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Le blog politique de Thomas JOLY

Un évêque français au cœur de l’enfer syrien (par Charlotte d'Ornellas)

7 Septembre 2015, 05:08am

Publié par Thomas Joly

Quatre ans et demi après le début de la guerre syrienne, Monseigneur Dominique Rey, évêque du diocèse de Fréjus-Toulon, était le premier évêque français à se rendre auprès des communautés chrétiennes éprouvées pour leur « dire en face le soutien et la communion de prière des chrétiens Français ».

C’est dans l’archéparchie de Homs que l’évêque s’est rendu pendant deux jours, avant de passer quelques heures dans le village majoritairement chrétien de Maaloula, occupé par les islamistes pendant huit mois avant d’être libéré en avril 2014.
Au terme de son voyage, monseigneur Rey a promis de ne pas oublier les Syriens : dans trois mois, c’est l’archevêque grec-catholique de Homs, Monseigneur Jean-Abdo Arbach, qui se rendra à Toulon pour acter le jumelage des deux diocèses : « le but est d’apporter un soutien humain, spirituel mais également concret en soutenant ceux qui oeuvrent déjà sur place », explique-t-il.

C’est grâce à l’aide de l’association française SOS Chrétiens d’Orient que l’évêque a pu se rendre en Syrie, découvrir lui-même les séquelles d’une guerre dramatique. « J’ai constaté de manière sensible le martyre de la pierre et de la chair chez les chrétiens mais également dans le reste du peuple syrien : j’ai pu voir des immeubles effondrés sur un passé, une mémoire et une fraternité qui existaient réellement », confie Monseigneur Rey à son retour en France, avant d’ajouter : « ce peuple est un peuple crucifié, auquel nous sommes liés par l’Histoire, la mémoire collective mais également spirituelle, et nous ne pouvons rester indifférent ».

A Qousayr ou à Rableh, Monseigneur Rey a pu découvrir des villages presqu’entièrement détruits dans lesquels quelques familles commencent à revenir, après avoir fui les combats. Tout est à reconstruire. A quelques kilomètres, dans la ville de Homs qui reprend vie depuis sa libération, en 2013, l’évêque a pu rencontrer les différentes communautés chrétiennes qui ont choisi de rester.
Ce sont eux qu’il venait voir et soutenir : « Nous avons accueilli des familles irakiennes et syriennes en France, mais je suis venu ici apporter mon soutien à ceux qui ont l’immense courage de rester ».
« Vous êtes l’œil et le témoin de la situation en Syrie. Transmettez ce message de paix en France : nous n’avons qu’un souhait, que la Syrie retrouve son visage humain », ont répondu les personnes qu’il rencontrait, et qui confient régulièrement leur amertume vis à vis de la politique menée par le gouvernement français dans le pays.
Dans chaque village visité, ce sont les enfants qui ont accueilli l’évêque en chantant leur fierté chrétienne et leur désir de paix. « Au milieu de cet enfer, c’est malgré tout la foi qui fait tenir debout des communautés admirables de courage. La foi des chrétiens et celle des religieux qui se battent pour conserver une présence chrétienne dans le paix malgré la peur d’un avenir incertain », se souvient encore Monseigneur Rey.

A Maaloula, il a rencontré les sœurs et le père de l’un des trois jeunes hommes assassinés parce qu’ils refusaient de se convertir à l’islam. Les djihadistes les ont fait sortir de la maison en leur promettant la vie sauve, avant de les abattre un à un parce qu’ils avaient choisi de rester chrétiens. Le silence et la prière ont accompagné le récit secoué de larmes de la jeune sœur d’Antoine, l’un de ces martyrs.

« Leur fidélité est un message de foi pour nous… Qu’avons-nous fait de notre foi amollie ? », interroge l’évêque à son retour en France.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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