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Le blog politique de Thomas JOLY

Comment le tabou de l’immigration pèse sur la croissance économique (par Christophe Servan)

14 Octobre 2015, 05:20am

Publié par Thomas Joly

La gauche ferait une politique économique de droite, les libéraux prétendent toujours que la droite n’en fait pas assez pour les entreprises et le Front national veut faire une politique de gauche. Difficile de s’y retrouver, alors laissons un peu ces querelles politiciennes et voyons de quelle politique économique la France a aujourd’hui réellement besoin.

L’examen clinique fait consensus : chômage élevé, croissance en berne, double déficit interne (dépenses publiques) et externe (échanges avec l’extérieur). C’est sur le diagnostic et le traitement que les esprits divergent. Pour l’extrême gauche, le mal, c’est la faiblesse du pouvoir d’achat. Pour le gouvernement et la droite, le mal, c’est la faiblesse de la compétitivité des entreprises. Pour le Front national, c’est le carcan de l’Union européenne. Qui a raison ? L’extrême gauche apporte une réponse idéologique mais totalement déconnectée de la réalité. Augmenter les salaires plomberait encore davantage le budget de l’État ainsi que les marges des entreprises : le coup de grâce pour nos exportateurs, donc pour l’emploi, sans garantie sur la consommation des ménages, comme le prouve l’impact quasi nul de la baisse du prix de l’énergie ces derniers mois. La droite et le gouvernement ont l’un et l’autre à la fois tort et raison. Raison de pointer du doigt la faiblesse des marges des entreprises, mais tort de ne pas remettre en cause les contraintes de l’Union européenne et, surtout, le tabou de l’immigration (intra et extra-européenne).

Dans l’absolu, la France a en effet besoin d’une baisse spectaculaire des impôts qui pèsent sur les entreprises, d’une (moindre) baisse de la fiscalité sur les particuliers, tout en parvenant à réduire le déficit de l’État. Cela ressemble à la quadrature du cercle, et puis Bruxelles impose une réduction immédiate des déficits publics. Mais le véritable obstacle est ailleurs : c’est l’incapacité idéologique des responsables économiques à concevoir qu’en France, en 2015, contrairement au XIXe siècle, l’immigration, loin de contribuer à la croissance, puisse bien au contraire la brider.

Ce lien entre immigration et croissance a fait l’objet de nombreuses études, et dans l’immense majorité des cas (mais pas tous), la conclusion est la même. Sauf que ces études ne sont ni exhaustives ni objectives et il n’y a pas de quoi s’en étonner. Généralement rémunérés directement ou indirectement par l’État, on voit mal en effet comment ces « experts » pourraient publier des travaux qui ne viendraient pas corroborer a posteriori une vérité admise à l’avance par toute la classe politique. Un exemple classique d’erreur de méthodologie (ou tromperie) : le raisonnement en termes de soldes au lieu de flux, ce qui revient entre autres effets pervers à escamoter le fait que les immigrés toucheront eux aussi une retraite dans le futur.

Les Français savent-ils que depuis un arrêt de la Cour de justice européenne, en novembre 2014, les États membres de l’Union ne sont plus forcément tenus de verser des prestations sociales à des immigrés communautaires ? A fortiori les immigrés extra-communautaires, serait-on tenté de penser. Le lecteur a, je pense, parfaitement compris. Réduire drastiquement les dépenses de l’État est une simple question de volonté politique et le choix, parmi ces dépenses, s’impose comme une évidence.

Petite anecdote : le lendemain de cette décision, on pouvait lire dans Le Figaro un article avec cette phrase qui résume tout : « La France, contrairement à d’autres pays européens, ne refuse pas ses aides au motif que les bénéficiaires pratiqueraient du tourisme social. »

Source : http://www.bvoltaire.fr

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