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Le blog politique de Thomas JOLY

Au JT de TF1, tuer un ennemi à la guerre devient un assassinat

21 Septembre 2015, 05:06am

Publié par Thomas Joly

Chaque journée, les médias nous apportent surprises, déconvenues et suscitent la perplexité ou la colère.

Mardi soir 14 septembre, ce fut la colère… Alors que je regardais le journal de TF1, j’ai vraiment failli envoyer mon écran de télévision à travers la fenêtre de mon salon…

Au menu, la décision de la France d’intervenir militairement en Syrie par des « frappes » qui devraient nécessairement viser des Français enrôlés sous la bannière de l’État islamique. Gilles Bouleau recevait le chef du service étranger de la chaîne, Michel Scott. Ce dernier nous a livré un billet savant et moralisateur, imprégné de cette bien-pensance médiatique convenue.

Prenant le soin de ne pas manifester d’hostilité directe à l’égard de cette action à laquelle tout un chacun souscrit, il usa cependant de mots forts et violents, lourds de sous-entendus afin de commenter cette décision. Son propos consista, en fait, à discréditer ce que font les Britanniques et ce que va faire la France. La Grande-Bretagne tout d’abord, elle qui a déjà frappé, est accusée d’avoir commis des « assassinats » sur le théâtre syrien. Oui, vous avez bien lu : c’est-à-dire des crimes de droit commun. Ainsi, le Royaume-Uni n’aurait pas tué des terroristes dans le cadre d’une action de guerre. Il aurait commis des meurtres avec préméditation, constitutifs d’un crime au sens de notre droit. Et nous, la France, qui allons l’imiter, que programmons-nous selon notre idéologue de salon ? Des exécutions capitales, « des peines de mort préventives », mots employés par le journaliste. Rien de moins.

Voilà comment nos actions militaires légitimes sont commentées par le responsable du service étranger de l’une des premières chaînes d’information françaises, au moyen de qualifications juridiques inadaptées à un acte de guerre, leur donnant ainsi une connotation péjorative, antidémocatique, contraire à nos principes. Cet ancien grand reporter, fort de son aura et du haut de sa tribune, nous met a priori au ban du Tribunal international !

Au-delà de la monstruosité de ces affirmations péremptoires et sentencieuses, une pareille intervention à une heure de grande écoute, devant des milliers de téléspectateurs, est révélatrice de deux choses.

Nos médias sont infestés par une idéologie qui leur fait perdre le sens des mots et des réalités, qui les aveugle à un point tel qu’ils en viennent à dénaturer les faits au nom de principes érigés en règles à ce point absolues qu’ils doivent s’appliquer à tout, pour tous et dans n’importe quelle circonstance. Ils se croient autorisés à tout juger sans se rendre compte qu’à ce train-là, ils peuvent nous mettre dans l’impossibilité d’agir et nous exposent aux coups de l’adversaire sans pouvoir y répondre.

Pire : le fait que de telles interventions soient possibles et admises, y compris par le pouvoir politique pourtant ainsi indirectement attaqué, signifie qu’elles sont audibles, recevables et qu’elles sont en harmonie avec l’état d’esprit général et officiel de notre société. Le ver est bien dans le fruit. Nous condamnons ce que nous devons faire pour nous protéger. Dès lors, comment voulez-vous que nous sortions vainqueurs et indemnes de cette crise, sauf à ce que nous soyons capables de jeter très vite un vrai discrédit sur cette caste de prétentieux et irresponsables ?

Source : http://www.bvoltaire.fr

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