné sur les moyens ; pour l’occasion, des rappeurs américains reconnus avaient été sollicités, notamment KRS-One, chantre du « hip hop conscient » et de la négritude, en vogue à la fin des années 80 et au début des années 90, probablement solidaire de ses frères hexagonaux. Des copies sur cassettes circulaient dans tous les collèges de France et de Navarre, parfois couplées à l’album L’Homicide volontaire du groupe Assassin sur lequel on trouvait une chanson d’hommage à Malek Oussekine.

Depuis, rien n’a changé ! Les émeutiers de Bobigny sont les héritiers directs de cette période. Les gauchistes des associations subventionnées rêvent toujours d’une convergence des luttes insurrectionnelles contre une France historique perçue comme le « mauvais objet », à la fois mère trop aimante et père adoptif autoritaire.

À l’époque, déjà, ils cherchaient leur influence chez Mumia Abu-Jamal, dans les luttes interethniques états-uniennes. L’affiche diffusée par L’alliance musulmane, appelant à manifester contre la police en hommage à Théo, en est exemplaire : keffieh palestinien, jeunes extra-européens criant vengeance contre l’Occident colonisateur et ses valeurs dominantes, imagerie inspirée par la culture de rue…

Avant le Grand Soir tant espéré, ces émeutes permettent de maintenir la pression sur l’État, les élus locaux et la police. De réclamer plus d’assistanat, de politique de la ville et moins de policiers pour continuer à trafiquer tranquillement. Quand les dégâts seront trop importants, les caïds et les imams siffleront la fin de la récréation. Bref, le nouveau prolétariat immigré reste fondamentalement un lumpenprolétariat ; « classe dangereuse », disait-on au XIXe siècle, avant tout unie par des intérêts communautaires. « Théo » n’était qu’un prétexte pour faire du bruit, se défouler et tester la faiblesse de la République française. Ils auraient tort de s’en priver, tant les pouvoirs publics sont laxistes, craignant un embrasement, une insurrection. Depuis les années 60, la raison a quitté le corps de la France, déconstruite façon puzzle.

Que faire face aux zones de non-France, enhardies par nos renoncements collectifs ? Rétablir un ordre public prospectif en faisant preuve d’une autorité totale. Tolérance zéro contre les bandes et les voyous. Il est inacceptable qu’il soit plus facile de se procurer une arme de poing qu’un saucisson sur des pans entiers du territoire national. Surtout, il faut comprendre que l’origine de ces problèmes porte un nom : immigration. Qu’entendrez-vous à la télévision ? Des traités d’anthropologie sociale ; le dieu à mille bouches recrachant la vulgate marxiste ou l’utopie omni-libérale d’un Macron ; des réactionnaires stériles se lamenter sur le déclin de la France ; des opposants à la modernité les yeux rivés sur leurs téléphones portables… Tous croient savoir et tous se trompent. D’abord, parons à l’urgence. Les événements qui suivront recracheront immanquablement les tièdes.

Gabriel Robin

Source : http://www.bvoltaire.fr

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