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Le blog politique de Thomas JOLY

La mort de l'infidèle Castro

28 Novembre 2016, 06:31am

Publié par Thomas Joly

« Ils sont venus, ils sont tous là, dès qu’ils ont entendu ce cri, il est mort le Fidel…. » Air bien connu qui va réunir les pleureuses habituelles parant le disparu de toutes les vertus humaines et célestes, pour peu qu’un hiérarque Catholique pas trop regardant soit de la « fête »… Pourtant Fidel Castro, l’un des derniers dinosaures de la galaxie communiste, n’était pas un enfant de chœur.

Les dizaines de milliers de boat people et d’internés politiques, sans oublier les fusillés « pour l’exemple », pourraient en témoigner. C’est à Miami, dans les milieux anticastristes, que la nouvelle de la mort du lidermaximo a déchainé des cris de joie, mais comment pourrait-on s’en étonner ?

Un Staline de poche aux Caraïbes

Issu d’une famille relativement aisée d’origine galicienne – ce qui explique, paradoxalement l’excellence de ses relations avec l’Espagne franquiste ! – (1), ce bouillant avocat se lança en politique. Son coup d’essai,  son coup de maitre, fut l’attaque le 26 juillet 1953 de la caserne Moncada à Santiago de Cuba où l’on peut encore voir sur les murs, les traces des échanges de tirs entre les jeunes gens de l’équipée fidéliste et les 1.000 soldats du régiment numéro 1 de la Guardia rurale commandée par le colonel Caviano. Si Fidel fut épargné par la clémence du tribunal – influence en coulisses de la caste bourgeoise à laquelle appartenait son père ? - 71 de ses compagnons y laissèrent leur peau, directement dans les combats ou fusillés après. Pour une dictature, celle de Batista - médiocre et traditionnel caudillo latino-américain s’enrichissant des pots de vins versés par les gangsters qui avaient fait main basse sur tous les trafics à La Havane – n’en était pas moins indulgente pour  qui savait lui graisser la patte. On retrouve Fidel libre trois ans plus tard, après un court exil mexicain, à bord du yacht le Granma, qui débarqua clandestinement un noyau de guérilléros dans la difficile Sierra Maestra au Sud-Est de l’ile. C’est dans ces montagnesqu’il implantera le 26 juillet 1956 son maquis, harcelant l’armée gouvernementale forte à l’époque de 23.000 soldats.

La légende prend son envol

C’est donc là que naitront la légende et le mythe du castrisme. D’abord simple révolution patriotique et réformiste, ayant la sympathie des Américains qui, une fois de plus se sont trompés sur l’un de leurs poulains, Fidel va se parer del’image d’une sorte de Robin des Bois, confisquant aux riches pour redistribuer aux pauvres. Le spectaculaire enlèvement du coureur automobile argentin Juan Manuel Fangio comme la non moins ahurissante attaque du palais présidentiel, une énorme « pâtisserie » architecturale bâtie en plein cœur de la capitale, tresseront l’auréole d’un héros de pacotille qui n’était qu’un Tartuffe exotique. Bien vite, les maladresses et les exactions du régime de Batista pousseront les soutiens de ce dernier à fuir le pays ou à se rallier aux troupes du Movimientodel 26 de Julio. Et, pour les soldats les plus compromis dans la répression, à déserter. 

Che Guevara, un médecin argentin d’obédience marxiste, compagnon de la première heure des frères Castro, organisera une féroce épuration, se vantant même aux Nations Unies, colt aux côtés, de faire fusiller massivement à la forteresse de La Cabana dominant le port de la capitale, tous ceux qui, de près ou de loin, étaient compromis avec le régime du général Fulgencio Batista. Ce dernier avait précipitamment pris la fuite par avion dans la nuit de la Saint-Sylvestre 1959, emportant dans ses bagages le fruit de toutes ses rapines. Il tombera sur plus cupide que lui dans son exil « doré » et provisoire de Ciudad-Trujillo, en République Dominicaine.

Un caudillo s’exilait, une nouvelle autocratie s’installait à sa place, avec le visage cette fois, d’un communisme tropical. Après l’exaltation des moments  révolutionnaires, c’était déjà l’heure des lendemains qui déchantent : parti unique, comités de quartiers, les tristement fameux «  CDR » encadrant les habitants et notant leurs moindres faits et gestes, une double monnaie – le Péso pour le citoyen de base et le dollar pour l’étranger – tickets de rationnement pour rayons vides et la… « guagua » pour les transports urbains, autobus bien souvent hippomobile faute de carburant. Et la moindre contestation conduisait immanquablement aux camps de détention de l’ile des Pins. Libérés de Batista et de sa police secrète, la SIM, on pouvait se poser la question, était-ce bien ce régime politique broyant l’individu, que souhaitaient du fond de leur cœur les Cubains ?

Beaucoup, au risque de se noyer, préférèrent s’embarquer sur de frêles esquifs pour rejoindre des cieux plus cléments, ceux de la Floride où ils constituent une importante et influente communauté. Après l’échec programmé du débarquement de la Baie des cochons  en 1961, où les anticastristes furent lâchés par l’administration Kennedy et abandonnés à la répression de la nouvelle armée révolutionnaire  cubaine, après la crise des fusées qui éclata en 1962 entre les USA et l’URSS , la Révolution cubaine montrait au monde son vrai visage, celui d’une implacable dictature marxiste. L’ile devenait un actif pôle révolutionnaire et un relai pour tous les amateurs de guérillas du continent latino-américain, toutesplus exotiques et romantiques les unes que les autres. Che Guevara lui-même ira se perdre en Afrique centrale, avant de mourir en Bolivie. Un certain Régis Debray engagé à ses côtés, fils d’une  influente élue du Centre National des indépendants à Paris, n’obtiendra la grâce du Président Barrientos que suite à l’intervention du Président De Gaulle. C’est ainsi que notre « brillant » intellectuel échappa aux balles des rangers boliviens et que la République des lettres ne s’en porte que mieux…

L’Union Soviétique, dont dépendait entièrement Cuba, notamment pour ses approvisionnements en pétrole  et pour ses exportations de sucre, ainsi que pour couvrir ses tentatives de déstabilisation de ses voisins, exigea de son protégé un engagement massif en Angola. Dans ce pays, ses partisans du MPLA étaient en grand danger face aux rebelles de l’UNITA et du FNLA soutenus eux, par l’Occident et l’Afrique du Sud. C’est ainsi que Cuba envoya des contingents de soldats, surtout des Noirs, pour la plus grande angoisse des mères de familles.

La gloire posthume pour le « Che », la gloire temporelle pour Fidel

Le Che une fois mort, il ne pouvait plus faire de l’ombre au commandante, au leader suprême, tout à la fois chef du gouvernement, de l’Etat et du parti. C’est sans doute  pourquoi les portraits du Che sont bien plus nombreux et bien plus grands que ceux de Castro lui-même : un rival mort n’est plus un danger. Camilo Cienfuegos, compagnon de lutte des heures héroïques de la Sierra Maestra, populaire commandant de la colonne insurgée n°2 « Antonio Macéo », s’emparant le 2 janvier 1959 du puissant Campo Columbia de l’armée Batistaine, disparut mystérieusement en avion le 28 octobre1959. Son crime ? Avoir pris la défense d’un autre fidèle de l’infidèle… Fidel, le commandant Hubert Matos, embastillé pour crime de lèse-majesté. La plus injuste des ingratitudes, la plus cruelle aussi, fut  le procès en « sorcellerie » organisé contre le prestigieux chef du corps expéditionnaire cubain en Angola, le général  Arnaldo Ochoa, mêlé à une étrange affaire de trafic de drogue. Quand on veut noyer son chien, c’est bien connu, on dit qu’il a la rage. Ochoa et plusieurs autres officiers, des proches, furent condamnés à mort le 4 juillet 1989. Une semaine après, ils étaient passés par les armes ! Comble de l’ignominie de cette famille Castro décidément bien peu recommandable, l’épouse de Raul, frère et successeurs de Fidel, amie déclarée et reconnue  du couple Ochoa, lâcha cette terrible phrase, « que la sentence soit confirmée et exécutée ! » (2). 

Après quelques succès au Chili  avec Allende, au Nicaragua avec le FSLN Sandiniste de la famille Ortega - toujours au pouvoir ! - les réussites électorales de la gauche au Salvador, en Bolivie avec « l’indianiste » Moralès , au Brésil – mais avec la chute de la maison Lula, c’est fini -  ou en Uruguay, sa plus grande victoire fut sans conteste l’accession au pouvoir à Caracas du colonel de parachutistes Hugo Chavez et sa révolution « Bolivarienne ». (Si « El Libertador » Simon Bolivar revenait, il renierait de suite cette révolution de « bolchéviques en culottes courtes »!). Hélas pour Castro, le cancer comme la faillite économique vénézuélienne eurent raison de cette mascarade politique. Même si le Président Nicolas Maduro du Parti socialiste bolivarien se cramponne encore illégitimement au pouvoir, c’en est fini, à terme, de cette chimérique révolution « historico-socialiste ». La mort de Fidel Castro, malgré les honneurs qui l’enseveliront bien plus que la terre cubaine, met un terme à la carrière de celui qui n’aura été qu’un mauvais génie pour son peuple. (Même si, reconnaissons-le, les domaines de la santé et de l’enseignement ont fait d’énormes progrès par rapport au régime précédent. Mais à quel prix !). Raul Castro est désormais seul, tout seul à la barre, avec les apparatchiks du parti communiste cubain. 

Avec ses 85 ans, Il n’est pas non plus un perdreau de l’année. Les quinquagénaires de l’appareil attendent, l’arme au pied. La levée de l’embargo qui donnerait de l’air à l’économie  cubaine, sera-t-elle activée ? Manque de chances pour le  régime, le pétrole vénézuélien va se faire rare ou trop cher, Poutine n’a peut-être plus les moyens ou l’envie de financer à bout de bras « l’ile-crocodile » des Caraïbes, et l’imprévisible milliardaire Donald Trump va s’installer la Maison Blanche. Il ne faudrait pas que notre jeunesse, influencée par un enseignement gauchiste et une presse de même acabit, garde de Fidel Castro l’image d’un libérateur, alors qu’il ne fut qu’un satrape jouisseur et sanguinaire. J’invite tous ceux qui en ont les moyens à aller voir sur place, en ne restant pas uniquement cantonnés dans les «  HLM » des Tours opérateurs,  pour la « bronzette »….

Jean-Claude Rolinat

1. Le général Franco était d’origine galicienne.

2. « La vie cachée de Fidel Castro » de J-C Sanchez (Michel Lafon, 2014)

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FB adhérent PDF Franche-Comté 01/12/2016 19:19

Cet article me rappelle un film avec Alain Delon : "Mort d'un pourri".

Coriolan 28/11/2016 23:57

En 2001, la fille d'un des militaires exécutés lors du procès OCHOA de 1989, a sorti un livre consacré à cette purge du sommet de l'armée: Ileana de La Guardia. Le nom de mon père. DENOEL

Pieds Noirs 9A.. 28/11/2016 15:59

CASTRO LE TYRAN COMMUNISTE

Mélenchon et Jack Lang sont bien tristes en ce moment , souvenons nous que Castro était l'ami de Danielle, épouse officielle de Mitterrand , de Kouchner,et de tous les tenants de cette gauche révolutionnaire qui nous donne encore de leçons aujourd'hui à commencer par Régis Debray.

Petite anecdote, avant billet...

Monsieur Trump ,il s'occupera de l'Amérique, ce n'est pas comme un autre qui se croit président du monde et dégrafant sa ceinture a chaque atterrissage d'avion,et qui ne sait pas s'occuper de la France dont depuis nous avons un régime staliniens dont cela ne peux continuer ...

Mesdames ,Messieurs;
Quel ramdam pour la mort d'un dictateur communiste sanguinaire,c'est la fin d'un assassin, ayons une pensée pour toutes les victimes de Fidel Castro qui sont mortes dans l'anonymat le plus absolu et n'ont pour la plupart pas eu de sépultures comme les Français d'Algérie par le FLN/ALN ou beaucoup ont fini en prison , tortures, etc ...même après 1963 avec un verre d'eau par jour jusqu'a la mort lente que l'Etat Français a lassait faire ...
Donc par Castro ,environ 50 000 fusillés et entre autres, le 27 mai 1966, 3,5 litres de sang par personne furent médicalement ponctionnés sur 166 civils et militaires cubains par décision de Fidel Castro, et vendus au Viêtnam communiste au prix de 100 dollars le litre. Après la prise de sang, les 166 condamnés, en état d’anémie cérébrale, paralysés et inconscients, furent emmenés sur des brancards et exécutés... On va faire de même pour le Kim nord-coréen ? Ben, oui, voyons, pourquoi pas ! La preuve, s'il en faut, que la presse Française reste gangrenée par les staliniens, 60 ans après ! Castro a bien renverse un régime pourri et corrompu, d'accord. Puis il a fait enfermer des dizaines de milliers de citoyens pour la simple raison qu'ils n'étaient pas de son avis, en a fait exécuter des milliers (pas de chiffres précis, comme en URSS), et en a fait fuir des millions qui on préférait risquer leurs vies que de vivre dans son paradis. Ajoutons des centaines de morts dans des révolutions inutiles en Amérique latine et des milliers en Angola où il a envoyé son armée comme un colonisateur ... Quel bilan ! On comprend que Jack Lang et Mélenchon sont tristes, et si la gauche ressorte en 2017 comme genre Valls et Hollande sera de même, dont le cachot pour les nationalistes pur et simple ...
Au pouvoir pendant plus de cinquante ans, Fidel Castro a soutenu des indépendances africaines, dont aussi le FLN de l’Algérie. Depuis ce jour, l’Algérie en deuil pendant 8 jours de la mort de Castro ,c'est pourquoi Alger et La Havane ont toujours été proches. Fidel Castro vers ses 90 ans s'habille en algérien pour le symbole de la victoire du FLN ... De la guerre d’indépendance jusqu’à aujourd’hui, pour de nombreux Algériens Fidel Castro est un homme qui a toujours soutenu leur pays. Quelques mois après l’indépendance, le président Ahmed Ben Bella (que hollande de l'avoir serrée dans ses bras et de lui avoir fait la bise en grand copain) donc se rend à Cuba. Fidel Castro promet d’aider Alger. Il décide par exemple d’envoyer des médecins cubains pour pallier le départ des médecins Français,et que la France ne sait toujours pas de presque de lui fournir une puissance armée pour combattre le pays France,et de cela notre mollasson préfère le grand pardon et ballade dans l'espace aérien de la terre pour faire le beau ...

Aujourd’hui, près de deux millions de Cubains vivent en exil, soit près de 20% de la population du pays à cause de se tyran communiste ...Vous voulez que la France devienne pareil avec la gauche !Comme pour l'exil des Français d'Algérie à poils a la rue .

Pieds Noirs 9A ..