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Le blog politique de Thomas JOLY

Patrick Montel, la voix du sportivement correct

19 Août 2016, 09:41am

Publié par Thomas Joly

Pendant plusieurs décennies, le patriotisme, souvent bon enfant, parfois à la limite du racisme, de feu Thierry Roland transcendait les performances en dents de scie de l’équipe de France de football. À l’époque, la franchouillardise assumée hissait le drapeau bleu blanc rouge comme étendard de la fierté nationale.

Autre époque, autres mœurs, le politiquement correct s’est imposé, et l’on célèbre désormais les belles valeurs du multiculturalisme, de la fraternité et du fair-play sur les pistes, dans les bassins, sur les tatamis, dans les gymnases et sur les terrains. Désormais, le cosmopolitisme revendiqué porte haut les étendards du monde entier et s’enthousiasme pour le drapeau orange – de la couleur des gilets de sauvetage, cela ne s’invente pas – de l’équipe des réfugiés présente à Rio.

Dans le genre du commentaire sportif, Patrick Montel s’est érigé en maître du sportivement correct. Chez le présentateur de France Télévisions, toute décharge de moraline débute par quelques trémolos dans la voix et se poursuit dans un chevrotement aux confins de l’incompréhensible.

Et, donc, chaque course, du 100 mètres au marathon, est, pour le spécialiste de l’athlétisme, l’occasion d’un laïus sur les valeurs fédératrices du sport, sur le sport comme facteur d’intégration, sur le symbole magnifique de voir courir ensemble tous ces athlètes aux origines diverses.

Dernière saillie en date, ce mercredi : l’homme s’est laissé aller à une tirade sur ces « femmes que l’on accuse de tricher et d’être en réalité des hommes » dans certaines épreuves. Les trémolos passés, Patrick Montel pouvait expliquer aux téléspectateurs qu’il y avait « quelque chose de profondément macho à vouloir que les femmes ressemblent à un standard précis ».

Seulement, dans son enthousiasme surjoué, Patrick Montel s’emmêle souvent les pinceaux. Lorsque, lors du dernier marathon de Paris, un homme, blanc de peau, s’était mêlé aux Kenyans, maîtres de la discipline, le petit soldat du politiquement correct s’était ému de ce « fantaisiste », « connecté mais pas avec son corps ». Être un héraut de la lutte contre le racisme, au point d’avouer sur son blog avoir versé une larme en regardant Invictus de Clint Eastwood, et proférer soi-même des propos confinant au racisme anti-blanc n’a visiblement rien de contradictoire.

Lors des championnats du monde de Pékin, le commentateur s’étouffe pratiquement lorsqu’il vante les origines antillaises de Jimmy Vicaut, qui est pourtant d’origine… ivoirienne. Mais l’homme ne se laisse pas démonter : « Alors, il n’est pas antillais… Je pense aux Antilles parce que les Antilles ont tellement apporté au sprint. Et je pense aussi à l’Afrique francophone et aux origines ivoiriennes de Jimmy Vicaut. » Avant de conclure : « Mais moi, je suis un peu citoyen du monde. »

L’homme mériterait assurément la médaille d’or pour services rendus à la cause.

Grégory Vanden Bruel

Source : http://www.bvoltaire.fr

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