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Le blog politique de Thomas JOLY

Journée du « refus de l’échec scolaire » : de qui se moque-t-on ? (par Marie Delarue)

24 Septembre 2015, 05:04am

Publié par Thomas Joly

Perdue entre les 127 Journées internationales et les 47 Journées nationales consacrées aussi bien à la « tolérance zéro contre les mutilations sexuelles féminines » que « le bonheur », « la poésie », la « réflexion sur le génocide au Rwanda » ou encore « l’élimination de la fistule obstétricale » (véridique), ce mercredi 23 septembre était la « Journée du refus de l’échec scolaire » (JRES). Sujet aigu, s’il en est, dans la France d’aujourd’hui.

Passons sur l’aspect incantatoire de la chose autant que sur le fait qu’on ne voit guère qui pourrait bien être « pour » l’échec scolaire, et penchons-nous sur le contenu.

Organisée pour la 8e fois par l’AFEV (Association fondation étudiante pour la ville) avec le concours de tous les institutionnels et le parrainage du ministère de l’Éducation, cette journée est celle « où le regard du grand public se focalise sur la question de l’échec scolaire, ses causes et les solutions à y apporter ». Hélas, il faut croire, au vu des résultats chaque année plus catastrophiques, que les solutions ne sont pas exactement au rendez-vous… Il faut dire que la note d’intention est rédigée dans un charabia que ne renieraient pas nos amis qui planchent sur la réforme des programmes scolaires, et ceci explique sans doute cela.

« Cette journée a notamment permis de médiatiser la sortie chaque année des 150.000 jeunes sans diplômes et a permis de développer un certain nombre de plaidoyers (sic) : appel contre la notation à l’école élémentaire, pacte contre l’échec scolaire… », dit-on en préambule. On apprend plus loin que sera dévoilée une « étude exclusive sur le vécu des alliances éducatives ». Quant à savoir quels en sont les résultats au niveau du vécu de la dictée, par exemple, c’est un mystère. Mais là n’est évidemment pas l’essentiel.

Non, l’essentiel cette année, c’est la « co-éducation » qui, entrée « à partir des années 80 dans les textes (circulaires et lois) d’éducation, a représenté une réelle victoire dans le combat pour l’évolution de notre système scolaire originellement construit contre les parents et le territoire« . C’est moi qui souligne, car voilà dix fois au moins que je relis cette phrase : l’école des hussards de la République, celle de Charlemagne peut-être, « construite contre les parents et le territoire » ? Si quelqu’un veut bien m’éclairer…

Le but fort louable de ces « refusants » de l’échec scolaire est de « faire réussir les plus pauvres » : « Notre école, qui sait si bien faire réussir les meilleurs élèves, doit symboliquement et activement sceller des alliances avec les jeunes et les familles populaires. » »

On fera remarquer à ces braves gens que voilà bientôt cinquante ans que l’on prétend réformer l’école dans ce sens, et que les résultats obtenus sont exactement inverses. Dire que l’école « sait si bien faire réussir les meilleurs élèves » est un mensonge éhonté. C’est faux et archi-faux ! L’école d’aujourd’hui ne sait faire réussir que les élèves des milieux favorisés et prive les bons élèves des milieux modestes de toute réussite. La massification de l’enseignement a tué la méritocratie, et le mot même est devenu une obscénité synonyme de discrimination ! « Collège unique-collège inique », écrivait autrefois avec beaucoup de justesse un certain François Bayrou, cela avant de devenir, comme les autres, un ministre de l’Éducation couché devant la tyrannie des Meirieu et consorts.

Ce que pouvait l’instituteur d’autrefois – pousser ses bons élèves – est aujourd’hui interdit au professeur des écoles. Envoyer le fils de paysan ou de l’ouvrier de Stains à l’École normale, c’était possible hier ; dans un temps où le certificat d’études et le brevet supérieur avaient une autre valeur que les licences au rabais que le président Hollande envisage de distribuer à 65 % des lycéens, dont une forte proportion (après 15 ans de scolarité) n’est même pas capable de s’exprimer dans un français correct !

Monsieur Hollande, rappelons-le, dont l’une des premières mesures gouvernementales fut de supprimer les « internats d’excellence » destinés aux élèves méritants !

Source : http://www.bvoltaire.fr

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