Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le blog politique de Thomas JOLY

Y a-t-il eu enfumage pour la primaire de la gauche ?

24 Janvier 2017, 07:10am

Publié par Thomas Joly

Le nombre de participants à la primaire de la gauche était bloqué, à 10h30, à 1.249.000. Brutalement, à 11h00 ce lundi matin, il est passé à 1.601.138 pour 95 % des bureaux. Mais ce qui est étrange et interpelle les observateurs, c’est que les pourcentages donnés pour chaque candidat sont restés les mêmes (à 0,1 près). Statistiquement, c’est impossible (moins de 4 chances sur 1.000, et encore, en étant large !).

Il y a donc eu manipulation. Soit le nombre de 1.601.138 votants est faux : on aurait gonflé les statistiques pour se rapprocher des 2,7 millions de 2011 et des 4,1 millions de la droite. Mais la méthode choisie est, alors, fort maladroite. Soit le nombre de votants est bon (ce que prétend l’autorité qui régit cette primaire) mais, faute de temps pour calculer les nouveaux pourcentages, on a remis provisoirement les anciens. On ajustera plus tard. Or, rien n’a encore bougé cinq heures plus tard… Étrange !

Remarquons, néanmoins, à la décharge des organisateurs de la consultation du 22 janvier que les chiffres définitifs de la primaire de la droite et du centre n’ont été connus que le mardi dans l’après-midi. En outre, les socialistes n’ont pas les moyens (ni les ordinateurs) dont dispose le ministère de l’intérieur. Il y avait 8.000 bureaux de vote.

Il faut donc rentrer, sans doute manuellement, 80.000 données et les vérifier ! Une tâche titanesque.

Écartons, d’abord, les soupçons de fraude. Même si les pourcentages obtenus par les candidats sont faux, M. Montebourg étant rejeté à 13 % du second, à moins d’un bourrage d’urnes massif (qui serait vite détecté !), les deux premiers sont bien MM. Valls et Hamon. Qu’importe le nombre exact de voix que chacun a obtenu ou même l’ordre d’arrivée, puisqu’il y aura un second tour. Rien à voir, donc, avec les élections des dirigeants de l’UMP en 2012 et avec le congrès du PS en 2008, où le tripatouillage était à son comble. (Mmes Royal et Aubry ont avoué, naïvement, que leurs partisans ne s’étaient pas gênés de rajouter pléthore de bulletins dans les fédérations que chacune contrôlait !)

Seul le ridicule a empêché la justice d’être saisie dans ces deux cas délétères. Néanmoins, l’incertitude qui plane désormais sur la primaire de la gauche est malvenue. Si le résultat de dimanche prochain est serré (50,5 – 49,5), le vaincu sera en droit de contester car des erreurs matérielles, dues non à la malveillance mais à la désorganisation, sont possibles. Au-delà de 1 % de marge, le battu n’aura qu’à s’incliner sauf s’il apporte la preuve d’une tricherie manifeste. (On en est loin !)

Le PS a gâché bêtement un de ses atouts. Les Français vont penser : « quand c’est flou, il y a un loup. » Surtout que les partisans de MM. Macron, Mélenchon et Fillon vont enfoncer le clou dans les médias. Désastreux ! La droite, elle, a réussi sa primaire si on excepte quelques attaques trop féroces de M. Juppé contre M. Fillon entre les deux tours.

Décidément, les élections présidentielles de 2017 seront un long chemin de croix pour les socialistes.

Christian de Moliner

Source : http://www.bvoltaire.fr

Commenter cet article