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Le blog politique de Thomas JOLY

Verdun : courage, on les aura !

21 Février 2016, 12:30pm

Publié par Thomas Joly

Il y a un siècle commençait l’une des plus grandes batailles de la France : pour arrêter l’envahissement de ceux que l’on appelait barbares. Le courage et l’abnégation des soldats français vont éviter la rupture du front.

Ce 21 février 1916 à 7h15 du matin, un bombardement d’une violence inouïe s’abattait sur le bois des Caures au nord de Verdun. Pour résister, quelques bataillons de chasseurs. Quatre jours plus tard, le fort de Douaumont sera pris ; la bataille s’étendra ensuite rive gauche de la Meuse au Mort-Homme et à la cote 304. Face aux divisions allemandes commandées par le Kronprinz et Falkenhayn, l’armée française va s’organiser avec les généraux de Castelnau et Pétain, puis Nivelle et Mangin ; et les soldats français vont répondre à cette agression par leur courage et leur sens du devoir.

Pour illustrer ces faits, voici quelques exemples qui honorent la mémoire des morts et des blessés. D’abord le lieutenant-colonel Driant, qui va résister au premier choc à la tête des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied. Voici un député cohérent, droit dans ses guêtres, qui a mis ses convictions au service de son pays. Il avait quitté les bancs de l’Assemblée nationale pour rejoindre les soldats au fond des tranchées boueuses. Il va y laisser sa vie, mais grâce à la détermination de ses hommes et malgré leur sous-effectif, ce sacrifice permettra de gagner de précieuses heures pour faire monter en ligne les renforts français.

Ensuite, des aumôniers brancardiers dont on ne parle pas souvent. Leur rôle est d’aller chercher les blessés entre les premières lignes, l’endroit le plus dangereux. C’est le cas du jésuite Paul Doncoeur, qui sauvera de nombreuses vies par son abnégation ; après la guerre, il exigera de la IIIe République que l’on reconnaisse le sang versé des catholiques. Regardons aussi le père Daniel Brottier, aumônier catholique, protégé par sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus et qui donnera une nouvelle vie aux apprentis orphelins d’Auteuil.

Enfin, pensons aux soldats. Le sous-lieutenant Adrien Henry, convalescent de trois blessures en Champagne, avancera son retour au 361e régiment d’infanterie pour participer aux contre-attaques sur les flancs de Douaumont, du côté de la carrière d’Haudromont. Il sera enterré vivant suite à la percussion d’un obus de 77 tombé sur la sape. Il s’en sortira puis sera blessé gravement à une jambe et fait prisonnier un soir du mois de mai. Il s’évadera et repassera de nuit au travers des lignes avec une jambe sous attelle, au prix de fatigue, de soif et de peur, pour continuer le combat dans sa Lorraine natale. Quant à son ami d’enfance, l’adjudant Tronville, il sera mitraillé sur les barbelés en sortant des tranchées, alors qu’il encourageait ses hommes en s’écriant « En avant ! En avant ! » Son nom est sur le monument aux morts de son village, Lacroix-sur-Meuse.

Aujourd’hui, que nous disent ces hommes ? Courage, abnégation, sens du devoir pour leur patrie. L’Histoire de France a ses grands moments, ses victoires gagnées dans la douleur, ses héros méconnus. On peut en être fiers aujourd’hui.

Frédéric Henry

Source : http://www.bvoltaire.fr

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