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Le blog politique de Thomas JOLY

Le « vivre ensemble » : slogan du nouveau totalitarisme (par Boris Le Lay)

31 Décembre 2015, 14:07pm

Publié par Thomas Joly

C’est un des slogans les plus martelés par la caste politico-médiatique dominante, au point d’être devenu le vade-mecum de la pensée unique. Il s’agit de la défense et la promotion – en plus de la mise en œuvre – du “vivre ensemble”. Mais quelle est sa nature véritable ?

Deux mots, trois mensonges

L’auteur de ses lignes rappellera qu’il a été condamné à 6 mois de prison ferme par une vice-procureur de souche africaine au motif qu’il aurait commis un “appel à la violence contre ce que l’on partage le mieux, le vivre ensemble”. On soulignera au passage que la pauvre femme ne semble guère maîtriser la langue française puisqu’elle éprouve visiblement des difficultés à penser l’abstraction : un “appel à la violence” contre un concept, ici “le vivre ensemble”, n’a absolument aucun sens.

Porter atteinte à ce mystérieux “vivre ensemble” relève donc du crime de pensée et mène à la prison. Quelle est donc cette idole jalouse et colérique qui ne souffre pas qu’on ne se prosterne pas devant elle ?

Comme toutes les formules de nature terroriste, le terme “vivre ensemble” vise à abolir une réalité pour lui substituer un nouvel ordre de choses radicalement opposé.

Ce qui frappe c’est d’abord la banalité de la formule : “vivre ensemble”. Il est d’ailleurs devenu un nom, donc un objet, en lieu et place d’une action. On parle de défendre “le” vivre ensemble et non pas effectivement “de” vivre ensemble. Cette transformation peut sembler anodine mais traduit une fétichisation de ce que cette expression désigne, c’est-à-dire un objet censé concentrer sur lui les désirs désignés comme seuls légitimes par l’État.

Une série infinie de déclinaisons en découle. Dans l’Hexagone, “Rire ensemble contre le racisme” est un des théâtres de la pensée unique se mettant en scène – comme jadis en URSS et dans les démocraties populaires – lors de spectacles soutenus par l’État.

Le propre de la pensée collectiviste est sa dimension grégaire et archaïque, qui vise précisément à abolir l’individu, et par voie de conséquence la divergence et la critique. La dimension incroyablement primitive du terme “vivre ensemble” traduit cette régression.

Peu importe donc ce que nous faisons ou qui nous sommes – sans parler de nos aspirations profondes – nous sommes sommés par l’État de tout faire “ensemble”. Ce qui importe n’est pas ce que nous faisons mais comment nous le faisons et avec qui. Cette réduction du corps social à lui même trahit l’utilitarisme qui le sous-tend. L’Etat veut des individus qui ne s’interroge pas sur leur identité propre et entend prévenir tout questionnement par la réduction des hommes à une masse privée de ses besoins d’accomplissement de soi.

En d’autres termes, les individus ne doivent plus se donner de but autre que de vivre, au sens physiologiquement du terme, et de laisser à l’État le soin de définir les buts supérieurs du corps social. “Vivre ensemble” suppose ici l’abolition volontaire de l’individu, de ses doutes, de ses aspirations particulières.

Mais quel est cet “ensemble” qui se veut volontairement flou mais qui cache à peine le projet recherché ?

D’abord cacher la vérité par l’euphémisme. Cet “ensemble”, c’est en réalité la masse hétérogène qui peuple l’Hexagone et qui n’est qu’un patchwork de races, d’ethnies, de groupes religieux, tous les plus exotiques les uns que les autres.

Ensuite prétendre à la neutralité alors qu’il s’agit de subjectivité radicale. S’il nous faut, selon l’État, “vivre ensemble”, c’est que l’expérience démontre que les pauvres diables que nous sommes ne le font pas. Ou plus exactement, ne le font pas selon l’état d’esprit que l’État a décrété comme juste. Le “vivre ensemble” ne décrit donc pas une simple réalité – des individus et groupes vivant effectivement ensemble dans un espace donné – mais désigne l’appel à une aspiration intérieure, au surplus obligatoire, de volonté de communion avec et entre les groupes précités. Le mot “ensemble” ne désigne pas “un” ensemble, en tant qu’objet, mais un appel à l’édification de cet ensemble, radicalement subjectif.

Enfin, présenter cette subjectivité radicale comme une réalité alors qu’elle n’en a aucune. Puisque cet ensemble n’en est pas un et que loin d’être la description neutre d’un objet le “vivre ensemble” est un projet politique, il nous faut convenir que ce qui est présenté comme une vérité d’évidence n’a aucune espèce d’existence.

Soulignons d’emblée la dimension ontologiquement mensongère du terme “vivre ensemble” : il refuse de nommer ce qu’il recherche,  se veut soi-disant neutre alors qu’il est un projet idéologique radical et enfin prétend décrire ce qui n’existe pas. Comme tout projet politique illégitime, c’est par l’ambiguïté et le mensonge qu’il est mise en oeuvre.

Première observation : le “vivre ensemble” tant vanté par l’État n’ayant aucune existence concrète, son édification justifie précisément qu’on le promeuve.

Largement décrit par le système dominant comme “naturel”, ce “vivre ensemble” n’existe tout simplement pas. Et l’État, parfaitement conscient de cette illégitimité, entend procéder par ruse et effraction, mais aussi par la violence.

Lire la suite : http://breizatao.com/2015/12/31/le-vivre-ensemble-slogan-du-nouveau-totalitarisme-par-boris-le-lay/

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