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Le blog politique de Thomas JOLY

Une ambition pour l’école : apprendre à lire, écrire et jouir !

2 Septembre 2016, 05:25am

Publié par Thomas Joly

Quelle cachottière, cette Najat Vallaud-Belkacem ! Savez-vous à quoi vont s’employer professeurs de SVT et autres éducateurs sexuels – du moins, les plus enthousiastes d’entre eux – à partir de cette rentrée scolaire ? À fabriquer, à partir d’imprimantes 3D, un exemplaire de clitoris afin « d’expliquer le plaisir aux élèves ». C’est ce que nous révèle un article de Libé, jamais en reste pour nous signaler les progrès de l’humanité. En effet, selon un rapport remis en juin par le vénérable Haut Conseil de l’égalité, un quart des filles de 15 ans ignorent en posséder un et 83 % des collégiennes de 4e et de 3e n’en connaissent pas la fonction : nos aïeules doivent bien se bidonner ! Il était donc temps de faire quelque chose.

C’est Odile Fillod, une chercheuse indépendante en sociologie des sciences et de la vulgarisation scientifique, et spécialiste des questions de genre – tout un programme -, qui a eu cette renversante idée d’outil pédagogique « plus régulier, plus symétrique et plus joli qu’en vrai », écrit la spécialiste dans un courriel à Libération. Mazette ! Très enthousiaste, l’Éducation nationale s’est donc jetée sur cette alléchante invention, désirant mettre toutes les ressources à disposition du personnel chargé « d’éducation à la vie affective et sexuelle ». Et ce, dans un but « humaniste », bien sûr. C’est ce qu’on lit sur svt-egalite.fr.

On apprend ainsi que jusqu’à présent, le clitoris était « tabou » ; pire : qu’on faisait « comme s’il n’existait pas ». Et, un comble, les enseignants délivraient « des schémas faux » ! Ce qui nuisait, évidemment, à leur « mission » (aux enseignants). Tout de même, alors que 80 % des garçons entre 14 et 18 ans et 45 % des filles de la même tranche d’âge déclaraient, en 2004, déjà, avoir regardé au moins un film X durant l’année passée, l’Éducation nationale voudrait nous faire croire à l’ignorance de notre belle jeunesse en matière d’anatomie ?

Ce n’est pas tout. Ces fameuses « ressources pédagogiques » doivent permettre d’inviter les élèves à découvrir des documents non plus « réalisés par, et centrés sur des hommes blancs hétérosexuels valides » (sic)… Parce que les documents doivent désormais émaner d’hommes non blancs et invalides ? Sans vouloir jouer les rabat-joie, ne suinterait-il pas de telle directive un certain, disons, racisme d’État ?

Mais revenons à notre nouvelle star de la rentrée : le clitoris grandeur nature. Une Éducation nationale promouvant – appelons un chat un chat – la pornographie à l’école n’outrepasse plus ses droits, elle les transgresse. Une Éducation nationale fourrant son nez dans les fonds de culotte des élèves dont leurs parents lui confient la charge, disons-le tout net, par objet interposé, viole les intimités.

Autrefois, il s’agissait d’apprendre à lire, écrire et compter. Demain, ce sera : lire, écrire et jouir. Au moins, ça rimera.

Aujourd’hui, un « clitoris entier et en taille réelle » dans les lycées et les collèges. Et pourquoi pas un pour de vrai ? En tout cas, qui osera encore dire que l’école ne prépare pas nos jeunes aux grandes études ? Arrivés à Science Po, ils ne seront pas déboussolés d’entendre des conférences intitulées « Éco-orgasme : comment jouir dans le respect de l’environnement ? » ou encore – sur un mode plus historique, mais sans doute tout aussi palpitant – « Histoires des objets de plaisir », conférences données ces dernières années dans la vénérable institution à l’occasion de sa désormais traditionnelle « queer week » (en français), semaine de l’étrange ou quelque chose dans ce genre. Faut reconnaître, l’école, maintenant, c’est le pied. Alors bonne rentrée !

Caroline Artus

Source : http://www.bvoltaire.fr

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