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Le blog politique de Thomas JOLY

La société euthanasique

1 Juin 2016, 16:18pm

Publié par Thomas Joly

On reste surpris devant l'audace morbide des législateurs européens et des agents qui mettent en application les nouvelles normes imposées par les décideurs qu'ils popularisent par le biais de l'industrie propagandiste. Autrement dit, on ne s'y fait pas. On n'a le goût de la colère qui persiste entre la langue et le palais, d'un petit peu de bile qui témoigne en permanence du fait indigeste qui nous entoure. C'est fatigant mais vraiment nécesaire si l'on ne veut pas finir comme la matière de ce monde, des robots qui ont perdu toute notion du bien et du mal, de l'acceptable et de l'inacceptable. Perdre le dégoût produit par l'appréciation juste de ce que commettent ceux censés veiller à la protection des plus faibles ne serait en effet que la signature de notre disparition. Le dégoût, c'est lorsque l'on sait que deux infirmières se rejoignent à la machine à café de leur établissement abortif entre deux écartèlements embryonnaires pour parler du match du basket du petit dernier ou du nouvel amant de l'une des deux dindes. Le dégoût, c'est le fruit de l'inaction d'une masse pleine de bons sentiments, abrutie par ces bons sentiments par tout ce qui possède une once d'autorité dans la société, le dégoût du spectacle de l'artifice triomphant par son excès, sa saturation, sur les valeurs qui exigent d'être  observées pour être entendues. La banalité du mal n'est possible que si les valeurs et principes sont éclipsés par une effervescence artificielle permanente et l'image d'une normalité sociologique imposée à l'individu par le media. Ainsi l'avorteur se sent bien dans sa peau parce qu'il a deux enfants qui font des études et parlent anglais, parce qu'il emmène bobonne à Chamonix pour skier en février et à Bali en été, parce qu'il travaille et reçoit des amis polis à dîner le samedi soir et parfois marche en forêt avec ses enfants bien coiffés pour écouter frémir la nature. C'est un bon citoyen qui sait tenir une conversation et qui est épouvanté par l'intolérance de tous ces « intégristes » jetés en pâture par le media conforme. Aucun tourment pour lui, la quiétude. Relax. Avorteur, c'est tranquille, c'est sanctuarisé comme boulot, paraît-il, et jamais n'est organisée une porte ouverte dans son boulot. La propagande, c'est le sourire des prostituées de la télévision et c'est le mot « liberté » vomi par toute cette crasse ! Pour la pratique, on la découvre au moment fatidique comme dans la fiction Soleil vert. Ainsi fonctionne la plus puissante machine à tuer depuis 40 ans: dans l'ombre, à l'ombre du mal.

Désormais le Système s'échine, et il y arrivera par le biais de cette même stratégie,  à institutionnaliser le suicide en libre-service. Sournoisement il avance ses pions en faisant vibrer la fibre de la compassion de la plèbe. Hier,  l'avortement était vendu comme une pratique servant à sauver des vies de jeunes femmes atrocement violées et qui, aliénées, supprimaient le fruit d'une humiliation avec des outils rouillés qui les tuaient. Aujourd'hui, « on » avorte comme on mange un tiramisu, c'est à l'envie. Le suicide industriel connaîtra la même évolution, nous pouvons le prédire dès maintenant. Peut-être que la chose sera imposée par petites touches successives, par quelques pas en arrière suivis de quelques pas en avant plus un,  et l'on accèdera ainsi au suicide tarifé. J'imagine d'ailleurs plusieurs types de suicide. Il y aura à terme le suicide de base, celui de seconde classe, sans flonflon. Une injonction d'un vieux produit générique dans une veine prise un peu au hasard : anesthésie puis décès comme un condamné à mort redneck (pauvre blanc américain des Etats du sud) aux Etats-Unis. On trouvera peut-être un suicide première classe, non seulement propre, mais avec des préliminaires hypnotiques, des rêves ou des massages. Un marché monumental est prêt à crépiter du bruit des idées novatrices des facilitateurs de décès. Nous n'en sommes pas là mais au début d'une pratique qui va faire fureur dans 20 ans. Pour l'heure, les médecins qui ont décidé d'apaiser les souffrances par la mort ont pour mission de faire passer le trépas volontaire pour une chose digne, raisonnable, humaine, en le comparant aux tourments qui assaillent les malades et suicidaires (qui sont des malades d'une nature spécifique) qui seraient générateurs d'indignité, de saleté, de honte. En France, les décideurs veulent rendre légale l'euthanasie active, le suicide assisté, pour que les médecins de la mort puissent éliminer ceux qui désirent à un moment donné mourir (les avorteurs se sentiront moins seul). Vivre ou mourir est une question de choix individuel pour la république, il faut bien se mettre cela dans la tête. Les Français à l'instar de tous les Européens vont progressivement accepter ce « point de vue ». Ils l'ont fait avec l'avortement qui il y a encore seulement quelques décennies était considéré comme un crime épouvantable par l'immense majorité des Français et autres Européens. Maintenant, on vit avec ça... On côtoie ça. C'est à l'aune de l'histoire de l'avortement en France qu'il faut lire les histoires d'euthanasies, et de meurtres grimées sous les traits de suicides assistés.

Une  malheureuse que l'on comprend par ce qu'elle a subi

La dernière en date concerne l'assassinat lâche d'une très jeune femme au Pays-Bas, une exécution qui a tout l'air d'être un ballon d'essai des euthanatocrates en puissance. Son nom n'a pas été divulgué par la presse pudique. On ne pourra enquêter sur la biographie de la martyre. De plus, les autorités compétentes n'ont décidé de communiquer sur le sujet que plusieurs mois après sa mise à mort. Pour parler comme le media, l'info fut virale, et l'épidémie a bien sûr été espérée et programmée. A 20 ans, nous dit-on, une jeune femme qui aurait été violée de 5 ans à 15 ans, vivait l'enfer post traumatique jusqu'à ce que ses « sauveurs » en blouse blanche la saigne pour la libérer. Cette innocente vivait de grandes souffrances. Elle fut rapidement entourée par des gens qui avaient une idée derrière la tête, des gens qui couvaient en leur for intérieur l'option de la mort pour en finir avec elle, enfant endolorie que l'on ne pouvait plus soigner avec absolue détermination puisque la solution de facilité était possible, puisque le cocktail lityque est une solution et non l'échec dans leur monde. Peut-on vraiment croire qu'une équipe médicale tentera tout pour sauver un malheureux d'une dépression, car c'est de cela dont il s'agit ici, si elle postule que son exécution  constitue un traitement comme un autre. Le job aura été fait, la dépression aura été vaincue par l'empoisonnement du patient. La vérité républicaine  prime sur la réalité aussi sûrement que la volonté des médecins de tuer la malheureuse Batave primait sur celle d'apaiser ses souffrances psychologiques.  Ses toubibs étaient, dès le départ, soumis à une gravité assassine. Leur inclination à annihiler la vie de la martyre désignée était trop forte ; la solution du « suicide » n'avait jamais quitté leurs esprits et dans cette configuration, comment pouvaient-ils déployer toute leur intelligence, leur savoir, comment pouvaient-ils être « à 100% » pour aider leur patiente qui se trouvait objectivement abandonnée de tous ? Mettez un grand dépressif entre les mains d'individus dont il connaît leur croyance en matière de suicide thérapeutique et vous le condamnerez à une mort certaine. Seul l'absolu peut le sauver et on lui propose sans suer le néant. C'est ce qui est arrivé à la pauvre Néerlandaise violée que l'on a finie a coup de seringue. Après leur boulot, les médecins d'origine contrôlée se sont réunis pour préparer les arguments qu'ils balancent aujourd'hui pour communiquer sur ce cas spécial de suicide assisté. Une communication qui ne sert qu'à légitimer, de bout en bout, un meurtre légal.  Abattue, suicidaire, comprenez-vous, elle ne sortait pas de son lit (classique pour un patient dépressif), elle était absolument triste, parfaitement triste, elle ne mangeait rien, se mortifiait, se coupait et avait même des visions d'horreur (encore une fois, ce sont des symptômes bien connus de cette pathologie). Et le verdict : Cette femme n'aurait non seulement jamais guéri mais elle se serait tuée elle-même (et salement doit-on comprendre) stigmatisant par son geste l'inanité de leur médecine. Les « Bibs » ont agi comme les mauvaises femmes de ménage qui mettent la poussière sous le tapis au lieu de l'extraire de la salle à vivre. Et ça s'est vu. Le public, sur le qui-vive sur les réseaux sociaux, a « bloqué » sur l'information estimant que la dépression de la femme aurait pu mériter meilleure cure  qu'une injection terminale dans ses veines étiques. Si les nouveaux cachets antidépresseurs ne sont pas une panacée, les gens savent bien qu'ils permettent de combattre l'infinie tristesse qui habite le grand dépressif et que la pharmacopée peut sauver bien des vies lorsque l'on associe certaines molécules à des antipsychotiques qui ont sauvé bien des vies depuis 40 ans. Le cas de la malheureuse Néerlandaise, aussi dramatique était-il, était loin d'être désespéré comme l'affirmèrent les communicants euthanamaniaques. A moins que ces derniers ne mentirent pour  légitimer aux yeux de leur justice l'assistance au suicide. Car cette justice exige que l'aide à la mort ne se pratique que sur des individus sains d'esprit, lucides, pleinement conscients ! La victime souffrait pourtant d'hallucinations et se scarifiait les membres en périodes de crise. Ne sont-ce pas des indices d'une maladie qu'il faut traiter par tous les moyens ? Et comment peut-on affirmer que notre Cosette possédait toutes ses facultés à la lumière des symptômes décrits par ses bourreaux ? Beaucoup de contradictions qui viennent discréditer l'argumentaire des empoisonneurs. Beaucoup trop.

Un plan B pour garder l'avantage de la mort sur la vie

Il fallait que les euthanamaniaques réagissent. Ils devaient sauver leur meurtre légal. Aussi ont-ils effectué un petit pas en arrière. Deux jours après l'annonce de leur petit chef-d’œuvre sociétal, les journaleux de la grosse presse qui sont aussi indépendants que des larves de guêpe dans  leurs alvéoles venaient colmater les avaries de la propagande de mort.  Toute l'Europe n'est pas prête à institutionnaliser le suicide en libre -service pour liquider un maximum d'inactifs blancs. Mais il faudra faire un nouveau pas en avant demain et il n'est donc pas question de jeter le bébé avec l'eau du bain. Il fallait bel et bien l'exécuter, on ne vous a pas tout dit ! Ecoutez encore ! Son état général était si lamentable ; comprenez bien qu'il fallait abréger les souffrances de ce petit colibri amaigri ! On n'est pas des monstres ! Le journal Metro, omniprésent sur le net, a ainsi voulu éclaircir la situation, car, dit-il, nous ne savions pas tout. La petite femme n'était pas seulement en détresse psychologique, elle souffrait également « d'épouvantables » pathologies somatiques. Anorexique, elle était très maigre, trop maigre. Neurasthénique, elle manquait d'exercice physique. Nerveuse, elle avait le palpitant qui palpitait. Et il aurait même fallu lui pratiquer « une fois » un lavement parce qu'elle avait été constipée, une fois. De plus, le journal rappelle que la femme tuée « avait des sautes d'humeur » et nous ne plaisantons pas.

Ce que les documents disent : Selon le jugement de la commission de l' euthanasie, publié le 1er janvier 2015, la jeune femme en question, qui a requis l’anonymat, a subi des abus sexuels pendant son enfance, de 5 ans à 15 ans. Ces sévices lui ont causé un sévère trouble de stress post-traumatique, «une dépression chronique, des idées suicidaires, de l’auto-mutilation et de la dissociation ».

Un traitement intensif a été entrepris deux ans avant le jugement, un traitement « temporairement et partiellement réussi », selon les documents. Or, l’état de la jeune femme ne s’est pas amélioré et son psychiatre a jugé qu’il n’existait plus d’autres options de traitement, une opinion corroborée par un autre psychiatre et le médecin en chef de l’établissement où elle se trouvait.

La commission a donc confirmé que l’euthanasie de cette patiente avait été menée légalement dans le cadre de la loi néerlandaise.

Ce que les articles ne mentionnent pas : Si on s’en tient à ces faits, la décision de mettre fin aux jours d’une patiente qui souffre de dépression peut sembler assez choquante. Par contre, plusieurs articles écrits à ce sujet oublient quelques passages du document. Par exemple : « Sa souffrance était en augmentation et elle souffrait de plus en plus de problèmes somatiques [NDLR : physiques]. Elle était alimentée par sonde à travers un tube, a souffert de rétention urinaire nécessitant un cathéter sus-pubien à insérer, et souffrait de constipation pour laquelle elle a reçu un lavement. Elle a également eu une anémie chronique, des troubles électrolytiques et un dysfonctionnement rénal.»

Et : « Les souffrances de la patiente étaient des souffrances mentales persistantes, des sautes d’humeur et des ‘flashbacks’, des douleurs abdominales et une très mauvaise condition physique générale. […] La patiente était cachectique [NDLR : « État d’affaiblissement et d’amaigrissement graves qui accompagne la phase terminale de certaines maladies chroniques », selon Antidote, une condition très souvent irréversible], sévèrement affaiblie et presque complètement grabataire [NDLR : qui ne peut pas sortir du lit] et dépendante du soin des autres ; il n’y avait pas d’espoir pour elle. »

En d’autres mots, il ne s’agissait pas seulement d’un cas de dépression ou de trouble de stress post-traumatique. La jeune femme en question souffrait de problèmes physiques tellement graves que la commission de l’euthanasie l’a comparée à des patients en phase terminale.

L’histoire est donc vraie, mais certains détails importants ont été omis, ce qui a changé en quelque sorte la nature de l’histoire.

La première épreuve de communication était donc un ballon d'essai destiné à mesurer l'opinion publique. Le plan B propagandiste a été mis en branle lorsque les analystes ont compris que la vilaine plèbe n'était pas encore complètement ouverte au scénario Soleil vert. Bientôt, un nouveau cas sera exploité par ces administrateurs de mort. Ils trouveront bientôt le bon exemple qui relancera la conquête thanatologique, soit l'avenir de leur humanité à l'abri des images des centenaires cultivées par la magie de la télé.

François-Xavier Rochette

Source : http://www.rivarol.com

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