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Le blog politique de Thomas JOLY

Vers un deuxième « quinquennat pour rien » ?

22 Novembre 2016, 06:49am

Publié par Thomas Joly

« La France tranquille », titrait Le Figaro lundi matin. C’est, en effet, une révolution en charentaises qui s’est opérée lors de ce premier tour des primaires, qui était peut-être, en réalité, le deuxième de la présidentielle.

Quand les États-Unis ont renversé la table, la France a fait tomber une petite cuillère.

Comment sanctionner le système – Fillon a fait l’effet d’un Trump au petit pied que personne n’attendait – tout en restant confortablement à l’intérieur – Fillon a gouverné pendant cinq ans sans faire l’ombre d’une vague, laissant, comme tous les autres, la France dériver lentement au fil de l’eau.

Il faut reconnaître que Fillon a fait une excellente campagne : sur les valeurs (ralliant à sa cause l’électorat façon LMPT et montrant son intérêt pour les chrétiens d’Orient ; tant pis si, la semaine dernière encore, il affirmait qu’il ne remettrait pas en cause le mariage pour tous ni l’adoption par les homosexuels ; tant pis s’il était le Premier ministre du gouvernement qui, par son ingérence belliqueuse, a mis le feu au poudre au Moyen-Orient), sur l’islam (par son livre Vaincre le totalitarisme islamique… mais en quoi la politique migratoire a-t-elle été infléchie quand il était Premier ministre ? La montée de l’islam n’était-elle pas déjà bien palpable ?), avec – cerise sur le gâteau – un volet économique « rassurant ».

Quand, dans le même temps, Sarkozy tentait de ressortir ses vieux atours, de remettre sur ses joues le fard d’autrefois, de refaire des claquettes et d’agiter son éventail avec la bouche en cul-de-poule, bref, de tenter les manœuvres de séduction soufflées par Buisson qui avaient fait son succès, mais qui, sans son mentor, sonnaient faux et sombraient dans la caricature.

Quand Juppé, trop sûr de son succès, grillait les étapes et jouait sa partition à gauche en vue de la présidentielle, pour vaincre Marine Le Pen.

Marine Le Pen, qui fait elle aussi partie des grands perdants d’hier. Fillon est, pour elle, la pire des configurations, quand elle aurait eu un boulevard face à Juppé.

Fort du petit score de Poisson et du constat que l’électorat « droite conservatrice » est pris par Fillon, Philippot aura beau jeu de lui souffler d’aller draguer à gauche. Un pari hasardeux, surtout si elle continue de céder à Fillon le créneau « islam », qui était pourtant, si j’ose dire, son cœur de métier.

Sans voir que si Poisson a échoué, c’est en raison de la campagne très droitière de Fillon, mais aussi parce que ses soutiens les plus nombreux étaient sans doute… au FN, et ne se sont pas sentis assez concernés par cette primaire pour se déplacer. La divine Sophie Montel – qui fait désormais partie du conseil stratégique de campagne de Marine Le Pen – a cru bon, sur Twitter, de se moquer méchamment des électeurs de Poisson, crachant par là même sur la partie LR la plus susceptible de rejoindre le FN et sur une bonne partie de ses propres troupes, qui pourraient avoir envie, à la longue, de prendre la poudre d’escampette. Quel fin stratège, on en conviendra !

La bonne nouvelle pour la France est que Juppé a été, de façon très probable, balayé. La mauvaise est que l’on va repartir, sans doute, dans un autre « quinquennat pour rien ». Ou pour si peu.

Gabrielle Cluzel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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Coriolan 23/11/2016 01:07

Il faut compléter cet article en retraçant le parcours politique de F. FILLON sur les sujets sociétaux incriminés, sensés différencier les rivaux de la droite molle, puisque la doxa libérale est leur credo commun, la différence étant en degrés et non de nature.

Ce débat artificiel et oiseux est alimenté par le soutien surprenant de Sens Commun, une composante de la Manif Pour Tous, apporté à F. FILLON, alors qu'il aurait été plus conforme d'appuyer Mr POISSON du PCD. Il faut aussi indiquer que Sens Commun avait scellé une alliance avec deux autres composantes de l'UMP au sein du Collectif Horizon, avec La Droite Forte et l'UNI. La Droite Forte, courant récent et majoritaire à l'UMP dédié à N. SARKOZY, qui a vu ses deux co-fondateurs se séparer à l'occasion de ces primaires. Mr Geoffroy DIDIER soutenant étonnamment A. JUPE, tandis que Mr Guillaume PELLETIER continuant d'appuyer N. SARKOZY. L'UNI prenant partie pour A. JUPPE, tout comme H. MARITON, pourtant présent à la Manif Pour Tous. Voici les acteurs du panier de crabes, maintenant le trajet de F. FILLON.

Il est vrai qu'il a toujours voté contre les réformes sociétales de la gauche au pouvoir depuis 1981, n'étant pas élu en 1975, on ne peut savoir sa position, mais vu qu'il s'affiche catholique du grand Ouest, il aurait pu voter contre la loi Veil. A. JUPPE n'a voter que contre le PACS en 1999. Mais même s'il fut vaguement souverainiste en étant proche de P.SEGUIN; il ne faut pas exagérer ses qualités d'opposant, comme le rappelle l'un de ses alliés, le député Bernard DEBRE, qui précise qu'il veut tout juste amender l'adoption homo en retirant l'adoption plénière (soustrayant l'origine parentale des enfants) et laisser subsister l'adoption simple. Mais comme pour l'avortement, il n'ose jamais revenir sur les lois déjà voter, par crainte et par facilité.

Comme Jacques TOUBON, pressenti comme nouveau Défenseur des Droits par F. HOLLANDE, avait justifié laborieusement son vote contre l'abolition de la peine de mort en 1981, reproché par une partie du PS outrée par cette ouverture à "droite", en expliquant que son avis négatif n'était basé que sur l'absence de la substitution par la prison perpétuelle, et non pas la suppression de la peine capitale en soi.

Tout comme le vote de F. FILLON contre la dépénalisation de l'homosexualité en 1982, et contre le PACS en 1999, il s'y oppose à "titre personnel", ce qui ne l'engage à rien, et comme l'assure l'écrivain gaullo-chiraquien Denis TILLINAC, ne signifie nullement la remise en cause des acquis progressistes en matière de mœurs. Ces postures langagières ne servant qu'à l'imposture électorale permettant de siphonner les voix de la frange conservatrice, se contentant de déplorer ces lois déviantes, sans aucune volonté de les abroger, pour éviter la difficulté, sans courage et sans frais.

A l'origine, F. FILLON a débuté sa carrière politique comme attaché parlementaire de Joel LE THEULE, qui lui laissa son fief sarthois, et qui était homosexuel. Sa retenue sur ces sujets intimes s'explique aussi par ce passé.

Concernant l'immigration, on peut consulter nos amis du Parti National Français sur Hautefort.com, qui rappelle que F. FILLON fut le premier Chef de gouvernement a inauguré une mosquée à Argenteuil en 2010, installée dans une usine désaffectée, en se félicitant que leur nombre est passé d'une centaine en 1970, à plus de deux-mille. Tout comme il approuvait la directive européenne nous imposant des quotas de migrants, comme seule solution possible.

Malheureusement, à part nous et nos amis de la réinformation nationaliste, personne ne présente les déclarations antérieures du "patriote" FILLON, qui sont loin du compte. Son mentor, P. SEGUIN était d'ailleurs favorable à l'avortement et hostile à la peine de mort, comme N. DUPONT-AIGNAN. Etre souverainiste n'est pas incompatible avec un tempérament libéral dans le domaine sociétal, c'est même plutôt l'arbre qui cache la forêt...