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Le blog politique de Thomas JOLY

Déchéance de la nationalité : Hollande a encore foiré

1 Avril 2016, 05:37am

Publié par Thomas Joly

Le Président a utilisé la question de la nationalité française comme un moyen de remise à niveau. Voulant tirer parti des attentats, il a tenté de retrouver son rôle institutionnel de monarque rassembleur.

Devant les Assemblées réunies en Congrès, il avait annoncé une révision de la Constitution. L’extension de la déchéance de la nationalité aux terroristes binationaux nés français y figurait comme le signe le plus fort. Cette manœuvre associait trois éléments : d’abord, la solennité restaurée de la fonction présidentielle ; ensuite, le caractère symbolique de l’appartenance à la nation ; enfin, l’habileté politicienne qui instaurait une mesure que la droite allait soutenir avec enthousiasme.

Il s’agissait d’un coup qui a lamentablement foiré.

Dans cette triste affaire, « notre » personnel politique a étalé sa médiocrité avec ostentation. Hollande voulait l’unanimité avec le soutien de son opposition. C’est la gauche la plus bête du monde qui s’est alors rebellée.

Remettre en question une nationalité acquise mécaniquement et par hasard mais trahie très volontairement lui paraissait un sacrilège envers le sacro-saint droit du sol. Discriminer les détenteurs de plusieurs nationalités en leur réservant la déchéance de nationalité française afin de ne pas créer des apatrides redoublait la révolte puisqu’on touchait ainsi à une autre icône de la gauche : sainte Égalité.

L’idiotie profonde qui marque une telle attitude mérite d’être analysée. On ne peut négliger d’abord cette « préférence étrangère », évidemment contraire à l’intérêt national, qui domine le discours de la gauche.

De même, le souci de l’égalité au profit des binationaux fait preuve d’une surprenante conception de l’idée. Celui qui a plusieurs passeports n’est pas l’égal de celui qui n’en a qu’un. Lui enlever celui du pays qu’il trahit rétablit la parité. Un minimum de réflexion chez ceux qui ont alors voulu retirer la nationalité à tout le monde les aurait amenés à cette évidence : on aurait ainsi créé des apatrides, mais seulement pour ceux qui n’auraient été « que » français, non chez les binationaux ! Curieuse conception de l’égalité qui joue à l’encontre des nationaux ! Quant à la liberté, elle a disparu : celui qui choisit de combattre la France doit garder une nationalité française qu’il a acquise sans le vouloir à la naissance.

Le bon sens commandait donc la déchéance de nationalité pour les binationaux et l’indignité nationale pour les Français à part entière. C’est ce que souhaitait la majorité sénatoriale. Mais on a alors vu et entendu quelques représentants de cette prétendue « droite » minimiser la question de la nationalité. M. Geoffroy Didier ou Mme Kosciusko-Morizet ont fustigé ce débat inutile sur une notion subalterne. La « nationalité » ne vaut pas une messe à Versailles. Ce n’est rien, un « gadget », dit le premier ; un symbole, dit la seconde.

Oui, un symbole pour lequel beaucoup de Français sont morts et pour lequel des étrangers aussi ont donné leur vie afin de l’acquérir. Comment des électeurs de droite pourraient-ils voter pour ces personnages obsédés par les primaires et méprisant leur pays ? Ils se veulent sérieux : l’efficacité seule compte. La déchéance de nationalité ne dissuadera pas les terroristes. Il faudrait des peines incompressibles, précisent-ils. Quelle peine, en effet, peut-elle dissuader un homme prêt à se faire exploser ?

La déchéance de la nationalité pour les traîtres binationaux, l’indignité nationale pour les Français sont des rappels à la valeur de la nationalité française. François Hollande, en voulant être adroit, a, une fois de plus, fait reculer le pays aux applaudissements de l’ex-indépendantiste Taubira : quel symbole !

Christian Vanneste

Source : http://www.bvoltaire.fr

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glomi 02/04/2016 09:51

L'association Catalogne-Israël rappelle qu'elle n'est pas une maison de retraite.