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Le blog politique de Thomas JOLY

A quoi sert encore le Front national ? (par Jérôme Bourbon)

15 Décembre 2016, 07:45am

Publié par Thomas Joly

Voilà des années que nous l’écrivons dans une grande solitude et les faits — hélas ! — nous donnent raison chaque jour davantage : Marine Le Pen n’est pas du camp national. C’est fondamentalement une femme de gauche, une bobo, une libérale-libertaire. L’avortement, l’euthanasie et le “mariage” homosexuel ne lui posent aucun problème. Pour elle, se battre sur ces questions, refuser l’IVG, ou même seulement son remboursement intégral, combattre le “mariage” homosexuel, n’a aucun sens. Ne comptent que les questions économiques. Comme l’a dit avec son mépris habituel son maître à penser Philippot, l’éventuelle abrogation du « mariage pour tous » est aussi importante que « la culture du bonsaï ». Marine Le Pen a dit substantiellement la même chose dimanche au grand jury RTL-LCI, tous ces débat dits sociétaux sont des sujets “lunaires”, des thèmes « de diversion ». Il faut éviter les “chicayas” sur des questions qui, pour la présidente du Front national, n’ont non seulement aucune importance mais ne présentent aucun intérêt. Ces questions sont à ce point négligeables qu’elle reconnaît avoir menti activement par le passé lorsqu’elle s’était prononcée, à plusieurs reprises, en 2011 et en 2012, pour le déremboursement de l’avortement. C’était, avoue-t-elle avec un parfait cynisme, pour donner des gages aux partisans de Bruno Gollnisch. Elle reconnaît ouvertement qu’elle ne pensait pas un traître mot de ce qu’elle professait à l’époque, elle confesse publiquement, mais sans contrition ni ferme propos, qu’elle n’est qu’une sale menteuse prête à tous les reniements, toutes les entourloupettes, tous les coups tordus, pour faire carrière, pour parvenir à ses fins.

Beaucoup de dirigeants historiques du FN, lorsqu’elle était plus jeune, appelait Marine Le Pen la night-clubbeuse car elle hantait les discothèques. Mais ce n’est pas en fréquentant assidûment le monde de la nuit, où sévit toute une faune interlope, qu’on peut avoir une morale, des principes et des convictions solides. On y rencontre plutôt ce qui peuple aujourd’hui en masse le néo-FN : des folles immatures, des fêtards invétérés, de vils tire-au-flanc qui s’éclatent la nuit et dorment le jour, des parasites qui vivent au crochet de la société et qui ne font rien de leur vie, des débauchés qui ne pensent qu’à jouir et dont l’horizon s’arrête à la prochaine beuverie. Nous l’avons souvent écrit, Marine Le Pen n’a pas la densité humaine, intellectuelle, culturelle, politique et morale pour être le chef du camp national. De plus, elle et ses mignons sont totalement dépourvus d’humour. Ils se prennent tellement au sérieux, ils sont tellement gonflés de leur importance, alors qu’ils ne sont que des médiocres infatués, qu’ils sont incapables de la moindre distance critique avec eux-mêmes, de la moindre autodérision. Ils ne pensent qu’à exclure, à purger. Si on leur résiste, que l’on émet poliment des objections, on est rabroué et chassé. Plus ils sont incultes et minables, moins ils souffrent la contradiction, moins ils admettent le débat. Au point par exemple de mettre en sommeil les instances dirigeantes du FN pour ne pas avoir à convoquer Jean-Marie Le Pen, ou à les réunir lorsque le Menhir est en convalescence à l’étranger.

Marine Le Pen prétend être une femme de conviction, elle l’a dit le 7 décembre au soir sur TF1, alors qu’elle n’en a manifestement aucune, qu’elle est capable, comme n’importe quel politicien, de dire tout et son contraire au gré de ses intérêts, de ses caprices, de ses humeurs (la preuve par la question du remboursement de l’avortement mais aussi sur la sortie de l’euro et sur beaucoup d’autres sujets où ses positions sont fluctuantes, incertaines, imprécises). Elle prétend être la candidate naturelle du camp patriotique (elle l’a dit également sur TF1) alors qu’elle se moque comme de son premier amant des fondamentaux du nationalisme. Elle serait davantage à sa place sur un char de la gay Pride avec un fouet à la main entourée de ses folles !

Marine Le Pen a fait siennes les trois religions de la Ve République et du mondialisme : la religion de la Shoah, la religion de l’avortement et la religion de l’homosexualisme. Ces trois religions ne peuvent être critiquées : la loi Gayssot depuis 1990 interdit tout débat historique sur la shoah, la loi créant un délit d’“homophobie” en 2004 empêche toute critique de l’homosexualité et paralyse ou entrave les adversaires du “mariage” homosexuel, de la GPA et de la PMA, la loi Neiertz depuis 1993 interdit toute manifestation de rue contre l’avortement à proximité des avortoirs et l’on est en train de créer un délit d’entrave numérique à l’IVG qui sera probablement adopté définitivement en février 2017 et qui interdira toute critique de ce crime sur la Toile. Non seulement Marine Le Pen ne résiste pas à cette triple religion qui est à l’origine de notre tragédie mais elle y adhère totalement. Or il ne peut y avoir d’avenir pour une nation qui organise, légalise, promeut et rembourse à 100 % le massacre industriel des enfants à naître, qui en fait un droit fondamental et une fantastique conquête.

Ne pas voir que l’avortement de masse favorise et accélère le Grand Remplacement est faire preuve d’une sottise et d’une cécité stupéfiantes. Depuis la légalisation de l’IVG, un acronyme qui cache une horreur bien réelle, environ dix millions d’enfants français (200 à 250 000 par an) ont été froidement assassinés, démembrés dans le ventre de leur mère alors qu’ils étaient parfaitement viables, qu’ils avaient un cœur qui battait et qui ne demandait qu’à aimer et à être aimé en retour. Pendant ce temps l’on faisait entrer autant d’immigrés venus du Tiers Monde avec leur famille, immigrés qui, une fois sur le territoire national, ont fait des enfants. Ce n’est pas un hasard si la loi Veil (1975) a été adoptée quasiment au même moment où l’on instituait le regroupement familial (1976). Marine Le Pen n’est pas choquée par ce génocide silencieux des innocents. Elle ne trouve rien à y redire. Bien au contraire. Elle ne veut toucher, dit-elle, « ni au périmètre, ni à l’accès, ni au remboursement de l’avortement ». On ne touche pas à cette religion moderne. Dès 2002 elle avait d’ailleurs dit qu’elle était opposée à la suppression de la loi Veil qui figurait alors en toutes lettres au programme du Front national. On comprend que les media audiovisuels en aient fait depuis ce jour leur coqueluche. Etre pour la culture de mort, c’est montrer qu’on fait partie du jeu, qu’on travaille pour Satan, qu’on est comme tous les autres un suppôt de l’Enfer, bref qu’on a sa place dans leur République judéo-maçonnique.

Pas plus que la nation n’a d’avenir avec l’avortement de masse, elle n’en a avec la promotion de l’homosexualité. Or non seulement elle s’est engagée à ne pas “démarier” les invertis déjà “mariés”, non seulement elle veut aggraver le Pacs au bénéfice des paires d’homosexuels, mais de plus Philippot et ses proches, sans qu’elle n’y trouve rien à redire, ont approuvé bruyamment la campagne gouvernementale prétendument contre le sida et qui promeut par voie d’affichage le sexe gay de la manière la plus crue et la plus explicite. On y voit sur des abris-bus, où les enfants et adolescents attendent chaque jour les ramassages scolaires, des hommes dénudés s’embrasser avec des slogans plus vomitifs les uns que les autres et que par décence nous ne reproduirons pas. Eh bien Philippot et ses mignons trouvent cela très bien et Marine Le Pen manifestement aussi puisqu’elle a dit à ceux qui se sont plaints auprès d’elle de cette prise de position philippotiste que cela n’avait aucune importance.

Pour la tenancière de la cage aux folles rien n’a d’importance. Sauf l’obligation de se soumettre au politiquement, au moralement et à l’historiquement correct. Elle a exclu son père auquel elle doit tout et sans lequel elle ne serait rien parce qu’il avait osé rendre justice au maréchal Pétain et très légèrement écorné la religion de la shoah. Mais quand on y réfléchit bien, tout cela est cohérent car la shoah, l’IVG et l’homosexualisme sont plus liés qu’on pourrait le penser de prime abord. Il n’y a pas d’avenir pour la nation, c’est évident, avec l’avortement et l’homosexualité de masse mais il n’y en a pas davantage sous le règne sans partage du Dogme holocaustique. Car si nos aïeux ont été des criminels, se disent les jeunes Allemands dont beaucoup se font stériliser, à quoi cela sert-il d’avoir des enfants qui demain pourraient être aussi des monstres vu leur hérédité chargée ? Si l’Europe blanche et chrétienne après des siècles de civilisation a commis, ou laissé commettre, froidement un génocide de six millions d’individus, à quoi sert-il qu’elle vive encore ? N’est-elle pas condamnée à mort ?

On le voit, avortement, shoatisme, homosexualisme sont le triptyque de notre tragédie, la trinité infernale de notre décadence, de notre submersion, de notre disparition. Ils sont à la racine de notre suicide. Mais sur tous ces points essentiels le FN ne combat pas. Pis il s’est déjà rendu. Et vendu.

Jérôme Bourbon, Directeur de Rivarol

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