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Le blog politique de Thomas JOLY

Primaires à gauche : la « belle alliance impopulaire »

20 Juin 2016, 05:10am

Publié par Thomas Joly

Sera-ce la première fois qu’un Président sortant se prête au jeu des primaires ? En septembre 2015, peu avant le lancement de la campagne des élections régionales, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, déclarait dans un entretien accordé à Libération, à propos de l’idée d’une élection primaire à gauche : « On ne peut pas vouloir lutter contre la fragmentation et l’organiser en son sein avant la présidentielle. » Manuel Valls partageait le point de vue de Jean-Christophe Cambadélis en janvier dernier, estimant dans l’émission « On n’est pas couché » que François Hollande « était le candidat naturel de la gauche » et que le « président de la République sortant n’avait pas à se soumettre à une primaire ». Au vrai, ces positions étaient assez logiques, correspondant à l’histoire de la Cinquième République.

Depuis ces démonstrations d’autorité, la cote de popularité de l’exécutif a continué de descendre, atteignant des niveaux inédits. François Hollande fait l’unanimité contre lui. Il n’est aimé de personne. Jamais un Président n’avait connu un tel sort. Esseulé, contesté, moqué, fragilisé ; François Hollande semble ne plus pouvoir s’en sortir. Les caciques socialistes cherchent donc à sortir d’une crise qu’ils ont contribué à aggraver, une crise du politique bien plus que de la politique. Ils vont donc organiser des élections primaires de « gauche », ouvertes aux socialistes et à leurs alliés « écologistes » et radicaux.

Problème : des voix discordantes se font déjà entendre. « La Belle Alliance Populaire » (sic) voulue par les apparatchiks hésite entre embrasser clairement la « social-démocratie, pour concurrencer Les Républicains, ou revenir aux fondamentaux de gauche », pour éteindre l’incendie Jean-Luc Mélenchon, conseillé par Patrick Buisson (eh oui). Élisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, ne le cache pas ; pour elle, les élections primaires doivent être celles de la « gauche de gouvernement, sociale-démocrate » et doit « clarifier la ligne du parti ». En somme, l’officialisation d’une gauche estampillée MEDEF, dans la roue de Bruxelles et Berlin. De l’autre côté, les médiatiques « frondeurs » se réjouissent, heureux de pouvoir faire entendre leur petite musique inaudible.

Cette affaire montre tout le mal qu’a fait François Hollande à la fonction présidentielle. En tant que sortant, François Hollande devrait être un candidat naturel, représentant tous les Français, selon l’esprit des institutions pensées par le général de Gaulle. Pourtant, en passant par des primaires, François Hollande ne peut plus être que le candidat d’un clan au sein de sa propre majorité. Est-il un jour sorti de son métier de premier secrétaire d’un parti pour devenir président de la République ? Non. Pour diriger une nation millénaire comme la France, plongée dans la tempête, il ne suffit pas de manœuvrer, il faut donner un cap.

Les élections primaires permettront aux socialistes de parler d’autre chose que de leur bilan. Cela ne suffira pas. Les Français se moqueront totalement de ce simulacre. Ils s’intéressent à d’autres sujets, bien plus importants : la menace terroriste islamiste, la crise migratoire, la perte de notre identité, la vacance du pouvoir, la fracture sociale, la déculturation nationale. Tant de sujets sur lesquels les socialistes sont aux abonnés absents, dépassés par le réel. Quant aux Républicains et à Jean-Luc Mélenchon, opportunément complices, ils n’ont pas fait mieux que François Hollande et ne feront pas mieux.

Gabriel Robin

Source : http://www.bvoltaire.fr

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