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Le blog politique de Thomas JOLY

Le Brexit n’est pas l’élection présidentielle autrichienne

27 Juin 2016, 05:13am

Publié par Thomas Joly

À en croire L’Obs, cela chauffe pour les pro-Brexit. Lancée depuis vendredi, une pétition des partisans du Remain sur le site du Parlement britannique demandant qu’« en cas de victoire du “Brexit” à moins de 60 % des voix, un autre vote soit organisé » a recueilli près de 3 millions de partisans. Cette pétition s’appuie sur les profondes divisions du pays apparues à l’occasion du référendum, jeunes contre vieux, Écosse, Irlande du Nord et Londres contre périphéries des grandes villes et campagnes.

Autre illustration de l’activité fébrile des anti-Brexit : la revendication humoristique très british d’un journaliste anglais : « Londres indépendant ! Sadiq Kahn président ! Vive le Lexit ! » Son action n’en a pas moins recueilli 130.000 soutiens.

Sadiq Khan, le maire de Londres, a publié vendredi un communiqué dans lequel il réclame que la capitale soit associée aux négociations de sortie de l’Union européenne et « reste un membre du marché unique ». « Il est crucial que Londres ait voix au chapitre pendant ces renégociations, comme l’Écosse et l’Irlande du Nord », a-t-il explicité.

Enfin, vendredi soir, 400 militants pro-UE ont défilé à travers la capitale pour protester contre le Brexit. « On a peur, tous ces gens formidables ici ont peur », expliquait l’une des manifestantes, Polly Butler, une étudiante de 22 ans.

On le voit, pas très beaux joueurs, tous ces « rosbifs » qui en pincent pour l’Europe. En véritables illusionnistes, ils voudraient changer le cours du temps et les mathématiques. De plus, comme la valeur du peuple, suivant qu’il vote dans le bon sens ou pas, n’est pas identique, ils ont décidé qu’il était nécessaire, pour que le « Brexit » l’emporte, de détenir 60 % de voix. Nous avons, ici, la nouvelle forme de démocratie directe que nous concoctent la gauche et la droite mondialisées. L’arithmétique n’est plus la règle, plus 50 % de suffrages deviennent à l’occasion plus 60 %. Par contre, ce précepte n’aurait pas été applicable si le Remain était sorti victorieux. Dans ce cas, même une voix d’avance aurait entraîné le succès du camp de l’Union européenne.

Cette attitude vindicative et méprisante vis-à-vis du peuple est à rapprocher de celle, très digne, observée en Autriche lors des présidentielles. Norbert Hofer reconnaissait, le dimanche 22 mai au soir, sa défaite et demandait à ses partisans de ne pas manifester. Pourtant, entre la Grande-Bretagne et l’Autriche, il n’y a pas photo, une différence de pratiquement 4 % (52 % contre 48 %) et plus d’un million de voix d’écart pour les tenants du souverainisme contre une différence de 1 % (50,35 % contre 49,65 %) et simplement 30.000 voix d’avance pour le candidat écologiste. Malgré cela, le chef du FPÖ, Heinz-Christian Strache, prit le temps durant plusieurs jours d’analyser les résultats pour être certain que le comptage du vote par correspondance n’avait pas été fait dans les règles et qu’il y avait bien incidence sur le résultat final de l’élection. C’est après s’être assuré de ces paramètres qu’il décida de porter réclamation devant la Cour constitutionnelle de son pays.

On le voit, le flegme aujourd’hui n’est plus britannique mais autrichien !

Notons un dernier point en revenant en France. En Grande-Bretagne, on peut lancer une pétition auprès du Parlement. Si elle atteint 100.000 signatures, elle est alors examinée par les députés. En France, les médias ont oublié de rappeler, tout à leur joie de la pétition des No Brexit, que M. Delevoye, le président du Conseil économique, social et environnemental, n’avait pas daigné, en 2013, prendre en compte les 540.000 signatures de la Manif pour tous contre le mariage homosexuel, les envoyant directement à la poubelle.

J-P Fabre Bernadac

Source : http://www.bvoltaire.fr

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