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Le blog politique de Thomas JOLY

Pas halal mais pas assez Aram, le professeur Rollin (par Aristide Leucate)

1 Août 2015, 16:14pm

Publié par Thomas Joly

Ça valse comme au bal popu dans la radio-télévision publique, en dépit des promesses anaphoriques du candidat Hollande. L’immobile de l’Élysée s’était, ainsi, engagé à ne jamais intervenir dans l’audiovisuel public, notamment dans la nomination des directeurs des chaînes de télévision publique (et de radio, par extension), ce qui impliquait, nécessairement, de ne pas se mêler non plus des embauches et emplois subséquents. Ceux qui y ont cru, ab initio, sont de coupables naïfs, tant le magistère intellectuel de la gauche – y compris sous la « droite » – sait se jouer de tous les mécanismes institutionnels qui garantiraient une saine étanchéité entre le pouvoir et les médias.

Après Olivier Poivre d’Arvor viré récemment de France Culture, c’est au tour de François Rollin d’être remercié de France Inter. Il y a peu, la télévision publique se débarrassait d’un Éric Zemmour (comme de son comparse Naulleau) et rétrécissait le format et la périodicité de l’émission de Frédéric Taddeï, « Ce soir (ou jamais !) » L’épuration journalistique n’avait pas non plus épargné, en son temps, Fabrice Le Quintrec qui connut le désert du placard pour avoir osé être… un journaliste en mentionnant des titres d’extrême droite (Brrr !) dans sa revue de presse quotidienne. « Honnête » ou « impartial » seraient des épithètes tautologiques, concernant sa conception du métier.

Et pourtant. Pour la bien-pensance, Présent, Minute ou Rivarol ne doivent pas être cités autrement qu’à charge. « Citer Présent ne me viendrait pas à l’esprit car c’est un journal d’opinion qui ne représente pas celle du grand public et, donc, de nos auditeurs », assène, péremptoire, le procureur Patrick Cohen qui, dans la lignée militante et hémiplégique de Pascale Clark et Nicolas Demorand, officie sur une matinale qui, depuis près de quinze ans, s’apparente au pire propagandisme d’États totalitaires de sinistre mémoire.

Exit, donc, François Rollin qui, depuis la rentrée 2014, animait chaque mardi à 8 h 55, dans la matinale de Patrick Cohen, un billet d’humeur plus ou moins drôle mais toujours divertissant car, somme toute, assez léger. Officiellement, la station, par la voix de sa directrice, Laurence Bloch, lui fait grief d’être « une triste copie de François Morel, en moins drôle et en moins bien », ses chroniques restant en deçà de « celles de Sophia Aram ou Nicole Ferroni ». Dans L’Obs (23 juillet), l’évincé se défend en décryptant les non-dits de ce congédiement : « Je ne suis pas l’homme de l’indignation sur commande, je ne vomis pas dès qu’on prononce le nom de Marine Le Pen, je ne dénonce pas à chaque seconde le harcèlement policier dans les banlieues, je n’agite pas à chaque instant le spectre de l’amalgame et de la stigmatisation… »

En d’autres termes, le professeur Rollin, bien qu’ancré à gauche mais populaire chez les auditeurs, devenait dangereusement populiste par ses textes si peu engagés politiquement. Un badinage forcément réac. Un mutisme qui, psychologiquement, en disait long sur son lepénisme latent. À l’évidence, nullement halal mais pas assez Aram, en souvenir de celle qui affirmait que « les électeurs du Front national sont des gros cons ».

Source : http://www.bvoltaire.fr

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