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Le blog politique de Thomas JOLY

Hollande lance un plan « bien-être » pour les adolescents : on est sauvés !

1 Décembre 2016, 06:34am

Publié par Thomas Joly

François Hollande appelle cela un « plan bien-être » à destination des adolescents.

Aux lycéens, on avait déjà donné des tablettes, des calculatrices, des dictionnaires. Il tente maintenant la Smartbox Remise en forme : la prof de maths fera, on imagine, un gommage du corps, celui de français un modelage à l’huile d’Argan, celle d’allemand une séance de spa. Avec massage des cervicales. Et en option l’épilation des aisselles, dans le bureau du proviseur, s’il lui reste un peu de temps avant le conseil de classe. Mais qui a soufflé au Président un intitulé aussi grotesque ? Un communicant qui, avant l’Élysée, travaillait chez Yves Rocher ?

Les « mesures-phares » de ce coffret détente sont en réalité des séances gratuites de psychothérapie, un renforcement des Maisons des adolescents et – plus moderne que le Numéro Vert – la création d’une application, permettant de géolocaliser le psy le plus proche. Comme le McDo…

François Hollande propose également d’augmenter drastiquement le nombre de pédopsychiatres et d’ouvrir des postes de psychologues à l’Éducation nationale, ayant constaté « un manque quand il a eu à affronter un certain nombre d’épreuves liées au terrorisme ».

Faute de « faire », François Hollande est dans le « care ». Consoler, compatir, après les catastrophes qu’il n’a pas su ou voulu prévenir, cela permet toujours de dévisser un peu la soupape de la colère. On l’aura compris, psy est un métier d’avenir.

Une gentille dame qui opine de la tête avec componction en vous écoutant évoquer vos insomnies et vos difficultés scolaires depuis la disparition tragique d’un proche dans un attentat, c’est bien. Même si ça ne règle rien.

On peut en dire autant pour le harcèlement, l’insécurité, la violence, l’échec scolaire et tout ce que notre école médiocre, communautarisée, démagogique, génère de souffrances.

Tant qu’on y est, sur le petit tabouret à côté de la boîte de Kleenex, on peut aussi faire asseoir les professeurs : débordés, mal payés, humiliés, désabusés…

Et puis, tiens, les parents, qui n’ont pas le moral très haut, matraqués par les impôts.
Les médecins, et même tout le personnel hospitalier.
Et les policiers, ça leur éviterait de manifester.
Les agriculteurs, aussi, auraient bien besoin de s’épancher.
Sans parler des ouvriers, surtout ceux que l’on vient de licencier.
Puisqu’on en parle, tous les chômeurs dans le malheur.
Enfin toute la France périphérique qui panique.
Sans oublier les femmes enceintes un peu paumées, angoissées, qui se tâtent pour avorter et qui voudraient en parler… Ah non, pardon, pas celles-ci. Mais c’est un autre débat.

On voulait un Président, on a eu un écoutant. Des catastrophes qu’il a lui-même créées. C’est déjà sympa – il pourrait, en plus, s’en cogner.

Reste à savoir ce que les lycéens vont en penser : il y a quelques jours, en Loire-Atlantique, une centaine d’élèves du lycée professionnel Albert-Chassagne sont venus manifester pour réclamer que ceux qui « foutent le boxon », empêchant les autres de travailler, soient punis. « Sanction, sanction ! » criaient-ils ulcérés, devant le bureau d’un proviseur semblant mener son établissement comme Hollande son gouvernement : « La réponse aux problèmes se fait par le dialogue et non en coupant des têtes. L’école doit être inclusive et bienveillante ! » Peut-être leur offrira-t-elle – ils ont l’air si tendus – quelques séances chez le psy ? Ils en seront tellement ravis.

Gabrielle Cluzel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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