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Le blog politique de Thomas JOLY

Hollande, chef de guerre ? Non, chef de gare…

11 Octobre 2016, 05:14am

Publié par Thomas Joly

Chef de guerre, Pépère ? Personne n’y a jamais cru. Il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment : à l’Élysée en 2015-2016… Pas de bol… Et il fait comme il peut — mal — avec une fonction, des outils et une situation qui le dépassent totalement.

Mais il est un domaine où il semble plus à l’aise et qui lui plaît : les trains. Jouer au petit soldat en épuisant et démoralisant notre armée à patrouiller dans nos villes, on sent bien que c’est pas son truc et qu’il ne sait pas comment finir la partie. Heureusement, il n’a plus que six mois à tenir. Mais les trains, c’est tellement plus drôle : raccrocher et décrocher des wagons, changer d’aiguillage au dernier moment, poser des locos ici ou là, déployer des lignes et des rails n’importe où dans le salon ou… sur la carte de France !

Cette semaine, François Hollande s’en est donné à cœur joie. D’abord, il y a eu ce sauvetage-cadeau d’Alstom auquel personne ne croit et dont on a justement dénoncé le bricolage, le coût, le non-sens technique, économique et ferroviaire. Mais qu’importe ! Pépère va faire rouler des TGV sur des lignes non-TGV. Il fallait le faire. Il l’a fait.

Mais voici que, parti se ressourcer en Corrèze pour le week-end, lors d’une inauguration, le Président a fait une annonce inattendue : la réouverture du dossier de Ligne à Grande Vitesse (LGV) entre Poitiers et Limoges.

Or, le Conseil d’État avait annulé en avril dernier le décret de 2015 déclarant d’utilité publique la LGV Poitiers-Limoges, invoquant des « insuffisances » de l’évaluation économique et sociale, et des inconvénients qui « l’emportent » sur les avantages. Visiblement, quand le Conseil d’État se fourvoie (et nous avec) sur le burkini, c’est parole d’évangile, mais quand il s’agit d’évaluation de politique et de finances publiques, c’est Pépère qui a raison contre ledit Conseil, surtout quand il y va d’un TGV pour le Limousin.

Donc, Pépère pilote et a chargé son ministre des Transports d’ouvrir « une consultation » et de « nommer très rapidement une autorité pour remettre l’ensemble du sujet au clair et pour [qu’ils puissent] présenter une solution »

« Nous devons essayer de tenir compte des arguments du Conseil d’État. Le poids financier paraissait exorbitant par rapport à la rentabilité. Si on fait une infrastructure, ce n’est pas toujours pour qu’elle soit rentable financièrement. C’est aussi parce qu’elle obéit à une logique d’aménagement du territoire » a déclaré M. Hollande.

On avait bien compris que les équilibres financiers, c’était pas son truc non plus, à Pépère. Et si, en plus, ça empêche de faire rouler des trains en Limousin !

Le Président veut donc « reprendre le sujet, mieux armer le dossier sur le plan financier et faire en sorte de nous prémunir d’une nouvelle annulation ».

Au fait, ils y croient, à leur TGV, dans le Limousin ? Ce qui est sûr, c’est qu’ils ont des migrants de Calais, comme tout le monde. « Logique d’aménagement du territoire », a dit le chef de gare.

Pascal Célérier

Source : http://www.bvoltaire.fr

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