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Le blog politique de Thomas JOLY

Sécurité des écoles : la psychose pour tous

26 Août 2016, 05:34am

Publié par Thomas Joly

En Afrique, il y a les enfants soldats. En France, nous aurons désormais les enfants infirmiers. En effet, le gouvernement promet de faire de chaque élève un petit ambulancier. Ce mercredi 24 août, les ministres de l’Éducation et de l’Intérieur ont détaillé une série de mesures qui concerneront tous les établissements scolaires dès la rentrée, parmi lesquelles un exercice annuel obligatoire de sécurité qui simulera un attentat avec intrusion, mais aussi la formation des enfants au secourisme – avec délivrance de force brevets, interventions pédagogiques et cours de premiers soins.

L’état d’urgence n’aura jamais aussi bien porté son nom. Au lieu de chercher exclusivement à protéger les écoles par la faction, le gouvernement a décidé de contourner l’étape sécuritaire et de plonger les élèves dans la fiction terroriste, en transformant chaque salle de classe en cible potentielle, chaque cour de récréation en scène de guerre virtuelle. Confessant son impuissance et arguant du manque de moyens, Bernard Cazeneuve a promis le renforcement de la « surveillance dynamique » – par des patrouilles de gendarmes et des 3.000 réservistes mobilisés -, croisant les doigts très fort pour que les terroristes daignent passer à l’acte au beau milieu d’une de ces rondes. Pour Philippe Tournier, responsable du SNPDEN, principal syndicat de chefs d’établissement, « c’est le royaume des amateurs. On met à l’accueil des écoles des personnels d’entretien qui ne sont pas formés et qui ont souvent des problèmes de handicap à l’heure où la moindre boutique de vêtements est dotée de vigiles. »

En revanche, des leçons de secourisme et des séances de bouche-à-bouche seront dispensées à 100 % des élèves de troisièmes, à tous les délégués et aux lycéens. Les élèves de primaire ne devraient pas échapper à la sensibilisation urgentiste. Ainsi, certains pourraient être entendus le matin par un psychologue pour radicalisation et apprendre les rudiments du massage cardiaque l’après-midi. Les journées de classe s’annoncent… palpitantes !

Alors que 12 millions d’élèves s’apprêtent à revenir en classe le 1er septembre, le gouvernement socialiste ne s’applique pas à bunkériser les écoles mais à les fragiliser moralement en ouvrant grand les portes à la psychose ambiante. Au lieu de défendre la sécurité nationale par des mesures antiterroristes sérieuses, le gouvernement somme les enfants et les personnels éducatifs d’être tout à la fois victimes et brancardiers. Avant même d’avoir combattu, la France est changée en musée des Invalides – et l’école en hôpital de guerre. Désarmé, le peuple est condamné à apprendre à bander ses plaies, et les enfants contraints à jouer les petits otages de l’incompétence politique.

Bernard Cazeneuve veut « garantir dans les écoles l’atmosphère de sécurité que requièrent l’acquisition et la transmission des savoirs ». Il va, bien au contraire, les plonger dans l’angoisse, risquant même d’exciter certaines vocations funestes, quand on connaît les ressorts les plus élémentaires de la psychologie adolescente.

Au Japon, les élèves sont sensibilisés aux risques de tremblements de terre. En France, l’État inscrit désormais durablement, comme une fatalité géologique, la mise à mort des enfants. L’état d’urgence, c’est la panique pour tous – et le secourisme, le palliatif de la sécurité. De quoi faire de la génération future une petite armée de névrosés aussi inaptes à ranimer leur civilisation qu’à réanimer un corps criblé de balles.

Thomas Clavel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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