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Le blog politique de Thomas JOLY

Véronique Sanson tacle les catholiques : comme c’est original !

8 Novembre 2016, 06:28am

Publié par Thomas Joly

« Véronique Sanson tacle la religion catholique dans son nouvel album », titre Le Point. « Dans son titre phare “Dignes, dingues, donc”, la chanteuse raille une Église qu’elle trouve sectaire. Sauf le pape ! » Sur RTL, elle explique : « Ça m’est venu en voyant le messe de Pâques à la télé. Et je voyais tous les gens habillés pareils. On a l’impression que c’est faux, qu’ils ont besoin de se déguiser pour se faire respecter, alors qu’ils n’en ont pas besoin. »

Tacler la religion catholique ? Comme c’est original ! Quelle imagination. Ça ne s’est jamais vu. Et pourquoi pas, aussi, jouer du piano debout ? Sucer des sucette à l’anis ? Ou parler des rêves qui la hantent dans le port d’Amsterdam ? Avec son fils, sa bataille, par exemple.

Comme elle le chantait elle-même en 1984, « Le temps est assassin ». Et les artistes, avec l’âge, c’est normal, peinent à innover. Si vous croyez que c’est simple. Et c’est encore dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes : l’anticléricalisme est une valeur sûre, un peu vintage, certes, mais qui vous vaudra toujours une certaine couverture presse.

Puis, c’est sans risque. Elle garde un souvenir cuisant de sa chanson « Allah », en 1988, pour laquelle elle avait reçu des menaces de mort et qu’elle avait prudemment retirée de son répertoire avant son passage à l’Olympia. Elle ne la reprendrait plus aujourd’hui, reconnaît-elle, « pour éviter de tomber dans la provocation… » Mieux vaut provoquer les catholiques, c’est plus peinard.

Quand Georges Brassens (« Le Mécréant », « Dieu s’il existe », « Tempête dans un bénitier »), Jacques Brel (« Les Bigotes »), Léo Ferré (« Monsieur tout blanc »), Jean Ferrat (« Le Sabre et le Goupillon ») chantaient leur anticléricalisme, on pouvait trouver un certain panache dans ces accents de rébellion contre l’ordre établi, attendu que l’Église et ses clercs affichaient encore la superbe que donne l’autorité morale.

Mais aujourd’hui ?

Véronique Sanson avait 20 ans, ou presque, en mai 68. Et jamais le mot-valise « adulescent » n’a mieux collé qu’à cette génération-là. Elle est la vieille fillette que sa mère l’Église a vexée, par la voix, peut-être, de telle bonne sœur revêche et maladroite, de tel prêtre peu amène, et qui continue avec immaturité de lui en vouloir, incapable de voir que celle-ci est devenue chose bien fragile, attaquée de toute part.

Il n’y a donc vraiment que le pape qui trouve grâce à ses yeux ? Elle trouve le reste de l’Église « sectaire » ? Parce que les gens sont tous « habillés pareils » ? L’argumentaire est un peu faible. Une collégienne de 67 ans, on vous dit. Que l’on peine à suivre. Elle dit ça peut-être à cause de la chasuble, qui donne un vague air Temple solaire ? Le père Hamel était, lui aussi, « habillé pareil », pour célébrer sa messe. C’est même à cela que les terroristes l’ont reconnu. Véronique Sanson juge que les clercs n’ont vraiment « pas besoin de se déguiser pour se faire respecter ». Il faut reconnaître que, même déguisé, le père Hamel n’a pas été tellement respecté. Que n’est-il resté en pyjama devant sa télé ce jour-là. À son âge, c’eût été plus raisonnable. Comme le dit Sanson, il était digne, dingue, donc… il a été assassiné.

Il eût été, tiens, un bon sujet de chanson. Qu’elle aurait pu interpréter avec autant de sensibilité que « Et je l’appelle encore », un autre titre de ce nouvel album, qui rend hommage à sa mère décédée peu ou prou au même âge que le père Hamel.

Et un sujet inexploré celui-là.

Gabrielle Cluzel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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