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Le blog politique de Thomas JOLY

Alstom : une catastrophe nationale

26 Septembre 2016, 05:15am

Publié par Thomas Joly

L’affaire Alstom est la démonstration aussi tragique qu’absurde des échecs de la France depuis Maastricht : démantèlement de notre industrie lourde, suivisme aveugle des technocrates européens qui ont tout misé sur l’économie des services depuis le début des années 2000. Last but not least, l’arrêt de l’usine Alstom démontre que le protectionnisme économique, mesuré et stratégique, est un impératif de survie pour les États plongés dans la mondialisation.

Le 7 septembre dernier, la direction du site de Belfort annonçait que la production de trains serait transférée à Reichshoffen dans le Bas-Rhin en raison d’une baisse globale des commandes. Une remarquable aventure industrielle française qui dure depuis 1879 à Belfort s’arrêtera bientôt. En 1880, l’entreprise y produisait sa première locomotive à vapeur… Comme le déclarait Olivier Kohler, délégué CFDT du site de Belfort : « Cette annonce signifie pour nous la fermeture ni plus ni moins de Belfort. Alstom fait une croix sur son établissement historique, où a été fabriquée la première motrice TGV. » Le groupe a commencé à se disloquer en 2015, cédant ses activités relatives aux turbines et à l’énergie à l’Américain General Electric.

Au moins 400 emplois sont menacés par cette décision. Lors des négociations pour le rachat de la branche énergie d’Alstom, General Electric s’était engagé à créer 1.000 postes en France en trois ans. Afin de tenir ses promesses, le groupe américain pourrait saisir l’occasion de recruter les salariés du site de Belfort.

Pourtant, fabriquer des locomotives n’a rien de commun avec la fabrication de turbines… L’idéal serait de maintenir l’activité ferroviaire sur le site de Belfort. Y compris pour l’avenir de la France, sa souveraineté et ses intérêts propres.

Les principaux syndicats avaient alerté de cette possibilité en décembre 2014, prévoyant des suppressions de postes dans la branche transports de Belfort. Depuis, le groupe n’a pas réussi à remplir son carnet de commandes, perdant un contrat de 44 locomotives diesel demandées par Akiem (filiale de la SNCF et de la Deutsche Bank) au profit de son concurrent allemand Vossloh, mais aussi certains TER que construira finalement le canadien Bombardier.

Comment endiguer la désindustrialisation de la France ? D’abord en revoyant considérablement les règles des marchés publics. La France doit respecter les accords de l’Organisation mondiale du commerce et les traités de l’Union européenne qui la contraignent. Exception faite des domaines qui intéressent la sécurité nationale, la France est ouverte aux quatre vents des prédations mondiales. Ce que nos dirigeants ne vous disent pas, c’est que les accords de l’OMC n’ont pas été signés par tous les pays. Les États-Unis bénéficient, par exemple, du « Buy American Act » et du « Small Business Act » pour favoriser leur économie dans le cadre des marchés publics.

Sommes-nous trop idiots pour ne pas voir que cela marche ? Protégeons notre économie. Bien sûr, il ne faudrait pas que les marchés soient automatiquement attribués à des entreprises françaises, mais la situation impose qu’à offres égales ou sensiblement proches, nos fleurons soient favorisés.

Gabriel Robin

Source : http://www.bvoltaire.fr

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