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Le blog politique de Thomas JOLY

Corse : la leçon du professeur Talamoni (par Yannik Chauvin)

20 Janvier 2016, 06:43am

Publié par Thomas Joly

C’est un facétieux, Jean-Guy Talamoni. Enfin… un facétieux sérieux, pas un adepte des petites blagounettes. Il vient d’être élu président de l’Assemblée de Corse lors des dernières élections territoriales et partage le pouvoir avec son ami Gilles Simeoni, président du conseil exécutif de Corse. Tous deux sont indépendantistes et ont largement annoncé la couleur avant les 6 et 13 décembre 2015. Pendant que Gilles prête serment, en Corse, sur la Bible des indépendantistes, c’est en Corse que Jean-Guy prononce son premier discours au perchoir de l’Assemblée d’Ajaccio. Un discours d’indépendantiste. Mais, à quoi d’autre les continentaux devaient-ils donc s’attendre ? Il a dit ses vérités : « La Corse appartient à tous les Corses », « En votant pour les nationalistes, le peuple corse a dit que la Corse n’était pas un morceau d’un autre pays, mais une nation, avec sa langue, sa culture, sa tradition politique, sa manière d’être au monde. » On aimerait entendre parler de la France dans les mêmes termes.

Aussitôt, le gouvernement monte au créneau. D’abord l’impayable Le Foll qui, le toupet frémissant d’indignation, déclare : « Je suis tolérant à condition que la République soit respectée. » Mais, mon pauvre biquet, est-elle respectée, ta République, dans les quartiers nord de Marseille ou les zones de non-droit des alentours de Paris ? Est-elle respectée lorsque tu laisses entrer des centaines de milliers d’illégaux pendant que, dans le même temps, des centaines de délinquants sont relâchés par ta justice trouée ? Est-elle respectée lorsque les profs, les pompiers, les flics, l’autorité, jusqu’aux médecins des hôpitaux, est bafouée sans cesse et partout ? Est-elle respectée lorsque tu secrètes six millions de chômeurs et bousilles volontairement l’instruction de la jeunesse ?

Et Le Foll de continuer : « 60 % des Corses n’ont pas voté pour les nationalistes. » Bravo ! Il vient de comprendre. Mon cher Stéphane, cela s’appelle la démocratie : au second tour, vois-tu, celui qui a ramassé le plus de voix l’emporte. Pas dur à comprendre, non ? Illustration : au 2e tour des régionales, les listes d’union de la gauche ont ramassé 29 % des exprimés ; donc, 71 % des exprimés n’ont pas voté socialiste ! CQFD. Tu piges ?

Et Valls de s’emporter : « Il y a des lignes rouges à ne pas dépasser. » Oui ! Celles de l’énumération ci-dessus.

Évidemment, ils sont surpris, les socialistes ! Pour être élu, Hollande a tenu un discours de gauche – « J’aime pas les riches », « Mon ennemi, c’est la finance » – et, une fois en poste, il fait l’exact contraire. Alors, avoir en face d’eux quelqu’un qui fait ce qu’il dit, c’est nouveau : ils n’ont pas l’habitude, faut leur laisser un peu de temps…

Et pendant ce temps-là, Talamoni se marre et, juste avant de rencontrer le Premier ministre, en rajoute une couche : « La France est un pays ami. » Voilà qui devrait plaire à Valls, lui qui chouchoute, au sein de son gouvernement, une indépendantiste guyanaise affichée qui, elle, n’a jamais eu pour « sa » métropole les propos aimables du président corse. Valls peut-il, à la fois, faire des bisous à Taubira et tancer Talamoni ? C’est un truc à attraper le torticolis.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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