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Le blog politique de Thomas JOLY

Peillon : plus c’est gros, moins ça passe…

9 Janvier 2017, 07:20am

Publié par Thomas Joly

À quelques semaines de la présidentielle, si Vincent Peillon n’existait pas, il faudrait l’inventer ! Au concours de qui va le plus dézinguer le Parti socialiste, il raflerait en ce moment le premier prix.

Après avoir comparé, sans rire, l’extermination des juifs sous Hitler « il y a quarante ans » (sic) avec la stigmatisation des musulmans de France, l’ex-ministre éclair de l’Éducation nationale nous entretient de sa vision de la gauche et de la droite : à gauche, c’est les gentils, à droite, c’est les méchants. Jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. Mais attention, Peillon, le philosophe devant l’Éternel, argumente, c’est du lourd. Jugez plutôt.

« La gauche, c’est : “J’ai des droits, et je considère que si j’ai des droits – le droit de voter, le droit de me marier -, d’autres, même s’ils ont d’autres orientations, doivent avoir les mêmes droits.” La droite, c’est des gens qui considèrent qu’il y a des différences entre nous qui font que, par exemple, “si nous n’avons pas la même orientation sexuelle, moi j’ai le droit de me marier, lui n’a pas le droit de se marier. Il est noir ? Il n’a pas le droit de vote. C’est ça, notre histoire depuis deux siècles”. »

Heu… la droite de notre pays, empêcher les Noirs de voter ? Il n’y va pas un peu fort, là, Peillon ? Même le journaliste de TMC semble gêné aux entournures, c’est dire… Si si, « ils [les gens de droite] ont été contre le vote des Noirs dans l’Histoire ».

Qui ? Quand ? Combien de temps ? Peillon n’en pipera mot… et pour cause !

Finalement, dans son genre, il est excellent, ce Peillon. Vieux briscard politicien et croire encore que « plus c’est gros, plus ça passe » ! Il n’a pas saisi que, justement, ça ne passe plus.

« La religion catholique qui doit disparaître », les enfants qu’il faut « arracher à tous les déterminismes » – en clair, les soustraire à l’influence de leurs parents -, les musulmans qui ont au moins autant de droits que les non-musulmans mais qu’il assimile aux juifs qui étaient privés de tous. Et maintenant des assertions purement mensongères : cela commence à faire un peu beaucoup, coco.

Surtout qu’il y a des précédents. Prenez son second successeur, l’inoubliable Najat Vallaud-Belkacem. Elle se targuait de reconnaître l’électeur de gauche au fait qu’il « parle exactement pareil à un chef d’entreprise du CAC 40 et à un chauffeur de taxi ». Ah, ces socialistes et leur sens inné de la nuance ! Soit dit entre nous, l’électeur de droite aussi, leur parle de la même manière. La preuve : lui, il ne tutoie aucun des deux…

Cette stratégie de communication toute manichéenne ne semble pas porter bonheur au candidat Peillon, qui stagne désespérément à la quatrième place dans les sondages pour la primaire de sa famille ? Qu’il n’en change surtout pas. Que les socialistes, dans leur ensemble, ne changent surtout pas et suivent le mouvement : plus ce sera gros, moins ça passera !

Caroline Artus

Source : http://www.bvoltaire.fr

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Coriolan 09/01/2017 19:05

Il traduit comme sycophante laïciste et franc-maçon l'ersatz idéologique de substitution qui tient lieu de viatique socialiste en vigueur depuis l'expertise de Terra Nova.

"Le consensus républicain apparaît cependant de plus en plus miné de l'intérieur. Car la République reposait sur l'idéal d'un progrès tangible aussi bien politique, scolaire, social ou économique. Aujourd'hui, elle est contrainte d'avancer dans le brouillard, car elle n'offre plus cette capacité à se projeter dans le futur. Elle a prouvé qu'elle pouvait rassembler la majeure partie des forces politiques sur un passé en grande partie idéalisée mais non sa capacité à définir l'avenir. C'est surtout ici que l'idée de République s'éloigne finalement le plus nettement de son idéal d'origine et démontre le caractère artificiel du consensus (mou)."
Nicolas ROUSSELLIER, politiste.

- Jean-Marie DONEGANI et Marc SADOUN. Critiques de la démocratie. PUF et La démocratie imparfaite. Essai sur la parti politique. Folio/ Gallimard.