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Le blog politique de Thomas JOLY

Mur des cons : Françoise Martres renvoyée devant le tribunal correctionnel (par François Teutsch)

1 Octobre 2015, 05:34am

Publié par Thomas Joly

Si on ne craignait, à Boulevard Voltaire, encourir des poursuites pour « injure publique », on dirait qu’elle a la tête de l’emploi. Mais, pour s’en tenir à une appréciation insusceptible de qualification pénale, admettons que Françoise Martres n’a pas une tête sympathique. Elle n’y peut rien, nous non plus. Est-ce de savoir qu’elle préside le Syndicat de la magistrature, grâce auquel la gauche pénètre profondément l’institution judiciaire ? À moins que l’inexistence de son sourire inspire naturellement un sentiment de malaise : chez ces gens-là, on se prend souvent au sérieux. D’où la moue.

Françoise Martres préside donc ce relais du PS – dont elle est membre – depuis la fin 2012. Au printemps 2013, Atlantico révélait l’existence, dans les locaux du syndicat, d’un « mur des cons » découvert par le journaliste Clément Weill-Raynal à l’occasion d’un reportage, mur qu’il a filmé avec son téléphone portable à l’insu des responsables syndicaux. Accueillie par un tollé, l’annonce a gêné Christiane Taubira, garde des Sceaux, bien obligée de saisir le Conseil supérieur de la magistrature à l’encontre de ses amis, pour un « mur des cons » qu’elle aurait sans doute apprécié d’orner elle-même d’une ou deux photos. Service minimum, donc.

Dans sa délicatesse, le syndicat-militant-pour-l’indépendance-de-la-justice avait placé au milieu de ses « cons » préférés – Sarkozy, Hortefeux, Ménard, Guéant, Ferry, Thréard, Morano et bien d’autres – le visage du général Schmitt, dont la fille Anne-Lorraine a perdu la vie en 2007 sous le couteau d’un violeur récidiviste. Or, Schmitt n’a cessé de dénoncer, avec une dignité rare, la remise en liberté de celui qui deviendrait quelques semaines plus tard l’assassin de sa fille. Remise en liberté, en vertu d’une loi de « réinsertion » ou autre « probation », décidée par un juge qui, au lieu de voir la réalité, a tranché en fonction de son idéologie « humaniste ». Insupportable pour des juges de gauche. Cela méritait bien une petite entorse – humoristique, sans doute – au devoir d’impartialité et de neutralité auquel ils sont astreints.

Si cela n’avait tenu qu’à elle, Christiane Taubira, qu’on sait si chatouilleuse lorsqu’il s’agit d’ordonner des poursuites à l’encontre de ceux qui lèsent sa majesté ministérielle en la comparant à un singe, aurait laissé tomber. On ne va quand même pas poursuivre les camarades, non mais ! Surtout quand ils appliquent si fidèlement, mais en toute indépendance, les instructions de la chancellerie. Mais, plainte ayant été déposée, un juge d’instruction a été nommé. Et, hasard sans doute du tour de garde, il semble s’agir d’un juge non affilié. Voilà comment Françoise Martres, conseiller à la cour d’appel d’Angers, s’est retrouvée dans le bureau d’un collègue pour injure publique.

La liberté syndicale, on le sait, est un principe tellement absolu que l’idée même d’une poursuite à l’encontre de cette dame a choqué tout ce que la gauche compte de cœurs généreux. Elle-même n’en est pas revenue. C’est sans doute pour cela qu’à la question des juges de savoir qui avait affiché les photos, elle a hautainement répliqué : « Je n’ai pas à vous répondre, vous n’avez qu’à chercher vous-mêmes. »

Françoise Martres se croyait protégée par son statut, et par son appartenance politique. Elle vient d’être renvoyée devant le tribunal correctionnel de Paris. Avec un peu de chance, et quelques instructions bien placées, elle bénéficiera de la mansuétude de camarades de syndicat. Puisque la justice est indépendante, il n’est pas question de composer le tribunal de magistrats non syndiqués. Ce serait, mais vous le savez déjà, une discrimination fondée sur les opinions politiques ou syndicales, réelles ou supposées. En bref, un délit.

Courage, Madame Martres. Le parquet requerra une relaxe. Et il y a fort à parier que vous serez promue. Par une justice indépendante et impartiale.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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