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Le blog politique de Thomas JOLY

Après le Maroc, l’Algérie. Leurs dirigeants peuvent-ils tout se permettre ?

11 Mai 2016, 05:06am

Publié par Thomas Joly

En février 2015, après des mois de « froid » diplomatique entre la France et le Maroc, notre chère Christiane Taubira recevait à la Chancellerie son alter ego Mustapha Ramid afin d’« examiner en profondeur les difficultés » qui ternissaient alors notre belle histoire d’amour. Un accord était signé dans la foulée avec le royaume chérifien, accord intitulé joliment « convention d’entraide ».

À l’origine de notre querelle d’amoureux, la descente d’une escouade de policiers à la résidence de l’ambassadeur pour « notifier une demande d’audition d’Abdellatif Hammouchi, patron du contre-espionnage, pour des soupçons de torture contre des opposants au régime ». Sa majesté en prit ombrage, Laurent Fabius eut un tour de rein à force de se tortiller et François Hollande vit en une nuit ses racines blanchir sous la teinture. Mais tout est bien qui finit bien puisque ladite convention d’entraide fait que, désormais, nous n’ennuierons plus les grosses légumes marocaines en séjour chez nous. Cela pour « éviter des situations où des procédures de plainte se déclenchent sur le territoire français ou marocain sans prendre le temps d’étudier ce qu’il y a dans le dossier et éviter une instrumentalisation ». Avec un pays qui produit 80 % du cannabis consommé en France, c’est utile en effet.

Donc, les amours revenues au beau fixe avec le Maroc, voilà-t-il pas que notre autre maîtresse, j’ai nommé Alger la blanche, a fait une crise de jalousie. Pourquoi l’entourage de Mohammed VI et pas celui du zombie Bouteflika ? C’est vrai, ça, pourquoi ?

Le 10 avril dernier, on a donc dépêché le Premier ministre Manuel Valls pour une visite de courtoisie de l’autre côté de la Méditerranée, et pendant qu’il comptait les mouches à côté de la momie, le nouveau garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas et son homologue algérien Tayeb Louh signaient en douce une convention concernant « les procédures d’information ». Comprenez qu’on avertira les intéressés avant d’engager toute procédure.

Officiellement, bien sûr, « l’accord bilatéral concerne plus particulièrement les situations dans lesquelles les procédures sont engagées dans un État pour des faits commis sur le territoire et à l’encontre des ressortissants de l’autre État », assure la Chancellerie. Officieusement et en bon français, cela signifie qu’on offre à l’Algérie « des arrangements qui garantissent une quasi-impunité à ses dirigeants en France », comme l’écrit Le Figaro.

Aux esprits chagrins qui s’indignent de tels passe-droits, nos vertueuses autorités républicaines répliquent que tout cela est utile voire indispensable à la lutte contre le terrorisme. « Disposant du plus gros contingent de combattants volontaires étrangers engagés dans les rangs de l’État islamique et théâtre d’attentats impliquant des ressortissants français, le Maroc est plus que jamais considéré comme un “partenaire majeur” dans la lutte antiterroriste », nous a-t-on expliqué l’an passé.

À croire que la politique étrangère de la France en ce qui concerne le Maghreb peut se résumer ainsi : tu me balances tes islamistes et je ferme les yeux sur le reste.

Qu’en pensent les Français ? Sans doute ceci : on aura les islamistes ET le reste.

Marie Delarue

Source : http://www.bvoltaire.fr

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