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Le blog politique de Thomas JOLY

Le prix des nouveaux anticancéreux : trop, c’est trop !

18 Mars 2016, 06:05am

Publié par Thomas Joly

Alors que le gouvernement prépare un décret pour définir la liste des médicaments très onéreux (surtout des anticancéreux) devant être pris en charge par les hôpitaux (et que, dans bien des cas, ils ne pourront pas financer), 110 médecins oncologues, et non des moindres (les professeurs Jean-Paul Vernant, hématologue, Dominique Maraninchi, ancien directeur de l’Agence du médicament, Thierry Philip, de l’Institut Curie, Alexander Eggermont, de Gustave-Roussy, ou encore Patrice Viens ou Alain Fischer), viennent de signer une tribune dans Le Figaro, non pas pour s’opposer à ces nouvelles dispositions, mais pour s’élever contre le coût toujours plus élevé des anticancéreux qu’ils estiment être sans justification réelle. Démarche à laquelle s’est associée la Ligue contre le cancer, qui juge ces prix injustifiés et exorbitants.

« L’industrie pharmaceutique détermine ses prix en fonction de ce que le marché est prêt à payer », constate le professeur Vernant, et selon les cancérologues signataires, le coût de ces médicaments n’est nullement justifié par leur investissement en recherche-développement, contrairement à ce qu’affirment les industriels du médicament qui, pour justifier un prix aussi élevé, mettent également en avant le fait que certains traitements permettent de guérir des patients atteints de maladies chroniques, ce qui à long terme diminue les dépenses de santé.

Cependant, dans leur tribune, les médecins estiment que, même quand l’efficacité d’un médicament est majeure, cela n’autorise pas de tels excès, et ils ajoutent que « le prix des antituberculeux apparus au milieu du XXe siècle n’a heureusement pas été défini en fonction des années de sanatoriums et des morts évités ».

Si l’on se place dans cette logique, où le prix du médicament est lié à sa performance, on pourrait aussi – pourquoi pas – concevoir, comme le propose le professeur Freyer, que les frais de traitement soient remboursés par le laboratoire s’il n’est pas efficace !

La Ligue contre le cancer, quant à elle, estime que le coût des médicaments pourrait être largement réduit, et cite comme exemple le prix du traitement de l’hépatite C par du Sofosbuvir, qui coûte 67.000 € aux États-Unis, 41.000 € en France, 4.000 € en Thaïlande et 700 € en Égypte, ajoutant que le coût de revient du Sofosbuvir est estimé à seulement 150 € !

Certes, on peut comprendre que les industriels cherchent à tirer un profit maximum des médicaments « vedettes » pour financer des recherches qui ne sont pas toujours rentables. Cependant, si des mesures ne sont pas prises pour diminuer le coût de ces traitements, la Sécurité sociale risque être obligée de dérembourser certains médicaments pourtant utiles, mais non vitaux, pour y faire face.

Les Anglais, quant à eux, ont décidé de ne pas rembourser les traitements jugés trop coûteux par rapport à leur efficacité. Faudra-t-il en arriver là et oublier toute notion d’éthique en matière de soins pour ne retenir que des critères économiques ? C’est ce que les signataires de cet appel voudraient éviter lorsqu’ils demandent « un système d’arbitrage des prix plus démocratique et plus transparent, associant des représentants des patients et des professionnels ».

Souhaitons qu’ils soient entendus, mais l’industrie pharmaceutique est avant tout une entreprise commerciale destinée à produire des bénéfices, et par la position stratégique dominante qu’elle occupe sur le marché, elle peut imposer ses prix. Mais trop, c’est trop !

Dr Jacques Michel Lacroix

Source : http://www.bvoltaire.fr

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