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Le blog politique de Thomas JOLY

Si la France était une entreprise, elle serait en cessation de paiement depuis le 9 novembre...

15 Novembre 2016, 06:49am

Publié par Thomas Joly

Si la France était une entreprise, ce 9 novembre 2016, ce serait comme si elle avait déposé son bilan auprès d’un tribunal de commerce, avec le secret espoir de trouver un actionnaire qui veuille bien renflouer son capital et relancer la production… La France est en cessation de paiement depuis le 8 novembre, à minuit…

Ridicule ? Pas tant que ça, puisqu’en effet, depuis ce mercredi 9 novembre, les caisses de l’État sont vides ! Disparus, les 390 milliards de recettes fiscales, impôts et autres taxes ! À 52 jours de la fin 2016, il va donc falloir trouver quelque 70 milliards pour finir l’année. Il va donc falloir emprunter — pour peu que quelqu’un veuille bien prêter… — et donc creuser un peu plus la dette pharamineuse qui s’élève déjà, à plus de 2.000 milliards d’euros…

C'est vrai, ce n’est pas une nouveauté. La France est un des mauvais élèves de l'Europe. Et même un très mauvais élève. Elle se situe dans le peloton de queue des cancres de la gestion publique, avec le Portugal, l'Espagne, Chypre, la Bulgarie et la Croatie.

La France fait moins bien que l'Italie, où les caisses ne seront vides que dans 14 jours.

L'Allemagne est bien sûr le pays où le budget est le mieux géré, puisqu'elle ne va vivre, que 8 jours à crédit.

Il n'est pas étonnant non plus de retrouver les pays scandinaves parmi les bons élèves comme le Danemark, l’Estonie et la Lituanie qui vont, non seulement couvrir l’ensemble de leurs dépenses annuelles, mais aussi rembourser une partie de leur dette… Comme quoi, c’est possible…

Depuis quarante-trois ans, la France aligne des exercices budgétaires déficitaires. Le dernier budget dans le vert remonte à 1974, l'année du premier choc pétrolier. Le solde positif était alors de 8,5 milliards de francs, soit 6,4 milliards d'euros d'aujourd'hui ! Cela fait donc quarante-trois ans que le budget de la France est déficitaire. Et même, avec une augmentation phénoménale de la pression fiscale au cours des 35 dernières années, cela ne suffit pas à revenir à l'équilibre.

Le pire dans tout cela, c’est que la France n’emprunte pas pour investir dans les infrastructures routières ou ferroviaires. Elle n'emprunte pas non plus pour investir dans les hôpitaux ou encore dans les universités. Non, elle emprunte pour fonctionner. Elle emprunte pour payer son armée de fonctionnaires…

Imaginez donc une entreprise qui s’endetterait pour payer ses salariés. Quelle banque accepterait de jouer le jeu ? Combien de temps tiendrait cette entreprise avant de mettre la clef sous la porte ?

Il faut savoir, que cet exercice, n'est possible que parce que les Français sont co-responsables de la dette.

En effet, hier, c’était sur leurs capacités d’épargne. Vous savez c'est un de ces tout petits paragraphes, écrit en corps 6, à la 18e ou 22e page de vos contrats d’épargne. Un petit paragraphe qui stipule, ni plus ni moins, que votre épargne peut être saisie par l’État pour payer les dettes de la France. La France qui ne peut emprunter que grâce à cette garantie.

Mais depuis le 1er janvier 2016, ce sont aussi vos comptes courants qui servent à cette garantie. Une directive européenne, relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances, a été transposée dans le droit français par une ordonnance le 21 août dernier, dans une relative discrétion médiatique. Elle met en place une procédure de « bail-in », ou « renflouement interne », en opposition au « bail-out », ou « renflouement externe », par l'État. Je cite : « Elle a notamment pour objet de régir, en application des textes européens, les problèmes de liquidation judiciaire des banques ».

Sur le papier, l’intention semble louable, comme l'explique le communiqué de la Commission européenne, je cite : « L'objectif est de pouvoir restructurer les banques au bord de la faillite sans que le contribuable doive mettre la main à la poche pour préserver la stabilité financière ».

En effet, jusqu'ici, les établissements bancaires en faillite se tournaient vers les actionnaires puis vers les créanciers. Seulement voilà, maintenant, ils auront une troisième possibilité : les déposants, qui seront sollicités en troisième recours, je cite : « Le capital et les obligations de la banque peuvent être immédiatement utilisés pour couvrir le déficit de la banque. Et en dernier lieu, les dépôts bancaires de plus de 100.000 euros. ». Ce n’est donc pas en tant que contribuable que vous serez désormais ruiné, mais bien en tant que… client. Cela fait une différence énorme, non ?

Non, vous avez raison. Les politiques qui ruinent la France, qui nous ruinent, ont eux des comptes dans des paradis fiscaux. Bien à l’abri des lois qu’ils votent et qu'ils nous imposent…

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