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Le blog politique de Thomas JOLY

La primaire des Verts, plus fort que l’Eurovision ?

21 Octobre 2016, 05:37am

Publié par Thomas Joly

Il doit, décidément, y avoir comme une sorte de microclimat sur ce gouvernement, où ce qu’il en reste. Après le livre délirant consacré à François Hollande et à ses propos d’après-boire, la primaire écologiste. Là, il faut remonter aux heures les plus sombres de l’Eurovision pour trouver trace d’un bouzin aussi consternant.

Si l’on résume, Cécile Duflot, donnée pour gagnante, n’est pas qualifiée pour le second tour, malgré ses 24,41 % des suffrages. Contre elle ? Yannick Jadot (35,61 %) et Michèle Rivasi (30,16 %). Qui votait ? 17.000 personnes, à en croire Le Figaro, alors que Europe Écologie Les Verts compte seulement 7.000 adhérents. Le reste ? 10.000 « citoyens », nous assure le même Figaro. C’est-à-dire quiconque ou n’importe qui.

Voilà qui augure plutôt mal d’autres primaires, celles du Parti socialiste et des Républicains. Car si les électeurs de droite peuvent voter pour désigner un candidat de gauche et le contraire, tout cela ne « fait plus vraiment sens », pour causer comme les sociologues. Pourtant, rappelez-vous 2009, quand les militants du Front national devaient choisir entre Marine Le Pen et Bruno Gollnisch, il n’y avait pas débat, sachant que seuls les militants lepénistes pouvaient voter, à condition d’être à jour de cotisation depuis au moins deux ans.

Comme quoi il n’est guère besoin de compliquer ce qui pourrait être simple.

Certes, la culture verte consiste, de longue date, à couper la tête de toute jeune pousse osant hisser la sienne du troupeau ; ça s’appelle la culture « basiste ». Mais de là à mordre le jarret de celui ou celle dont le seul crime consiste à avoir tenté d’amener ce même troupeau ailleurs qu’à l’abattoir, il y a de la marge. Ainsi Cécile Duflot avait-elle au moins réussi ce tour de force de faire nommer des ministres au gouvernement tout en parvenant à créer un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et un autre au Sénat. Et tour de force ne pouvant que susciter l’admiration, à faire croire que son mouvement était une force électorale incontournable, alors qu’il ne pèse jamais qu’un peu plus que celui de Jacques Cheminade. Mais EELV, communiant à la fois dans le culte de la haine du bonheur et de l’amour de l’échec, ne pouvait tolérer une telle esquisse de réussite. Dans les autres partis, ceux qui ont fauté ont été exécutés et/ou rétrogradés ; chez eux, on lynche celui ou celle qui n’a pas trop échoué.

En effet, la liste est longue, de Dominique Voynet en Yves Cochet, d’Antoine Waechter en Noël Mamère, dont les têtes n’en finissent plus d’être exhibées sur la bascule à Charlot. Le pire, c’est qu’ensuite est instruite une sorte de procès post-mortem. Daniel Cohn-Bendit : « Les votants ont fait payer à Cécile Duflot le moi-moi-moi ! » Ça lui va bien, de dire ça, au rouquin, omniprésent dans les médias, qui nous cause de son Mai 68 avec les mêmes trémolos d’ancien combattant qu’un général Bigeard nous entretenant de ses aventures – un brin plus risquées, nonobstant – dans les rizières du Mékong ou le sable des djebels…

Pour Barbara Pompili, secrétaire d’État chargé de la Biodiversité : « Aujourd’hui, on tourne la page Cécile Duflot. » En attendant le prochain chapitre ? Mais lequel ? Tous les programmes des autres partis ont leur volet écologique, plus ou moins sincère, mais en tout cas aussi audible que cet actuel bredouillis verdâtre. EELV ? Le crépuscule des vieux ; celui des Verts de gris, pour demeurer dans la métaphore historique.

PS : à défaut de sauver la planète, aidez au moins votre proche entourage et accueillez un migrant écologiste chassé de son propre parti pour cause de guerre civile aussi perpétuelle qu’endémique.

Nicolas Gauthier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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