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Le blog politique de Thomas JOLY

Il ne marche pas, il court…

2 Septembre 2016, 05:12am

Publié par Thomas Joly

Il ne marche pas, il court, il fonce. Tout lui sourit. Il conquiert les cœurs, de Paris à Orléans, en passant par la Vendée, de la gauche libertaire à la droite libérale (et inversement), de la jeunesse ardente à la maturité prudente, de ceux qui ne croient plus en rien à ceux qui donneraient tout pour croire encore. Emmanuel Macron, nouveau champion télévisuel, vise la première marche du podium dans l’épreuve du marathon électoral. Trois mois, six mois, un an, et il y sera. Il s’y voit déjà, en Sauveur, en Rassembleur.

Il a vu, il a compris. Il sait les maux qui rongent la France : la frilosité, les blocages, les partis, les habitudes. En Marche sera le mouvement des innovateurs et des esprits libres. Emmanuel, de la tribune où il annonce son envol vers des cieux plus propices – lui-même –, déclare qu’il aspire à « des transformations en profondeur de notre système politique, économique, social ». Système politique dont il a « touché du doigt les limites », qui « pousse à des compromis de dernière minute, car le travail d’explication est rarement mené ». Avec EM, accrochez-vous, ça va bouger !

Le sourire impeccable de l’homme du 30 août s’affiche sur tous les écrans, sa voix claire et malicieuse nous devient familière, son style décontracté s’impose, sa présence enflamme les « réseaux sociaux » – et si c’était lui, enfin, l’homme providentiel ? Et si c’était lui, le génie politique qui allait tout casser ? Ne le surnommait-on pas le « Mozart de l’Élysée » ? On se prend à rêver. L’homme est plein d’éloquence, de fougue et de romantisme. Son histoire d’amour avec Brigitte, son professeur de français au lycée, donne des frissons. En outre, il se dégage de lui tant d’optimisme et de confiance en lui-même – comment ne pas succomber ?

Emmanuel a de brillants admirateurs, comme le fondateur de Meetic, le patron de Terra Nova ou Jacques Attali. Il a su séduire une certaine jeunesse dorée ainsi qu’une petite foule d’entrepreneurs, de petits commerçants et tout un nébuleux « électorat social-libéral », plutôt à droite et bien loin des « illettrés ». Et qu’est-ce qui enivre cette petite division de partisans ? L’envie de « voir de nouvelles têtes », de « changer les choses », pour de bon cette fois, et sans ambages. Le vent qui souffle dans les voiles d’Emmanuel, c’est l’espoir qu’il suscite, c’est sa jeunesse et sa désinvolture toute giscardienne.

Beaucoup de bruit pour rien ? Un cabot pétri d’ambition, après les cours Florent, se lance en politique et joue aux Français la comédie bien connue du vrai réformateur. Agitateur surdoué, il hameçonne les médias et occupe l’espace. Malin, il entonne la tirade du « ni droite ni gauche » et de « l’alternative ». Mais son invention, c’est un social-libéralisme convenu et une « ouverture » politique frivole et insignifiante. Cet enfant gâté de la bourgeoisie, ami des financiers et des people, espère-t-il réellement gagner le cœur du peuple ? En Marche… vers la faillite de 2017.

Thibaut d'Arcy

Source : http://www.bvoltaire.fr

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