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Le blog politique de Thomas JOLY

Lorsque les différences d’opinion deviennent des pathologies psychiatriques…

19 Mai 2016, 05:23am

Publié par Thomas Joly

C’est avec un humour étrange que les associations Aides et Ex ÆAquo, soutenant également la recherche contre le VIH et les maladies virales, ont inauguré la Journée internationale de la lutte contre l’homophobie et la « transphobie » cette année : un médicament pour traiter cette pathologie psychiatrique nommée « homophobie ». Pour éradiquer vos pensées déviantes, il suffit donc d’appliquer le patch « Homophobiol » et de tatouer sur votre peau un petit arc-en-ciel aux couleurs de la LGBT. Un tel traitement « est indiqué en cas d’apparition des premiers symptômes d’homophobie : insultes, rejet, comportements agressifs, paranoïa aiguë, imitations douteuses, blagues de mauvais goût… » Or, selon le directeur délégué, « le problème reste que ce médicament n’existe pas » ! En concevoir l’idée, c’est déjà lui donner vie.

Dans cette société héritée des Lumières, la politique devient garante du bien et du mal. Science et raison ont remplacé Dieu. Dans chaque situation de crise, les cellules psychologiques prennent en charge les citoyens. Chez le premier médecin généraliste du coin, au moindre sentiment de tristesse, il est facile d’obtenir une ordonnance avec le cocktail antidépresseurs et anxiolytiques – la France est championne dans la consommation de ces drogues. Des recherches, toujours plus nombreuses, affirment que des maladies mentales seraient d’origine génétique – ce qui condamne ainsi d’avance l’individu. Chaque comportement considéré comme déviant, par rapport à une norme déterminée par critères ou questionnaires, est désormais répertorié ainsi que l’atteste l’augmentation inquiétante du nombre de pathologies remplissant les pages du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux américain : le DSM-III-R de 1987 identifiait 292 diagnostics tandis que l’édition de 1994, le DSM-IV, en répertorie 410 !

Dans une interview fin avril, Mathieu Bock-Côté déclare que l’Europe cherche « à fabriquer un nouveau peuple, ayant pleinement intériorisé l’exigence diversitaire ». La culpabilisation et l’émotion savamment dirigées révèlent de plus en plus l’action d’un despotisme éclairé.

Ces constatations ne vont pas sans rappeler un sketch de Dieudonné, « Les racistes anonymes ». Rendre un comportement ou une façon de penser pathologique, c’est autoriser au nom du bien commun l’internement ou la rééducation à des fins thérapeutiques. Déclarer l’autre comme « fou » et donc irresponsable revient à nier ses facultés de raisonnement. Ses propos deviennent forcément inaudibles. Y a-t-il un meilleur prétexte pour discréditer ainsi les arguments de l’opposition ? Dans ses Mémoires d’outre-tombe, Chateaubriand remarquait déjà que « les Français […] n’aiment pas la liberté ; l’égalité seule est leur idole. Or l’égalité et le despotisme ont des liaisons secrètes. » Remplaçons juste « Français » par « républicains », et la citation décrit notre situation actuelle.

Virginie Vota

Source : http://www.bvoltaire.fr

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