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Le blog politique de Thomas JOLY

Poisson, plus plancton que requin

25 Octobre 2016, 08:16am

Publié par Thomas Joly

Les combats des personnalités de gauche contre les personnalités de droite sont d’une banalité navrante.

La droite fait une annonce, la gauche dénonce des propos en référence aux-heures-les-plus-sombres, la droite s’excuse en pleurant d’avoir réveillé la bête immonde, la gauche gagne. Bilan : personne n’a retenu la déclaration initiale (souvent vraie) et son auteur est devenu nauséabond.

Jean-Frédéric Poisson, la seule personnalité de droite dans les primaires qui s’annoncent, n’a pas fait exception. Après avoir énoncé une lapalissade dans une interview à Nice Matin, à savoir : « La proximité de madame Clinton avec les super-financiers de Wall Street et sa soumission aux lobbies sionistes sont dangereuses pour l’Europe et la France », le candidat malheureux s’est vu attaqué par le sympathique CRIF et la non moins sympathique Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM pour les intimes), le répertoire classique y est passé : « antisémitisme », « dérapage »

La première réaction du trublion était intéressante: il semblait balayer les allégations de ses adversaires d’un revers de la main. Mais, sous la pression de la Haute Autorité, seule à avoir le pouvoir de l’exclure de la primaire, il a décidé de se coucher, et même de ramper aux pieds de ses maîtres. Ce qui donne la communiqué suivant : « Je vois bien que les propos que j’ai prononcés ont provoqué de l’inquiétude et de la peur chez beaucoup de personnes membres de la communauté juive en France. J’en suis désolé. Je leur demande pardon pour ça. »

Parce que le CRIF serait représentatif de la population juive ? L’antisionisme serait-il donc intrinsèquement un antisémitisme ?

Le maniement du discours en public est désormais un jeu de démineur, tous les mots sont potentiellement minés et, chaque jour certains termes rejoignent la liste des interdits. La réduction du vocabulaire au strict minimum n’est pas sans rappeler la fameuse novlangue d’Orwell dont le but est d’empêcher, à terme, toute réflexion.

Poisson avait l’occasion de se muer en requin, de dénoncer ces pratiques politico-médiatiques odieuses. De prendre le peuple à témoin de la mascarade, à grand renfort de journaux avides de polémiques. Il aurait dû dire, tel Jésus lors de son procès : « Si j’ai mal parlé, explique-moi ce que j’ai dit de mal ; et si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ? » Sa défense était pourtant simple : oui, il existe des lobbies sionistes aux États-Unis ; oui, madame Clinton s’y soumet. Peut-être la Haute Autorité serait-elle allée jusqu’à l’exclusion. Mais tout le monde aurait saisi la supercherie, le mythe démocratique aurait peut-être été démystifié et la popularité de Poisson aurait fait un bond. Il serait devenu victime.

La meilleure défense, c’est l’attaque, M. Poisson. Le paillasson est fait pour s’essuyer les pieds, pas pour remporter une élection.

Thomas Valmenier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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