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Le blog politique de Thomas JOLY

Autriche : au nom de l’État de droit, le FPÖ réplique !

9 Juin 2016, 05:44am

Publié par Thomas Joly

Il y a deux semaines, nous écrivions déjà pour Boulevard Voltaire que de nombreuses irrégularités frappantes avaient fait surface au lendemain des élections présidentielles autrichiennes, amenant la victoire de l’écologiste d’extrême gauche Alexander Van der Bellen au détriment de Norbert Hofer, du FPÖ populiste d’essence nationale-libérale.

Si l’importance du poste de président n’est que secondaire, et principalement d’ordre symbolique, il est toutefois à rappeler que le chancelier de la République fédérale d’Autriche, véritable chef de la politique autrichienne, est nommé par le président lui-même – qui doit tenir compte de la composition du Conseil national, l’équivalent de l’Assemblée nationale française. Et, soit dit en passant : Alexander Van der Bellen a d’ores et déjà annoncé qu’il refuserait de nommer un chancelier du FPÖ le cas échéant, c’est-à-dire en cas de victoire du FPÖ aux législatives de 2018.



Quoi qu’il en soit, nous y voilà. Après deux semaines durant lesquelles les juristes et experts du FPÖ ont minutieusement travaillé sur les résultats et la méthodologie employée durant ces élections, les soupçons de fraudes et d’irrégularités dans le dépouillement et le décompte des voix seraient confirmés. C’est en tout cas ce que semble montrer le dépôt d’un dossier de 150 pages en ce mercredi 8 juin, dernier jour pour déposer un recours auprès de la Cour constitutionnelle d’Autriche.



« Nous ne sommes pas mauvais perdants », a prévenu Strache, le président du FPÖ. « Avec toutes les irrégularités qui, aujourd’hui, sont sur la table, [la correction due au recours] devrait aller au-delà des 30.000 votes », a-t-il rajouté, faisant allusion aux 30.000 voix qui ont départagé les deux candidats du second tour le plus serré de l’histoire autrichienne.



Pour le FPÖ – Parti de la liberté –, il ne s’agit pas seulement de justice et de victoire politique potentielle. Tranquillement, appelant ses électeurs au calme, le FPÖ a compilé de façon très professionnelle tous les éléments prouvant l’irrégularité de ces élections hautement médiatisées, collectant ainsi des documents en provenance de 117 communes. Car « il en va des fondements de la démocratie et de l’État de droit ».

Tout cela a de quoi choquer et interroger. Comment peut-on en arriver là ?

En 2016, au cœur de l’Union européenne, dans un pays à la réputation de sérieux, de rigueur et de droiture… voilà que c’est ce que les médias appellent « l’extrême droite » qui appelle au calme et au respect de l’État de droit, tandis que des fraudes et des manipulations antidémocratiques auraient eu lieu du côté de la gauche. Voilà une bonne question, qui est à mettre en parallèle avec les attaques de plus en plus agressives des politiques et des médias occidentaux à l’égard des partis et mouvements populistes, anti-système et nationalistes partout sur le continent, ou encore à l’égard des gouvernements du groupe de Visegrád, et en particulier de la Pologne et de la Hongrie.



Désormais, l’affaire est donc entre les mains des autorités autrichiennes. Le verdict sera connu le 6 juillet, soit deux jours avant l’intronisation prévue de Van der Bellen. Si les preuves du FPÖ sont suffisantes et reconnues, alors ce sera une étape supplémentaire de franchie dans la crise des institutions d’Europe, démontrant une fois de plus les problèmes systémiques de fausses démocraties vieillottes et vérolées par les lobbies, la corruption et les idéologies mortifères opposées aux intérêts directs des États et de leurs peuples. 

Tout se paye, et contrairement aux chantres du progrès permanent, les amis de la tradition sont patients.

Ferenc Almássy

Source : http://www.bvoltaire.fr

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