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Le blog politique de Thomas JOLY

Au Front national, la nuit des seconds couteaux n’en finit pas (par Martin Peltier)

31 Août 2015, 05:30am

Publié par Thomas Joly

La nuit des seconds couteaux n’en finit pas. Jean-Marie Le Pen est plus coriace qu’un mouton dans une baignoire ou un muet dans un sérail et, de procès en sondages, ceux qui ont entrepris de l’éliminer commencent à perdre leur superbe. Même le niais toujours satisfait de lui-même, Philippot aux joues en fesse d’ange, laisse poindre une virgule de doute dans son œil de khôl. Mais Marine joue l’impavidité, la certitude de bien faire, d’imposer une autorité juste et nécessaire. Et elle l’a justifiée d’une drôle de phrase : « Le Pen était le meilleur et le seul argument contre le FN. »

Étonnant, tout de même. Les positions actuelles du mouvement ont pourtant de quoi révulser tant la gauche que la droite. L’étatisme systématique, le soutien à SYRIZA au moment même où il se plante, le flou sur l’avortement et le mariage pour tous. Ou bien le discours contre l’immigration et l’islam. D’un côté comme de l’autre, le FN ne manque pas de moyens de susciter la répulsion. Mais pour Marine, c’est Jean-Marie le meilleur et le seul argument contre le FN. Aussi doit-on traduire plus précisément sa pensée, puisque toute la procédure de liquidation a suivi une énième affaire du détail et une interview à Rivarol : Jean-Marie Le Pen est le meilleur et le seul argument contre le FN parce qu’il ne professe pas la façon de raconter l’histoire de la Seconde Guerre mondiale imposée par le tribunal de Nuremberg (1946) et la loi Gayssot-Fabius (1990).

C’est une révolution politique. Le député indépendant (et non plus poujadiste) Jean-Marie Le Pen a commencé véritablement sa carrière en sacrifiant un cursus prometteur à la cause de l’Algérie française multiraciale et pluriculturelle contre la conception capétienne du général de Gaulle ; subsidiairement, la mouvance Algérie française – c’était flagrant dans l’OAS et les services secrets – était israélophile, alors que de Gaulle se lança, lui, dans une politique arabe – ses déclarations de 1967 sur le « peuple sûr de lui et dominateur » le rappellent. Longtemps Le Pen garda de cette époque non seulement des amis juifs, mais surtout des tendances israélophiles, et en 1986, alors qu’il subissait déjà une forme de diabolisation (notamment pour « la torture en Algérie »), l’hebdomadaire Tribune juive lui décernait un certificat de non-antisémitisme. À l’époque, le Menhir s’était déplacé à New York pour y rencontrer le gratin des organisations juives américaines, y compris Netanyahou, et préparait une rencontre en Israël avec Ariel Sharon. Puis survint le piège du détail, l’interdit jeté par le CRIF contre le Front, et Le Pen, furieux, plutôt que de plier, changea de bord, jouant désormais « les sauvageons » contre « le pouvoir juif » (cela devait permettre son amitié avec Dieudonné).

Aujourd’hui, Marine a donc choisi de rejeter cette période, cette tactique, aux poubelles de l’Histoire, de sacrifier à l’historiquement correct, et de prendre sa place, dans le choc des civilisations préparé outre-Atlantique, moins contre l’immigration que contre l’islam. Elle rejoint ainsi un Geert Wilders, avec qui elle a formé un groupe au Parlement européen, ou, d’une certaine manière, un Anders Breivik, franc-maçon et sioniste notoire. Le duel Marine/Jean-Marie est une affaire de famille, c’est aussi le passage d’une inimitable pétaudière à l’extrême droite sioniste normalisée.

Source : http://www.bvoltaire.fr

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Samuel D'Assenc 31/08/2015 17:15

Je suis heureux que Boulevard Voltaire donne la parole à tous, et même à des nationalistes "tendance radicale" comme Vincent Vauclin ou Martin Peltier. Ce que se refuse à faire Pierre Sautarel de Fdesouche qui considère que Sauvons Calais est "néonazi".