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Le blog politique de Thomas JOLY

Fleur Pellerin joue au casino avec la redevance télé (par Aristide Leucate)

16 Septembre 2015, 05:07am

Publié par Thomas Joly

Clémenceau disait que la France était un pays étonnamment fertile. On y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts. Au-delà de cette aimable boutade, considérons que la créativité fiscale en France donne à l’observateur une certaine idée de l’infini. Soucieuse d’élargir les voies de financement de France Télévisions, le ministre de la Culture Fleur Pellerin a, finalement, jeté son dévolu sur la taxation des opérateurs téléphoniques.

Foin de réforme de la redevance, ni de rétablissement de la publicité après 20 heures, mais une tentative totalement impossible de résoudre la quadrature du cercle, 18 mois avant la présidentielle. Ainsi, au lieu de taxer les terminaux (ordinateurs, smartphones, tablettes) ou les accès à Internet (les box et autres modems), mesures frappant directement les usagers, le gouvernement a décidé de faire cracher ceux qui peuvent payer (les opérateurs), eu égard aux marges assez considérables qu’ils dégagent. Notons qu’Aurélie Filippetti, en juin 2012, envisageait déjà de telles pistes, avec une nette préférence pour la redevance étendue aux possesseurs d’ordinateurs.

Rappelons, à l’heure où le gouvernement recycle les idées (qu’il ne juge manifestement pas si mauvaises) de son prédécesseur (Hollande ayant même reconnu des mérites à la TVA sociale sarkozyste), que cette mesure avait été instaurée, en 2009, par François Fillon qui établit une taxe, dite Copé, sur le chiffre d’affaires des opérateurs de télécommunications. Ainsi, ce sont environ 250 millions d’euros qui rentrent annuellement dans les caisses de l’État, le locataire de la rue de Valois décidant d’augmenter cette manne de 1,2 %, soit 75 à 80 millions d’euros supplémentaires.

Évidemment, du côté d’Orange ou de Free, on pleurniche dur, ce dernier ayant l’honnêteté cynique d’avouer qu’il serait « naïf de penser que ce nouvel impôt ne soit pas in fine payé par le consommateur ». C’est en tout cas un acte de lâcheté de la part de l’État qui privatise, effectivement, une augmentation d’impôt des particuliers sans en assumer l’impopularité inhérente.

C’est aussi et surtout une indécente martingale à laquelle se livre un ministre sans scrupule, notamment pas celui du bien commun, puisque, comme le révèle Le Figaro Économie (13 septembre), après avoir décidé de conserver progressivement l’intégralité de la redevance (non affectée, contrairement à ce que son nom indiquerait, mais versée au budget général), en redistribuera 80 millions à la radio-télévision publique, marquant ainsi la future imposition d’une insincérité manifeste.

Où vont aller les 250 millions restants ? À vrai dire, la réponse n’a aucune importance. D’une part, cette somme est rendue dérisoire par l’endettement endémique d’un État ne parvenant à repousser l’échéance de la banqueroute définitive que par un jeu complexe et obscur d’écritures comptables masquant des emprunts à répétition souscrits sur des marchés financiers prédateurs. D’autre part, quelle est la légitimité d’une ponction publique servant à financer Big Brother, soit la plus grande entreprise d’abêtissement et de conditionnement des masses jamais créée ?

Source : http://www.bvoltaire.fr

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