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Le blog politique de Thomas JOLY

Heureux comme Teddy Riner chez les Balkany ! (par Marie Delarue)

19 Juin 2015, 05:03am

Publié par Thomas Joly

La France, au début de ce mois de juin, se penchait avec compassion sur le triste sort de la plupart des sportifs de haut niveau. Des gens qui ont, pour la plupart, passé toute leur enfance et leur adolescence en entraînements qui font d’eux des forçats, sans autres loisirs que cette marche forcée du corps vers d’hypothétiques trophées, dans la joie parfois, dans la douleur toujours. Pour se retrouver trop souvent sur la touche à la première blessure grave.

Un rapport de janvier dernier à destination des députés établit, en effet, que les deux tiers des sportifs de haut niveau vivent en dessous du seuil de pauvreté (environ 980 euros mensuels). Ils seraient même, nous dit-on, 40 % à vivre avec moins de 500 euros par mois. Ainsi, « entre 5.000 à 6.000 sportifs de haut niveau ne sont pas salariés (par exemple, les golfeurs ou les tennismen) et ne sont donc pas couverts en cas d’accident lié à la pratique de leur sport. Une réalité, donc, très éloignée de celle des sportifs stars aux revenus mirobolants », dit ce rapport.

Voilà donc pour la masse des anonymes, ceux qui voient leur nom cité quelquefois dans une carrière pour avoir atteint un podium prestigieux, et puis repartent à la marche du dessous, celle des efforts dans l’ombre. Une proposition de loi déposée le 8 juin envisage donc de leur offrir une couverture sociale et une aide à la reconversion professionnelle.

Et puis il y a les vedettes. Des monstres, des machines à victoire. Teddy Riner, par exemple, 7 fois champion du monde de judo. Un grand garçon qui appartient – de loin ? – au Levallois Sporting Club (LSC). Le grand Teddy se retrouve de nouveau à la une, mais cette fois, ce n’est pas pour une médaille. C’est la chambre régionale des comptes d’Île-de-France qui s’inquiète des largesses que lui offre la ville.

Dans le rapport qui doit être discuté en conseil municipal lundi prochain, on apprend que la rémunération du judoka a doublé entre 2010 et 2013, pour atteindre la coquette somme de 429.293 euros sur l’année. Sa rémunération comprend « 24.000 euros de salaire net mensuel, un appartement, une voiture, le paiement de la taxe d’habitation ». Son contrat avec la ville lui permet, en outre, d’encaisser des primes rondelettes en cas de succès (46.000 euros pour sa victoire aux championnats d’Europe en 2014), et s’il décroche la médaille d’or aux Jeux olympiques de Rio en 2016, son salaire grimpera encore de 15 %.

Alors Le Figaro a beau écrire que « la petite abeille a toujours une bonne place sur le large torse de Teddy Riner quand il combat », et que, par cette seule présence, « la ville des Hauts-de-Seine s’offre régulièrement une belle publicité en mondovision », les rapporteurs trouvent l’argument un peu léger. Car le club, géré par des proches des Balkany, est essentiellement financé par la ville de Levallois, laquelle, faut-il le rappeler, est la plus endettée de France ! La subvention municipale a atteint 6,1 millions d’euros en 2014. Et comme le souligne France Info : « La ville admet d’ailleurs que les bénéfices qu’elle en tire [des succès de Teddy Riner] restent “difficilement quantifiables”. Le club parle d’élément “indispensable pour attirer des partenaires privés”. Problème : le sponsoring privé est en chute libre au LSC. Il ne finance plus que 10 % des sections de haut niveau. On peut difficilement parler “d’effet Riner”. »

Alors ? Alors rien, sans doute. Même si un ancien président du LSC confie que Riner « est surtout présent sur les fiches de paye », les Levalloisiens continueront de payer. Il faut croire qu’ils aiment cela puisqu’ils réélisent régulièrement les Balkany malgré casseroles, faitouts et condamnations multiples…

Source : http://www.bvoltaire.fr

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