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Le blog politique de Thomas JOLY

Université d’été : le PS bat en retraite devant les casseurs !

5 Juillet 2016, 05:03am

Publié par Thomas Joly

En langage populaire, ça s’appelle la trouille. En langage militaire, la retraite. Laquelle précède généralement la débâcle.
Toute honte bue, et la trouille au ventre, donc, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a décidé de « reporter, suspendre » son université d’été – la dernière avant la présidentielle ! – de crainte des « risques de violences ».

Notez bien, dans un sens, on le comprend, ce garçon. Entre les rues saccagées, les permanences du parti incendiées et les militants visés au petit plomb, il a craint que la « Belle alliance populaire » du PS et de ses alliés ne tourne à la farce macabre.

Il faut dire, également, que dans une mécanique d’échec dont ce parti et le gouvernement qui en est issu semblent avoir le secret, ils avaient décidé cette année de quitter le traditionnel port de La Rochelle pour la belle ville de Nantes. C’est-à-dire de se rapprocher de ce haut lieu d’activité tellurique qu’est Notre-Dame-des-Landes. Malin !

Bref, Cambadélis a « les foies », comme on dit vulgairement. « On nous menaçait de violences sur nos militants, on nous menaçait de saccager l’ensemble de la ville », dit-il. Il est vrai que les réseaux sociaux avaient sonné le rassemblement dès la semaine dernière, appelant « des étudiants, des lycéens, des syndicalistes et des salariés en lutte, des chômeurs et précaires, des militants associatifs, des habitants de la ZAD, des intermittents, etc. » à venir faire un accueil festif à l’université d’été du PS. Au menu : « blocages, occupation de la ville, une manif monstre, une université d’été du peuple avec des discussions et des ateliers ». Nuit debout version XXL, en somme.

Le premier secrétaire déplore du coup que sa Belle alliance n’existe que sur le papier. « Ce qui est grave, c’est qu’il s’est constitué dans ce mouvement [contre le projet de loi] une ultra-gauche antidémocratique, qui s’est fixé comme objectif de mettre à terre le Parti socialiste, tant du point de vue de la contestation que de la violence dans l’action. Ça, je le dénonce fortement », a-t-il déclaré dimanche sur France 3.

Ce qui me paraît nettement plus grave, personnellement, c’est que dans un pays en état d’urgence, où l’on prétend parer les menaces terroristes autant que les attaques d’aliens en provenance de la planète Krypton, on s’estime incapable d’empêcher des casseurs de saccager une ville comme Nantes ! Et quand Jean-Christophe Cambadélis se range à la demande du maire, compréhensible celle-là, et déclare « Je refuse d’assumer la responsabilité de voir détruire une ville », c’est le plus scandaleux aveu d’impuissance qui soit !

La droite ricane, ce dont elle aurait tort de se priver, mais ça ne passe guère mieux chez les quelques survivants de la « Belle alliance populaire ». Ainsi François de Rugy, le député EELV de Loire-Atlantique qui se dit lui aussi « choqué qu’en France, dans une ville comme Nantes, on ne puisse plus organiser un débat […] parce qu’on est sous la menace d’acteurs violents ».

Alors on se prend à envisager le pire. Un instant, comme ça, on se demande ce qu’il adviendrait si des hordes – de barbus fanatisés, de malheureux, de va-nu-pieds venus du bout du monde, de zombies, que sais-je encore – déferlaient sur le pays. Qui les arrêterait ? Comment ? En effet, comment peut-on croire un instant que tous ces gens qui battent en retraite devant quelques dizaines de casseurs seraient de taille à nous défendre ?

On a moqué les parlementaires qui, en 1940, devant l’avance allemande, se précipitèrent à Bordeaux, espérant pouvoir fuir le pays… Ceux-là s’enfuient même devant leurs propres troupes !

Marie Delarue

Source : http://www.bvoltaire.fr

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