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Le blog politique de Thomas JOLY

Corse : Gilles Siméoni, fils d’une mère juive polonaise, défenseur d’un « autonomisme antiraciste »

5 Janvier 2016, 06:14am

Publié par Thomas Joly

La Corse a été le théâtre de deux événements majeurs en moins de deux semaines. D’abord la victoire d’une alliance entre nationalistes, incarnés par Jean-Guy Talamoni, et les autonomistes de gauche représentés par Gilles Siméoni, maire de Bastia. Ensuite, la révolte contre les déprédations des immigrés musulmans contre l’ordre social.

Un nationalisme corse « revu et corrigé »

Gilles Siméoni est le fils du chef historique du mouvement national corse : Edmond Siméoni. Figure de la lutte radicale, Gilles Siméoni s’en est émancipé pour adopter une approche électoraliste, orienté vers le centre-gauche. Le « modérantisme » du maire de Bastia a réussi a offrir à la sensibilité nationaliste – dans son versant autonomiste et réformiste – l’accès à des rôles politiques de premier plan.

Malgré la victoire récente de l’alliance entre autonomistes et indépendantistes aux dernières élections régionales, les représailles menées contre une mosquée clandestine d’Ajaccio ont révélé les incohérences des organisations nationalistes corses. Alors que la base militante nationaliste, notamment la jeunesse corse, est largement consciente des menaces induites par la colonisation de peuplement islamique, les élus de l’assemblée régionale se sont distingués par un discours antiraciste similaire à celui de élites politiques françaises.

Sur Europe 1, 4 jours après la révolte d’Ajaccio, le président de la région déclarait : « Le nationalisme peut faire peur mais il faut savoir que le nationalisme corse est aux antipodes de tous les phénomènes de racisme, de xénophobie et d’exclusion. Le peuple corse est un peuple ouvert, généreux et accueillant. Depuis des siècles, les femmes et les hommes de l’île, peu importe leur religion, leur couleur de peau ou leurs origines se sont intégrés. Et il faut que cela continue ainsi. »

Peu importe donc que jamais, durant les siècles passés, la Corse – comme le reste de l’Europe – n’ait eu à affronter d’un phénomène de remplacement rapide et général de sa population, Gilles Siméoni préférait accuser la population révoltée de tous les maux.

En plaçant le « nationalisme corse » aux antipodes du « racisme » et en en faisant une sorte de civisme à la française, Gilles Siméoni dénature un nationalisme ethnique qui n’a jamais été antiraciste.

Les origines plurielles de Gilles Siméoni

Pourquoi Gilles Siméoni a t-il fait de cette dénaturation du nationalisme corse un élément de base de son discours, lui le premier représentant de l’exécutif de l’île ?

Le journal Corse Matin donnait un détail sur sa biographie (lire ici) qui permet de comprendre l’approche multiculturaliste de l’intéressé : « Pourtant, à la maison, Gilles et son frère Marc filent droit. Sa mère, Lucie, issue d’une famille juive polonaise, veille à une éducation stricte, remplie d’amour et d’exigence. »

On peut donc méditer une nouvelle fois sur les déclarations de l’intéressé : « Le peuple corse est un peuple ouvert, généreux et accueillant. Depuis des siècles, les femmes et les hommes de l’île, peu importe leur religion, leur couleur de peau ou leurs origines se sont intégrés. Et il faut que cela continue ainsi. »

Source : http://breizatao.com

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