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Le blog politique de Thomas JOLY

Khiroun et Elkabbach sous les ors de l’Elysée (par Marie Delarue)

12 Novembre 2015, 06:18am

Publié par Thomas Joly

Khiroun et Elkabbach sous les ors de l’Elysée (par Marie Delarue)

Plus le singe monte haut, plus il montre son derrière. Voilà une évidence physiquement et anthropologiquement juste qui peut être déclinée en maintes circonstances. Ainsi un président de la République qui, la déconfiture venue, est prêt à grimper (sur) n’importe quoi et n’importe qui pour tenter de se faire réélire. Qu’importent alors les renoncements, les reniements et toutes ces choses en « ents » la fin justifiant dès lors tous les moyens.

C’est ce que fait François Hollande, raison pour laquelle il s’apprête à décorer jeudi 19 novembre, à 18h30 dans la salle des fêtes de l’Elysée, le dénommé Ramzi Khiroun.
L’ex conseiller en communication de DSK (figure marquante du groupe Euro RSCG avec les Fouks et autre Finchelstein) sera fait chevalier de la Légion d’honneur tandis que son très cher ami Jean-Pierre Elkabbach – celui-là même qui l’a introduit auprès du Président – en sera fait commandeur. Il y aura là 300 invités triés sur le volet, stars des médias, hommes d’affaires, anciens Premiers ministres (sont conviés Balladur, Juppé, Jospin, Fillon) ainsi que l’actuel, Manuel Valls, et une dizaine de membres de son gouvernement…

Certes, on sait depuis longtemps ce que vaut la Légion d’honneur, chaque jour davantage démonétisée, et l’on n’imagine pas qu’Elkabbach grimpe dans les échelons en raison de son objectivité, encore moins de son amabilité avec ceux qu’il interroge, sauf quand il s’agit du Président en direct de Pékin.

Ramzi Khiroun, donc. Le « môme de Sarcelles », comme l’appelait la presse, fut l’homme à tout (vraiment tout) faire pour Dominique Strauss-Kahn, cela jusqu’à l’affaire du Sofitel, avant de devenir celui de l’héritier Lagardère. L’intérêt de Khiroun ? Il aurait, dit-on, le plus riche carnet d’adresses de tout Paris, un carnet dont Hollande a bien besoin pour sa petite entreprise. Il se dit que c’est le Président soi-même qui a « demandé » la Légion d’honneur pour ce quadra qu’il jugeait naguère très sulfureux pour ne pas dire plus, s’inquiétant même de ce que la presse ne s’intéresse pas de suffisamment près au bonhomme. C’était l’époque où DSK, sortant de la Porsche dudit Khiroun, faisait figure d’adversaire redoutable et redouté.

En fait, ce sont les ministres qui proposent leurs candidats, mais personne ne voulait se voir imposer celui-là. Le service politique de RTL assure que Ramzi Khiroun « étant très controversé, les ministres se sont refilé le mistigri ». Bercy a fermement refusé de le prendre sur son contingent de décorés, alors on l’a refilé à la cloche de service : Fleur Pellerin. Il a ensuite fallu qu’un mémoire soit rédigé par le ministère pour « justifier les mérites éminents rendus à la nation ». Services culturels, cela va de soi… Curieusement, ledit mémoire n’est pas consultable. Il ne le sera que cinquante ans après la mort du récipiendaire !

Le but de la manœuvre, les raisons de cette scandaleuse bouffonnerie ? Servir la cuisine électorale d’un François Hollande à la ramasse, prêt à toutes les bassesses et les reniements pour racler ce qui peut l’être. Il veut montrer à ses ouailles – au peu qui lui reste – qu’il « rassemble », y compris les ex strauss-kahniens.

Une fois de plus, nous sommes cocus et nous devons payer l’hôtel. Sans oublier le champagne et les petits fours.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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