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Le blog politique de Thomas JOLY

Valls… ou le Bourgeois de Calais (par Yannik Chauvin)

26 Octobre 2015, 09:45am

Publié par Thomas Joly

Déclaration tonitruante de Manuel Valls, ce week-end, lors d’un débat organisé par Le Monde. On se frotte les oreilles pour y croire. Qu’a-t-il dit de si surprenant, le fringant et ténébreux Premier ministre ? Il a dit qu’avant lui, la politique menée avait été catastrophique, que les classes moyennes avaient été bêtement et cruellement assommées par une fiscalité foldingue, que les socialistes – et, avant eux, les sarkomaniaques – avaient dégainé et défouraillé sans nuance aucune, que cette politique avait fait des dégâts considérables et avait mis les Français très en colère, que, si c’était à refaire, au grand jamais, il ne se risquerait à ces imbécillités. Bref, il a dit que la politique de Monsieur Hollande a été et continue d’être, tout simplement désastreuse pour le pays.

Monsieur Valls est, je crois, Premier ministre de la France depuis 19 mois. À ce titre, et conformément à la Constitution, article 21, il « dirige l’action du Gouvernement », lequel, selon l’article 20, « détermine et conduit la politique de la Nation ». Dans ces conditions, impossible de se défiler, de s’exonérer de ce qui a été décidé depuis bientôt deux ans dans tous ces domaines qui exaspèrent tant les Français : impôts, bien sûr, mais également chômage, sécurité, justice, immigration, école, famille, politique étrangère, et d’autres.

« Faute avouée est à moitié pardonnée ! », dit l’adage. Je ne suis pas certain qu’il faille, en l’espèce, se contenter de cette fadaise, car le contribuable pressuré ne sera jamais « à moitié remboursé » et les socialistes cocus, jamais « à moitié revirginisés ».

Un autre adage dit qu’il ne faut pas cracher dans la soupe que l’on boit. C’est bien beau de venir, la main sur le cœur, raconter que le gouvernement a tout faux, mais en ce cas, le programme minimum consiste à tirer sa révérence, quitter ce groupe dont on dénonce l’incompétence, reprendre sa liberté d’un parti dont on avoue qu’il mène au gouffre et refuser de cautionner quoi que ce soit provenant de ces malfaisants, y compris le budget 2016 dont l’encre n’est pas encore sèche, mais qui ne prévoit aucune des mesures que M. Valls appelle de ses vœux. Le problème, c’est que le dénonciateur, le pourfendeur, le détracteur, est en même temps le meneur de jeu. On imagine l’embarras de Manuel Valls, coincé entre les ors confortables de la République et les rigueurs solitaires de la conscience morale.

On comprend aussi qu’il a fait son choix puisqu’il est toujours en poste. On comprend également que, agacé d’être doublé sur sa droite par son sémillant ministre de l’Économie, des Autocars et des Ouvertures dominicales, il tienne, devant une gauche éberluée, hébétée, des propos que la droite la plus réactionnaire ne démentirait pas. On comprend enfin que, pour ne pas voir dans ces vraies fausses confidences sous forme d’aveu de ce « bourgeois de Calais » bidon, à quelques semaines des régionales, une épaisse et peu ragoutante manœuvre politicienne de racolage électoral, il faut être aveugle.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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