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Le blog politique de Thomas JOLY

À quand un Tribunal pénal international pour les crimes de guerre américains ? (par Nikola Mirkovic)

17 Octobre 2015, 08:52am

Publié par Thomas Joly

À Koundouz en Afghanistan, la semaine dernière, les missiles américains ont pulvérisé un hôpital de Médecins sans Frontières, tuant 22 personnes et en blessant 37 autres, laissant derrière eux une scène macabre de désolation et de terreur. Si les talibans avaient attaqué cet hôpital, même par erreur, nous aurions tous parlé d’une attaque terroriste mais, s’agissant de nos amis de Washington, nous employons le terme plus feutré de « dommage collatéral ».

Ça commence à faire beaucoup d’erreurs de tir pour nos amis d’outre-Atlantique et lorsqu’on s’arrête quelques instants pour faire le calcul macabre du nombre de « dommages collatéraux » et de civils tués par les États-Unis d’Amérique (USA) ces dernières décennies, on a rapidement le vertige. En 1988, Washington abat un avion de ligne iranien, tuant 290 personnes dont 66 enfants. En 1991, les USA bombardent un abri anti-aérien, tuant 408 civils à Bagdad en Irak. En Serbie, en 1999, l’aviation américaine atomise un train de voyageurs, tuant 14 civils à Grdelica. Deux semaines plus tard, les avions de l’OTAN bombarderont délibérément l’immeuble de la Radio Télévision serbe, assassinant 16 journalistes dont le seul crime était de donner une autre version de la guerre que celle donnée par CNN et l’administration Clinton. Ce n’est pas la dernière fois que l’armée américaine réduira au silence des journalistes : les bureaux d’Al Jazeera seront soufflés à Kaboul en 2001 et ceux de Bagdad en 2003. Cette liste ne constitue, hélas, qu’un petit échantillon des horreurs commises par l’armée américaine dans le monde.

Comment l’armée de « la plus grande démocratie » du monde peut-elle avoir aussi peu de considération pour les civils qu’elle est censée libérer ? Peut-être devrions-nous admettre, une fois pour toutes, que cette considération n’existe tout simplement pas, que c’est une invention hollywoodienne et que les guerres américaines n’ont rien à voir avec la démocratie mais qu’elles ont tout à voir avec la défense de leurs seuls intérêts économiques et l’accaparement de matières premières dans le monde, quel qu’en soit le prix.

Car ces dommages collatéraux américains, qu’ils soient intentionnels ou pas, sont des infractions graves aux Conventions de Genève et constituent des violations des lois et coutumes applicables aux conflits armés internationaux dans le cadre établi du droit international. Ils tombent très clairement sous l’appellation de crimes de guerre. C’est clair, net et sans ambiguïté.

Washington est malin. Les USA ont signé la Convention de Rome mais ne l’ont pas ratifiée, ce qui leur évite d’être jugés pour crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI)… pour l’instant. Mais CPI ou pas, le vent est en train de tourner et le gendarme du monde a de plus en plus de mal à se faire passer pour un bon samaritain. Il n’est pas dit qu’il puisse continuer à éviter un tribunal ad vitam æternam, compte tenu du contexte.

Il faut donc poursuivre l’œuvre de dénonciation des crimes de guerre de l’armée américaine. C’est dans notre intérêt et dans celui du peuple américain lui-même. Avouez qu’un président des USA, prix Nobel de la paix de surcroît, qui bombarde l’hôpital d’une association humanitaire, c’est une pilule un peu trop grosse à avaler et une mascarade avec laquelle nous ne voulons plus vivre.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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