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Le blog politique de Thomas JOLY

Élection de Trump : la faute aux algorithmes frappeurs

18 Novembre 2016, 06:04am

Publié par Thomas Joly

La médiasphère oligarchique a, décidément, beaucoup de mal à se remettre de l’élection de Donald Trump, ou plutôt – sauf notables exceptions telles que le New York Times – s’obstine-t-elle à ne pas vouloir reconnaître qu’elle s’est totalement fourvoyée dans les mirages, alors pléthoriques et anesthésiants, de sondages plaçant leur championne Hillary Clinton en tête de toutes leurs espérances.

Dans un articulet paru dans Libération (16 novembre), Guillaume Chevillon, professeur en économétrie et statistiques (ESSEC Business School), illustre inconnu – excepté de quelques sous-rédac chefs de cette gazette sous perfusion capitalistique – mais « expert » autoproclamé ès médiologie (domaine auquel il n’entend manifestement rien, comme on va le voir), s’en prend, cette fois, aux « algorithmes de recommandation des médias sociaux ». Comprendre : « Si on s’est planté dans nos pronostics, c’est à l’insu de notre plein gré, par la faute des ordinateurs… »

Et notre chercheur-trouveur, après avoir affirmé – ce que personne, du reste, ne contestera – qu’à l’instar d’Amazon, « qui nous suggère des produits en fonction de notre historique de recherche et d’achat (“les clients ayant acheté cet article ont également acheté…”), les algorithmes des médias sociaux cherchent à nous catégoriser, nous classer dans un groupe d’individus aux goûts similaires », en conclut que « c’est le phénomène de polarisation qui nous amène à ne recevoir que ce qui nous renforce dans nos opinions ».

Dont acte.

Réinventer l’eau chaude peut parfois avoir des vertus pédagogiques. Et de poursuivre en disant que « les articles écrits par les journalistes les mieux informés sont souvent au même niveau que ceux des blogueurs les moins crédibles ». En d’autres termes, les chroniqueurs de Boulevard Voltaire ainsi que tous les artisans de la réinformation sont de complets abrutis, complotistes et paranoïaques de surcroît, incapables de faire – souvent mieux – que les chiens de garde médiatiques de l’oligarchie mondialisée.

Perché au faîtage prétentieux d’une assurance naïve et péremptoire propre à ce petit milieu endogamique qu’est le parisianisme éditorial et intellectuel de la rive gauche, notre clerc suggère donc de « pallier le nivellement de l’information [en] réintrodui[sant] la qualité des sources dans les algorithmes ». Dans un même élan, faisant preuve d’une ingénuité confinant – eu égard à son statut revendiqué d’enseignant – à la faute professionnelle, sinon à la bêtise crasse, préconise-t-il que « les dépêches de l’AFP pourraient ainsi être jugées de haute qualité car nombreux sont les médias qui les reprennent. Un média qui n’est cité par aucun autre est sans doute moins bien informé. »

L’AFP, gage d’honnêteté et d’impartialité journalistique ? On rit ou on pleure, selon son humeur du jour quand nul n’ignore, désormais, que cette agence de presse quasi monopolistique (en 2011, son taux d’abonnement public était encore de 40 %) est passée maître dans l’art de la manipulation et du bidonnage.

Bref, on aura compris que, par de tels propos, ce genre de plumitif est surtout convoqué pour jouer les idiots utiles d’une presse cherchant tous les moyens, mêmes légaux, pour échapper à un commencement de balbutiement de repentir. Dans une lettre ouverte à Patrick Cohen, l’insupportable preneur d’otage idéologique de la matinale de France Inter, Henri Charpentier, ancien rédacteur en chef de la station, fustigeait « le journalisme de salon », les « fautes et erreurs professionnelles répétées », l’ignorance volontaire des faits au profit de leur contrefaçon, conformément à la doxa dominante de ces « intouchables » formatés.

Aristide Leucate

Source : http://www.bvoltaire.fr

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