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Le blog politique de Thomas JOLY

Quotidien des urgentistes : stéthoscope et nunchaku (par Richard Hanlet)

21 Septembre 2015, 05:21am

Publié par Thomas Joly

Il n’y a pas que la porcelaine que l’on casse à Limoges. Il y a aussi les voitures de SOS Médecins. Et des praticiens qui se font dépouiller. Ils viennent donc d’aviser les autorités qu’ils n’interviendraient plus dans le quartier de La Bastide, à moins d’y être accompagnés par des policiers. Et comme ceux-ci ont généralement pour consignes « d’éviter les provocations », il ne faudra pas être cardiaque dans ce coin-là !

C’est une fatalité déjà ancienne que cette violence anti-sanitaire chez les… Limougeauds, puisque c’est après une agression au service des urgences en 1997 que le docteur Grouille, praticien du centre hospitalier local, décidait de mettre à profit ses nombreuses années passées sur les tatamis. Assisté de François Smolis, infirmier et professeur de karaté, il conçoit une méthode inédite, la « Grouille-Smolis », pour apprendre non seulement à gérer les conflits (dans un premier temps) mais aussi à s’impliquer physiquement lorsqu’on n’a pas réussi à éviter les provocations. Si elle ne fait pas encore partie du cursus obligatoire des études de médecine ou d’infirmier, la méthode – ou ses variantes – est enseignée désormais dans les hôpitaux de Brest, Béthune, Haguenau, Ajaccio, Marseille… Un peu d’exotisme à Tourcoing, où c’est une formation au krav maga que l’ensemble des membres des urgences hospitalières a suivi. Quant à la société Scope Santé Sécurité, elle propose des cours d’autodéfense spécifiquement conçus pour le milieu hospitalier.

Tout cela sans oublier le recours aux caméras, agents de sécurité et maîtres-chiens, qui sont aujourd’hui le décor familier des urgences à la française. Les médecins de ville ne sont évidemment pas épargnés. Dans leurs cabinets d’abord, lorsque des demandes abusives d’arrêts de travail ou de certificats s’appuient sur la présence de deux cousins bodybuildés. Comme disait Michel Audiard : « Quand les types d’un mètre quatre-vingt-dix disent certaines choses, les types d’un mètre soixante les écoutent… » Dans certains quartiers et même de jour, les visites à domicile sont devenues une activité à haut risque.

Alors, toujours pour éviter les provocations, Mantes-la-Jolie a fait preuve d’une belle inventivité : au Val-Fourré, deux enfants du pays, Khalid Balfoul et Majid Eddaikhane, se font désormais une joie d’escorter les médecins in partibus infidelium. La municipalité, le conseil général et l’agence régionale de santé se sont unis pour financer ces sympathiques Casques bleus.

Les policiers ? Vous les trouverez sur la D113, au point kilométrique 59, derrière un radar Mesta 210.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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