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Le blog politique de Thomas JOLY

La Chine, ce géant qui colonise l’Europe

9 Septembre 2016, 05:06am

Publié par Thomas Joly

Nous connaissons l’appétit vorace des Chinois. Dans leur volonté d’engloutir un monde qui les observe d’un regard inquiet, ni trace de vêtements affichés ostensiblement sur les plages, ni prières de rue.

Pour autant, le géant ne sommeille plus. Il est éveillé et étend ses tentacules, avec efficacité, dans tous les recoins de nos économies chancelantes.

Dernier exemple en date : le mastodonte State Grid Corporation of China, le plus grand distributeur d’électricité du monde, vient d’investir, dans la relative indifférence des médias, 830 millions, soit 14 % des parts, dans la société belge de distribution de gaz et d’électricité Eandis, qui dessert la majorité des communes flamandes.

Le départ d’Electrabel de l’actionnariat d’Eandis avait provoqué un mini-séisme : pour le directeur général de la société, Walter Van den Bosch, les financiers belges n’avaient pas les reins assez solides pour prendre le relais.

C’est ainsi que la Chine a marqué un peu plus son territoire dans une économie belge dans laquelle l’empire du Milieu a déjà investi 2,5 milliards d’euros. Et ce n’est qu’un début.

La Chine a ainsi porté son dévolu sur le monde mondialisé dont l’Europe est le marchepied. Elle joue avec dextérité. Tantôt elle fait miroiter davantage d’investissements, tantôt elle promet toujours plus d’exportations. Souvent en vain.

La technique du pied dans la porte a de beaux jours devant elle au cœur d’un continent qui ne goûte guère, en dépit de tout bon sens, de laisser l’étranger sur le porche.

En attendant, la sinisation du monde se poursuit et, si elle est économique plus que culturelle, elle accompagnera l’américanisation qui a déjà sapé nos standards avant, peut-être, de la supplanter. C’est que les Chinois, en plus de posséder un capital démographique sans équivalent, sont passés du communisme au capitalisme et d’une économie traditionnelle et agraire à une économie contemporaine et connectée en un temps record.

Il sera d’autant plus difficile d’arrêter le train en marche que le pays assume sa stratégie au point de lui attribuer le sobriquet de « zouchuqu », qui signifie littéralement « aller au-delà des frontières ». Face à une vieille Europe honnissant le concept même de frontière, il ne fait guère de doute que la tactique a de l’avenir. Nous n’en avons pas fini d’être colonisés.

Grégory Vanden Bruel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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